Monsieur le Président,
Conformément à l’article 80 du Règlement de la Chambre des Députés, nous vous prions de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Monsieur le ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire et à Monsieur le ministre des Affaires intérieures.
Fin juillet 2026, quatre ménages ont dû quitter avec effet immédiat deux maisons d’habitation à Esch-sur-Alzette, sur décision du bourgmestre. Les expertises commandées par les autorités communales attribuent les fissures et le risque d’effondrement des deux maisons à la contraction du sol argileux sous les fondations suite aux épisodes de sécheresse des dernières années. Des fissures ont depuis été constatées dans un immeuble voisin.
Les personnes évacuées étaient propriétaires-occupants de leur logement. Interrogée par la presse, la commune a confirmé qu’elle ne mettrait pas d’hébergement d’urgence à disposition des propriétaires dans des cas de ce type, cette possibilité n’étant offerte qu’à des locataires touchés par une fermeture administrative. Un des ménages concernés doit actuellement assumer simultanément le remboursement de son prêt immobilier et des frais d’hôtel.
En réponse à notre question parlementaire n°1679 du 18 décembre 2024, Monsieur le Ministre du Logement avait renvoyé à l’article 26 de la loi de 2006 sur le bail à usage d’habitation, aux termes duquel les communes ont pour mission d’assurer « dans la mesure du possible » le logement des personnes domiciliées sur leur territoire. Le Conseil d’État avait, dès son avis d’octobre 2005 sur ce même projet de loi, relevé l’absence de caractère normatif de cette disposition.
Dans ce contexte, nous souhaiterions poser les questions suivantes à Messieurs les Ministres :
- Vos services disposent-ils de données relatives au nombre de logements déclarés inhabitables ou évacués pour des raisons de sécurité sur décision des autorités communales au cours des dernières années ? Dans l’affirmative, ces données peuvent-elles être ventilées par commune et en fonction du statut d’occupation des personnes concernées ?
- Vos services disposent-ils d’une évaluation du nombre de bâtiments d’habitation exposés au phénomène de contraction des sols argileux, ainsi que d’une cartographie des sols concernés ? Ce risque est-il pris en compte dans l’aménagement du territoire et dans les autorisations à bâtir ?
- Messieurs les Ministres partagent-ils l’analyse selon laquelle le droit luxembourgeois ne prévoit aucune obligation de relogement à charge des autorités communales lorsqu’un logement occupé par son propriétaire est déclaré inhabitable ou évacué pour des raisons de sécurité ?
- Messieurs les Ministres estiment-ils compatible avec l’article 40 de la Constitution que l’accès à un hébergement d’urgence soit subordonné au statut d’occupation de la personne évacuée ?
- Quelles solutions Messieurs les Ministres proposent-ils aux ménages appelés à supporter simultanément la charge d’un emprunt hypothécaire et celle d’un hébergement de remplacement?
- Le projet de loi annoncé en matière de critères de salubrité, d’hygiène et de sécurité des logements comportera-t-il un mécanisme de relogement, et celui-ci couvrira-t-il également les situations dans lesquelles le logement n’est pas donné en location ?
- Les régimes d’aides étatiques en matière de rénovation ou d’assainissement couvrent-ils les travaux de renforcement ou de remplacement des fondations existantes? Dans l’affirmative, selon quelles conditions ?
- Messieurs les Ministres estiment-ils nécessaire d’instaurer un régime d’indemnisation des dommages immobiliers d’origine climatique ?
Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos sentiments respectueux.
David Wagner Marc Baum
Député Député
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