Stop de Frieden, e Podcast vun déi Lénk.

D’Summerlach kënnt Dir och ze laang vir. Du scrolls gelatzt op dengem Handy an der Hoffnung deen neiste Politgossip oder dee leschte Skandal z’entdecken? Eis geet et och esou an dofir wëlle mir Dir hëllefen dat fuerchtbaart Lach z’iwwerbrécke mat dësem klenge Podcast vu 5 klengen Episoden. Du erënners dech nach: déi sougenannte Sozialronn, wou d’Sozialpartner iwwer ganz wichteg Sujeten – Pensiounen, Aarbechtszäiten, Mindestloun etc – verhandelen, ass am Juli einfach sou mat de Ministeren an d’Vakanz gaangen. Eis Miniserie hëlleft Dir erëm op Zack ze si wann et den 3. September erëm lassgeet. Dofir lauschter eran.


Episode 1: Alles wat s du wësse muss iwwer: de Sozialdialog.

Version française du premier épisode:

Tout ce qu’il faut savoir sur :
Le dialogue social

« Le dialogue social est arrivé à un point mort. »
Il n’y a pas si longtemps, les deux présidents des deux grands syndicats OGBL et LCGB faisaient ce constat percutant. C’était juste après que Luc Frieden, en mai de cette année, avait annoncé à la Chambre que, à l’avenir, tout le monde devrait travailler plus longtemps pour avoir droit à une pension à la retraite.

Mais que faut-il exactement entendre par dialogue social et pourquoi ce dialogue social était-il – ou est-il encore – dans l’impasse ?

Par « dialogue social », on entend le fait que des conflits sociaux potentiels ou déjà existants soient résolus par des négociations et des compromis entre les partenaires sociaux.
Ces conflits concernent des questions sociales et économiques comme les salaires, le temps de travail ou les pensions, où les salariés et les employeurs ont des intérêts différents – souvent opposés. Pour le dire simplement : le dialogue social est une manière de gérer ou d’apaiser le conflit entre travail et capital.

Les syndicats et le patronat, le salarié et l’employeur ne sont bien sûr pas des partenaires au sens propre du terme, mais très souvent des adversaires. C’est pourquoi les conflits sociaux ne sont pas toujours réglés ou arbitrés dans un esprit de partenariat, mais parfois exprimés ouvertement par des protestations, des grèves ou de plus larges mobilisations sociales. Le patronat, en particulier, redoute ces mobilisations, car il n’a pas lui-même la capacité de mobiliser les masses.

Au Luxembourg, comme dans de nombreux autres pays, le dialogue social s’est cependant institutionnalisé au fil des décennies et se déroule à plusieurs niveaux, dans de nombreuses instances et configurations différentes.

La forme la plus courante de dialogue social existe dans les entreprises, où des délégations du personnel sont élues pour représenter les intérêts des salariés auprès de l’employeur, et disposent à cet effet de certains droits. Toujours au niveau de l’entreprise, ou encore dans certains secteurs économiques, les syndicats négocient avec les employeurs des conventions collectives, en principe sans intervention du gouvernement.

La forme la plus connue et la plus médiatisée du dialogue social est la tripartite. Il s’agit de négociations ponctuelles entre les dirigeants syndicaux, le patronat et le gouvernement. Les négociations menées cet été sont à considérer comme une tripartite, même si Luc Frieden refuse de l’admettre. Il aurait préféré gouverner sans devoir négocier avec les syndicats.

Et nous voilà donc revenus à notre point de départ : le dialogue social dans l’impasse.

Si le dialogue social a été presque mort, c’est bien sûr à cause de Luc Frieden et de certains ministres, comme le ministre du Travail Georges Mischo, qui voulaient mettre les syndicats dans un coin. Des annonces ont été faites et des lois présentées sans jamais en discuter avec les syndicats. Ceux-ci se sont logiquement sentis insultés et beaucoup de citoyens ont été exaspérés par l’arrogance du gouvernement.

Les consultations publiques et les réunions d’experts sur les retraites ont été tout simplement ignorées, dès lors que leurs conclusions ne correspondaient pas à ce que le gouvernement voulait entendre. L’annonce de Luc Frieden en mai a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

La grande mobilisation réussie du 28 juin a été le résultat de cette arrogance gouvernementale et, en arrière-plan, des attaques permanentes du patronat contre notre modèle social. Il s’agissait de montrer qui était le plus fort et de se mettre en bonne position pour de futures négociations. Les syndicats y sont parvenus.

Mais comment le dialogue social va-t-il évoluer maintenant ?

Le 3 septembre, syndicats, patronat et gouvernement se retrouveront pour tenter de parvenir à un accord sur plusieurs points, notamment sur les horaires d’ouverture dans le commerce et sur les retraites.

Luc Frieden est désormais contraint de maintenir les syndicats à la table des discussions, car il craint de nouvelles protestations et de grandes mobilisations dans la rue. C’est pourquoi la manifestation du 28 juin a été si importante. L’époque où ce gouvernement pouvait ignorer les syndicats est désormais révolue.

Et c’est une excellente chose. Dans la situation actuelle, où un gouvernement tente de s’attaquer aux acquis sociaux, les syndicats jouent un rôle central dans la défense des droits sociaux et économiques de nous tous. Sans leur présence aux négociations, ce gouvernement conclurait des accords douteux, à huis clos, avec les intérêts du capital. Des annonces comme celle sur les retraites deviendraient alors monnaie courante.

Pour toutes les personnes qui luttent pour la préservation des droits sociaux et pour une société plus juste et solidaire, il est donc essentiel de rester actives et de ne pas se relâcher. Les syndicats ont besoin de notre soutien et nous devons tous rester prêts, au cas où le gouvernement voudrait faire passer en force des réformes antisociales. Car alors, il faudra encore dire : Stoppons Frieden !

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