Question parlementaire: pourquoi les bâtiments industriels du site « Rout Lëns » à Esch n’ont-ils pas été jugés dignes d’être protégés?

Concerne : question parlementaire relative à la protection du patrimoine industrielle du site Esch-Terre Rouge, dit « Rout Lëns »


Conformément à l’article 83 du Règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Madame la Ministre de la Culture.


Concernant le projet de reconversion urbanistique de l’ancien site industriel de l’usine sidérurgique d’Esch-Terre Rouge, dit ‘Rout Lëns’, diverses voix se sont élevées dernièrement pour réclamer la protection nationale et la conservation du patrimoine industriel du site, notamment la sauvegarde des bâtiments et installations des accumulateurs à minerais, dits ‘Keeseminnen’. Estimant que cet établissement industriel remplit tous les critères essentiels « sur la base desquels un immeuble est classé comme patrimoine culturel national », selon la définition de l’actuel projet de loi relatif au patrimoine culturel du Ministère de la Culture, le comité de l’association ‘Industriekultur – Centre national de la culture industrielle’ a rencontré successivement la Ministre de la Culture, le collège des bourgmestre et échevins de la Ville d’Esch-sur-Alzette, ainsi que les responsables du promoteur privé en charge de la reconversion urbanistique du site ‘Rout Lëns’, pour plaider le dossier de la sauvegarde des accumulateurs à minerais. Tant les membres du collège échevinal d’Esch-sur-Alzette que les responsables de la firme IKO Real Estate ont affirmé à l’occasion de ces entrevues que le directeur du Service des sites et monuments nationaux a estimé au printemps 2018 lors d’une visite du site ‘Rout Lëns’, que les accumulateurs à minerais ne mériteraient pas d’être conservés.

Partant, je voudrais poser les questions suivantes à Mme la Ministre de la Culture:


1. Sur la base de quels critères patrimoniaux et en fonction de quelle étude technique et scientifique, le directeur du Service des sites et monuments nationaux a-t-il cru devoir estimer que les bâtiments et installations des accumulateurs à minerais d’Esch-Terre Rouge ne mériteraient pas d’être conservés? Est-il loisible aux députés et aux chercheurs intéressés de prendre connaissance de l’étude technique et scientifique y relative?

2. Tel qu’il semble ressortir d’un courrier du ministère de la Culture en date du 26 juin 2018, courrier cité par la responsable en charge du projet Rout Lëns pour IKO Real Estate à l’occasion d’une déclaration faite le 12 mai 2020 au magazine Paperjam, le ministère de la Culture aurait proposé « de classer comme monument national le bâtiment TT situé à l’entrée du site ». Sur la base de quels critères patrimoniaux et en fonction de quelle étude technique et scientifique, seul le bâtiment TT a-t-il été proposé à être classé comme monument national, à l’exclusion des autres bâtiments du patrimoine industriel du site de Terre Rouge / Rout Lëns? Est-il loisible aux députés et aux chercheurs intéressés de prendre connaissance de l’étude technique et scientifique du patrimoine industriel du site de Terre Rouge? Quel a été le sort réservé à la proposition de classement du bâtiment TT?

3. Quelle réponse Mme la Ministre entend-elle réserver à une demande de classement déposée à la date du 10 mars , concernant la protection nationale de différents immeubles sis sur le crassier Terres Rouges et sur le site dit ‘la Lentille Rouge’ à Esch-sur-Alzette, à savoir 1. la rangée d’ateliers appelée communément ‘Handwierkergaass’, 2. l’ancienne halle des soufflantes, 3. les accumulateurs à minerai dits ‘Keeseminnen’ et les vestiges des silos à coke, 4. la centrale des turbines MAN, 5. la station de pompage située près des étangs de refroidissement de l’usine, 6. le poste d’aiguillage situé près de la frontière française, 7. le mur d’enceinte et de soutènement de l’usine, dit ‘Mur Lefèvre’?

Les travaux de démolition de bâtiments relevant du patrimoine industriel luxembourgeois ayant été récemment entamés sur le site de Terre Rouge/Rout Lëns, la question visée est de la plus haute urgence.

Marc Baum

Député

Um Monkeler: Demande de mise à l’ordre du jour de la commission de l’environnement

Monsieur le Président,

Dans un communiqué du 11 février 2014, Monsieur le secrétaire d’État au Développement durable et aux Infrastructures affirme avoir accordé, le même jour, une autorisation à la société Lise et fils S.A. pour une installation de production d’asphalte projetée à l’intérieur de la zone d’activité communale « Um Monkeler », ceci malgré les objections aussi bien des communes concernées, que de nombreux citoyens. Le communiqué du gouvernement précise que les réclamations ont toutes été analysées et évaluées par l’Administration de l’environnement et ont conduit à des modifications substantielles du projet initial, notamment en matière des émissions sonores, des poussières que des émissions olfactives. Par ailleurs, des mesures et actions auraient été prises par le MDDI pour améliorer la situation environnementale générale de la zone d’activités Monkeler. Lors d’une réunion d’information publique le 13 février 2014 à l’Hôtel de Ville d’Esch-sur-Alzette, Monsieur secrétaire d’État aurait informé le public intéressé.

Dans ce contexte, le groupe parlementaire déi Lénk estime qu’il serait opportun d’informer également la commission de l’environnement de la position gouvernementale dans ce dossier et de discuter au sein de cette commission les implications de cette décision.

Voilà pourquoi, je vous saurais gré de bien vouloir mettre ce point à l’ordre du jour de la prochaine réunion de la Commission de l’environnement et d’y inviter Monsieur le Secrétaire d’Etat.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes sentiments respectueux.

Justin Turpel

Lettre ouverte à Monsieur le ministre du Redressement industriel de la République de France

Messieurs les Ministres,

Vous vous rencontrez à un moment crucial pour l’avenir de la sidérurgie en Europe et en particulier dans la Grande Région (Luxembourg, Lorraine, Wallonie), durement frappée par la fermeture « définitive » du site de Liège et la fermeture « provisoire » des sites de Florange, de Schifflange et de Rodange, mais aussi par l’annonce d’autres plans inquiétants de réductions de coûts du personnel (« Lean » et « Omega »).

Ces mesures interviennent alors que l’assemblée générale du groupe ArcelorMittal a décidé le payement d’un dividende trimestriel à ses actionnaires au cours de l’année 2012. Elles se feront donc exclusivement sur le dos des travailleurs concernés partout en Europe et même dans le monde, ainsi qu’aux frais des contribuables qui supportent intégralement le coût social des restructurations au Luxembourg.

Nous pensons que l’industrie sidérurgique a un grand avenir en tant qu’industrie de base, mais que les pouvoirs publics devront se réapproprier les moyens de peser sur les grandes décisions en matière industrielle. Nous voudrions tout particulièrement souligner le modèle sarrois de contrôle public de sa sidérurgie qui profite encore actuellement à son économie.

Nous sommes convaincus qu’il est rationnel de maintenir une industrie sidérurgique forte dans notre bassin minier et métallurgique disposant d’une expérience séculaire en la matière.

Nous sommes convaincus aussi de la nécessité d’une politique de relance industrielle basée sur la demande de produits qualifiés, sur la coopération et non la concurrence entre les sites telle qu’elle se pratique actuellement, y compris au sein du groupe ArcelorMittal. Une telle politique rend évidemment nécessaire une véritable politique industrielle au niveau européen.

Au vu des urgences actuelles, nous vous prions tout particulièrement d’envisager des mesures dans les directions suivantes:

-décider d’un audit public concernant les possibilités concrètes du maintien et du développement d’une sidérurgie intégrée dans la Grande Région, basée sur la coopération ;

-se concerter sur les possibilités d’obliger légalement ArcelorMittal à investir et à produire à long terme sur les sites concernés, notamment par des clauses pénales, d’expropriations et même de nationalisation ;

-mettre ensemble à l’ordre du jour de la politique européenne le développement d’une politique européenne de l’acier basée sur l’harmonisation des prix, des salaires et de la recherche.

Veuillez agréer, Monsieur Montebourg, Monsieur Schneider, l’expression de notre parfaite considération.

Fabienne Lentz                                      Serge Urbany
David Wagner

Porte-parole                                            Député

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