Une vague de licenciements à pas feutrés.

Dans le cadre de sa dernière restructuration à l’échelle européenne, ArcelorMittal met à l’étude des transferts de postes vers l’Inde et la Pologne. Des emplois au Luxembourg sont également concernés par cette étude.

L’État Luxembourgeois, qui est représenté au sein du Conseil d’administration du sidérurgiste, a toujours massivement investi dans le groupe. Depuis 2016, Arcelor Mittal a bénéficié de plus de 24 millions d’euros d’aides publiques. Celles-ci étaient censées financer entre autres choses la décarbonation de la production. L’État a toujours soutenu l’activité d’ArcelorMittal au pays et il a même participé à une joint-venture pour le financement du nouveau siège d’Arcelor au Kirchberg pour lequel l’État débourse la moitié, soit 273,5 millions d’euros.

Les chiffres du groupe sont sains : au troisième trimestre 2025, ArcelorMittal a enregistré un chiffre d’affaires de 15,7 milliards de dollars. Avec cette nouvelle tentative de restructuration massive, la relation de confiance est ébranlée. De telles annonces ont déjà eu lieu par le passé et se sont toujours soldées par des licenciements partiellement financés par l’État par le biais de la préretraite. Ainsi, de 2007 à 2019 l’État a payé 300 millions d’euros pour la pré-retraite.

Face à cette situation critique, la sensibilité politique déi Lénk demande une réunion d’urgence des commissions parlementaires compétentes en la matière, en présence des ministres concernés. Il est indispensable de tenir informé les députés de l’évolution d’un dossier de cette ampleur.


Eng Well vun Entloossungen deit sech un.

Am Kader vu senger leschter Restrukturéierung op europäeschem Plang ënnersicht ArcelorMittal d’Verlagerung vu Posten an Indien a Polen. Och Aarbechtsplazen zu Lëtzebuerg si vun dëser Etüd betraff.

De lëtzebuergesche Staat, deen am Verwaltungsrot vum Stolkonzern vertrueden ass, huet zanter jee massiv an de Grupp investéiert. Zënter 2016 huet ArcelorMittal méi wéi 24 Milliounen Euro un ëffentlechen Hëllefen kritt. Dës sollte ënner anerem d’Dekarboniséierung vun der Produktioun finanzéieren. De Staat huet d’Aktivitéite vun ArcelorMittal am Land ëmmer ënnerstëtzt an huet sech souguer un enger Joint-Venture fir d’Finanzéierung vum neie Sëtz vun Arcelor um Kierchbierg bedeelegt, woubäi de Staat d’Hallschent iwwerhëlt, also 273,5 Milliounen Euro.

D’Zuele vum Grupp si gesond: am drëtten Trimester 2025 huet ArcelorMittal en Ëmsaz vu 15,7 Milliarde Dollar erwirtschaft. Mat dësem neie Versuch vun enger massiver Restrukturéierung gëtt d’Vertrauensverhältnis awer erschüttert. Esou Ukënnegunge gouf et schonn an der Vergaangenheet, an si hunn ëmmer nees zu Entloossunge gefouert, déi zum Deel vum Staat iwwer d’Pré-retraite solidarité matfinanzéiert goufen. Sou huet de Staat tëscht 2007 an 2019 ronn 300 Milliounen Euro fir d’Pré-retraite ausginn.

Wéinst dëser kritescher Situatioun fuerdert déi politesch Sensibilitéit déi Lénk eng Drénglechkeetsreunioun vun de zoustännege parlamentaresche Kommissiounen, a Presenz vun de betraffene Ministeren. Et ass onbedéngt noutwenneg, d’Deputéiert iwwer d’Entwécklung vun engem Dossier vun dëser Gréisst um Lafenden ze halen.

Question parlementaire relative à l’annonce de délocalisations de SES vers l’Inde.

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du Règlement de la Chambre des Députés, je voudrais poser la question parlementaire suivante à Monsieur le ministre de l’Économie et Monsieur le ministre du Travail.


La société SES, dont le capital est détenu à 33,3% par l’État luxembourgeois, a récemment décidé une externalisation de certaines activités vers l’Inde. Les syndicats indiquent dans ce contexte se trouver en discussion avec la direction de l’entreprise pour connaître le nombre d’emplois potentiellement supprimés au Luxembourg suite à ces délocalisations.


La restructuration de l’entreprise évoquée ci-dessus succède à d’autres restructurations décidées depuis 2020 et encadrées à trois reprises (2020, 2022 et 2023) par des plans de maintien dans l’emploi (PME). Ces PME n’ont pas seulement engagé l’entreprise SES mais également les autorités publiques à travers la mise en place d’instruments tels que la préretraite-ajustement, les aides temporaires au réemploi et les aides à l’embauche.

Dans ce contexte, je voudrais poser les questions suivantes à Messieurs les Ministres :

  1. Les représentants de l’Etat au sein du Conseil d’Administration se sont-ils opposés aux projets de délocalisation d’activités de SES vers l’Inde ? Dans la négative, quelles ont été les consignes du gouvernement en la matière ?
  2. Pour combien de salarié.e.s l’entreprise SES a-t-elle recouru à l’instrument de la préretraite-ajustement dans le cadre des plans de maintien dans l’emploi mis en place depuis 2020 ? Quelles dépenses les autorités publiques ont-elles effectué dans ce contexte ?
  3. Combien de salariés ont pu recourir à l’aide temporaire au réemploi dans le cadre des PME précités ? Quelles dépenses les autorités publiques ont-elles effectué dans ce contexte ?
  4. A combien de reprises (nombre de salarié.e.s concerné.e.s) l’entreprise SES a-t-elle recouru à des aides à l’embauche dans le cadre des PME précités ? Quelles dépenses les autorités publiques ont-elles effectué dans ce contexte ?
  5. Est-ce que SES a bénéficié dans les années 2020-2024 d’autres aides étatiques sous quelques formes que ce soit? Dans l’affirmative, pouvez-vous me faire un relevé détaillé de toutes les aides de l’État luxembourgeois dont a bénéficié SES dans cette même période?

Avec mes salutations respectueuses,

Marc Baum
Député

L’exigence d’un nouveau modèle industriel

La décision du groupe Daimler de céder son site de Hambach est un grave coup porté à toute une région. Ce groupe   annonçait déjà une délocalisation de la production smart en Chine en Avril 2019. Cela témoigne d’un modèle de gestion qui sacrifie les salariés et la population pour le seul intérêt des actionnaires.  Nous refusons cette logique destructrice.

La nature du groupe décideur, la localisation du site, comme la forte résonnance de ce projet industrielle inaugurée en grande pompe par Helmut Kohl et Jacques Chirac en 1997 donnent à ce séisme social une dimension franco-allemande et européenne. Ce site est un atout industriel moderne et financé largement par des contributions publiques, et ce depuis sa création. Cela suppose, à minima,  le statut d’une propriété partagée publique privée!

Les forces progressistes politiques, associatives et syndicales, les femmes et les hommes de gauche et écologistes ne peuvent rester sans réagir devant une telle situation. Nous témoignons d’abord de notre pleine solidarité aux salariées et salariées mobilisés pour défendre leur outil de travail.  Nous appelons les gouvernements respectifs à empêcher la vente du site.  

 Dans un contexte de grave crise sociale, économique et politique, la décision du groupe Daimler porte non seulement un grave préjudice aux salariés et à la population concernée mais aussi aux relations franco- allemandes et à l’Europe.  Les délocalisations de productions, la mise en concurrence des salariés au-delà d’une frontière contribuent au rejet de la politique, de l’Europe et favorisent la montée des idées nationalistes. Elles contribuent également à l’appauvrissement des populations et à la régression sociale. 

L’avenir de l’automobile en Europe est une question stratégique. Il suppose des réponses nouvelles qui associent les exigences sociales et écologiques. Cela passe par la remise en cause des exigences des seuls actionnaires. A l’échelle de l’Europe, des nouvelles coopérations sont nécessaires et des nouveaux modes de gestion qui associent les puissances publiques et les représentants des salariés aux décisions stratégiques.  Il faut sortir des logiques de gestion financière pour affronter les défis nouveaux.  La mobilisation des ressources au service d’un véhicule plus propre et plus économe (moteur thermique ou électrique) doit s’accompagner d’une relocalisation des productions et d’une réduction du temps de travail (32 h/semaine, retraite à 60 ans.)

La crise du coronavirus a mis en évidence la fragilité du modèle de développement économique actuel et l’urgence de sortir des politiques néo-libérales.  Les partis et organisations signataires et les citoyens appellent les gouvernement français et allemand et les instances européennes à imposer à Daimler l’arrêt du processus de vente. 

Les instances politiques des Etats et de l’Europe doivent s’imposer dans le jeu des grands groupes de l’automobile pour réorienter leurs stratégies afin d’imposer la prise en compte des exigences sociales et écologiques à l’échelle du continent et le dépassement de la libre concurrence.

Communiqué par PTB, DGB, PCF, déi Lénk, die Linke, Parti de la gauche européenne

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