Communiqué de presse: déi Lénk solidaire avec les manifestant.e.s iranien.ne.s 

Communiqué de presse

Luxembourg, le 27 septembre 2022

Interpellée par la police des mœurs le 13 septembre à Téhéran (Iran) pour avoir mal porté le voile, la jeune Masha Amini de 22 ans, originaire de la région du Kurdistan, est décédée après avoir passé trois jours plongée dans le coma. Selon les autorités iraniennes, elle aurait soudainement souffert d’un arrêt cardiaque et aurait immédiatement été transportée à l’hôpital. Grâce à la résistance de sa famille et aux images de scanner du crâne de Masha Amini, diffusées par le média Londres Iran International, nous savons qu’il ne s’est jamais agi d’un « soudain arrêt cardiaque ». Masha Amini a en effet souffert d’une mort violente causée par de mauvais traitements. Un extrait qui n’est pas démontrée dans la vidéo diffusée par le régime d’Ebrahim Raïsi et d’Ali Khamenei, où on ne voit que le moment où la jeune femme s’effondre par terre. Sur les dernières images connues de Masha Amini avant sa mort, on la voit intubée et inconsciente. Les autorités ont tenté de balayer l’affaire, sans succès.

Depuis la mort de Masha Amini, les rues d’Iran n’ont plus dormi. Des protestations contre les autorités iraniennes, organisées et menées par des femmes, ont pris le dessus. Des vidéos montrant des protestants et protestantes brûler des hijabs et se couper les cheveux en solidarité envers Masha Amini, circulent en masse sur les réseaux sociaux.

La situation pour les manifestant.e.s s’est fortement dégradée avec la restriction de l’internet mobile sur le terrain iranien et la réponse oppressive du gouvernement qui a causé plusieurs morts, dont des mineurs, enfreignant ainsi brutalement la charte des droits humains.

déi Lénk déclare son soutien envers les iranien.nes, qui défilent dans les rues, organisent des grèves générales et s’opposent au régime du président Ebrahim Raïsi, faisant parti de l’aile la plus dure des conservateurs sur l’ensemble du système iranien. Des milliers de femmes s’organisent partout en Iran, notamment au Kurdistan, pour continuer leur lutte contre le patriarcat qui assassine et met en danger les femmes et les personnes trans et non-binaires. déi Lénk salue l’infatigable effort des organisations féministes qui malgré les conditions difficiles et des fois même atroces, ne cessent de lutter pour une société égalitaire où les femmes ne sont pas la cible de violences basées sur le genre. déi Lénk condamne la réaction de l’État iranien vis-à-vis des protestants et des protestantes, qui répond à coups d’arrestations avec une violence inouïe.

La mort de Masha Amini nous le rappelle, comme celle de tant d’autres : le féminicide, c’est-à-dire le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille, en raison de son appartenance au sexe féminin, reste une arme incontestable du patriarcat qui renforce le contrôle et l’emprise sur les corps des femmes, des personnes trans et non-binaires. Le féminicide, qui est par définition un crime sexiste, n’est toujours pas reconnu en tant que tel dans le code pénal dans la majorité des pays du monde. La police des mœurs n’existerait pas si son but n’était pas d’opprimer et d’offusquer la femme dans un rôle qui lui est imposé par le patriarcat conservateur. Il est urgent que nous abordions la question du féminicide plus radicalement et de manière plus concrète. Ces conversations doivent également être menées au Luxembourg, où le féminicide n’est toujours pas reconnu en tant que crime dans le code pénal.

Communiqué par le mouvement déi Lénk

déi Lénk solidarisch mit den iranischen Protestanten und Protestantinnen!

Pressemitteilung

Luxemburg, den 27. September 2022

Die 22-jährige Masha Amini aus der Region Kurdistan, die am 13. September in Teheran (Iran) von der Sittenpolizei angehalten wurde, weil sie ihr Kopftuch falsch getragen hatte, starb, nachdem sie drei Tage lang im Koma gelegen hatte. Nach Angaben der iranischen Behörden hatte sie plötzlich einen Herzstillstand erlitten und war sofort in ein Krankenhaus gebracht worden. Dank des Widerstands ihrer Familie und der vom Medienunternehmen London Iran International verbreiteten CT-Bilder von Masha Aminis Schädel wissen wir, dass es sich niemals um einen “plötzlichen Herzstillstand” gehandelt hat. Masha Amini erlitt tatsächlich einen gewaltsamen Tod aufgrund von Misshandlungen. Ein Ausschnitt, der in dem vom Regime von Ebrahim Raïsi und Ali Khamenei verbreiteten Video nicht belegt wird, wo nur der Moment zu sehen ist, in dem die junge Frau zu Boden sinkt. Auf den letzten bekannten Bildern von Masha Amini vor ihrem Tod ist zu sehen, wie sie intubiert und bewusstlos ist. Die Behörden haben versucht, den Fall unter den Teppich zu kehren, jedoch ohne Erfolg.

Seit dem Tod von Masha Amini haben die Straßen im Iran nicht mehr geschlafen. Proteste gegen die iranischen Behörden, die von Frauen organisiert und angeführt werden, haben die Oberhand gewonnen. Videos, die zeigen, wie Protestlerinnen und Protestler aus Solidarität mit Masha Amini Hijabs verbrennen und sich die Haare abschneiden, kursieren massenhaft in den sozialen Netzwerken.

Die Situation für die Demonstrantinnen und Demonstranten hat sich durch die Einschränkung des mobilen Internets auf iranischem Boden und die unterdrückerische Reaktion der Regierung, die mehrere Todesfälle, darunter auch Minderjährige, verursacht hat und damit brutal gegen die Menschenrechtscharta verstößt, drastisch verschlechtert.

déi Lénk erklären ihre Unterstützung für die Iranerinnen und Iraner, die durch die Straßen ziehen, Generalstreiks organisieren und sich dem Regime von Präsident Ebrahim Raïsi widersetzen, der zum härtesten Flügel der Konservativen im gesamten iranischen System gehört. Tausende Frauen organisieren sich im ganzen Iran, insbesondere in Kurdistan, um ihren Kampf gegen das Patriarchat fortzusetzen, das Frauen, trans- und nicht-binäre Menschen ermordet und gefährdet. déi Lénk begrüßen die unermüdlichen Anstrengungen der feministischen Organisationen, die trotz der schwierigen und manchmal sogar grausamen Bedingungen nicht aufhören, für eine gleichberechtigte Gesellschaft zu kämpfen, in der Frauen nicht zur Zielscheibe geschlechtsspezifischer Gewalt werden. déi Lénk verurteilen die Reaktion des iranischen Staates auf Protestanten und Protestantinnen, der mit Verhaftungen und unglaublicher Gewalt reagiert.

Der Tod von Masha Amini erinnert uns daran, wie der Tod so vieler anderer: Feminizid, d. h. die Tötung einer Frau oder eines Mädchens aufgrund ihrer Zugehörigkeit zum weiblichen Geschlecht, bleibt eine unbestreitbare Waffe des Patriarchats, die die Kontrolle und den Zugriff auf die Körper von Frauen, Trans- und nicht-binären Menschen verstärkt. Der Feminizid, der per Definition ein sexistisches Verbrechen ist, wird in den meisten Ländern der Welt immer noch nicht als solches im Strafgesetzbuch anerkannt. Die Sittenpolizei würde nicht existieren, wenn ihr Zweck nicht darin bestünde, die Frau in einer Rolle zu unterdrücken und zu beleidigen, die ihr vom konservativen Patriarchat auferlegt wird. Es ist dringend notwendig, dass wir das Thema Feminizid radikaler und konkreter angehen. Diese Gespräche müssen auch in Luxemburg geführt werden, wo Feminizid immer noch nicht als Verbrechen im Strafgesetzbuch anerkannt ist.

Mitgeteilt von der Bewegung déi Lénk

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