Détection de cannabinoïdes de synthèse (SCRA) dans des produits commercialisés comme « CBD / THC-A » vendus au Luxembourg

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du Règlement de la Chambre des Députés, j’ai l’honneur de poser la question parlementaire suivante à Madame la Ministre de la Santé, à Madame la Ministre de la Justice et à Monsieur le Ministre de l’Intérieur.

Selon une communication publiée sur les réseaux sociaux par le projet de réduction des risques PIPAPO, des analyses effectuées sur des produits vendus comme « CBD / THC-A » auraient mis en évidence la présence de cannabinoïdes de synthèse (SCRA), notamment MDMB-PINACA et ADMB-5en-HINACA. PIPAPO indique que ces substances ne correspondent pas à du cannabis, que leurs effets peuvent être plus puissants et imprévisibles et qu’elles sont susceptibles d’entraîner des risques graves pour la santé.

Par ailleurs, le Laboratoire national de santé (LNS), via son service de toxicologie analytique et de chimie pharmaceutique, ainsi que les dispositifs de drug checking constituent des outils importants de prévention et de minimisation des risques, en permettant l’identification de substances inattendues ou dangereuses.

Dans ce contexte, je voudrais poser les questions suivantes :

  1. Les ministres sont-elles informé(e)s de la présence alléguée de SCRA (dont MDMB-PINACA et ADMB-5en-HINACA) dans des produits commercialisés comme « CBD / THC-A » au Luxembourg, y compris via des automates de vente et des magasins spécialisés ?
    – Quelle évaluation les services compétents établissent-ils quant aux risques sanitaires associés à ce type de produits et de substances ?
  2. Combien de détections de cannabinoïdes de synthèse dans des produits présentés comme CBD/THC-A ont-elles été enregistrées par le LNS ou d’autres services compétents au cours des dernières années ?
    – Les ministres peuvent-elles préciser, dans la mesure du possible, la nature des substances détectées, les canaux de distribution concernés ainsi que les mesures prises ?
  3. Quel est le dispositif actuel de contrôle applicable aux produits commercialisés comme CBD/THC-A, en particulier lorsqu’ils sont vendus via des machines automatiques ?
    – Quels services interviennent, selon quelles compétences respectives, et avec quelle fréquence de contrôles et d’analyses ?
    – Quelles mesures supplémentaires les ministres envisagent-elles afin de renforcer la détection précoce et la prévention ?
  4. Les autorités disposent-elles d’informations sur les pays d’origine et les circuits d’approvisionnement des lots concernés ?
    – Existe-t-il, et à quelles conditions, une obligation de traçabilité dans la chaîne d’approvisionnement pour ces produits ?
    – Les ministres envisagent-elles de renforcer les exigences en matière de traçabilité, de documentation et de contrôle ?
  5. Selon quels protocoles PIPAPO transmet-il les informations issues de ses analyses aux autorités compétentes ?
    – Quelles sont les modalités et les délais de diffusion d’alertes au public et aux acteurs concernés lorsque des substances particulièrement dangereuses sont identifiées ?
  6. Est-ce que des cas comparables (présence d’autres substances illicites ou dangereuses) ont-ils déjà été constatés les années précédentes dans des produits étiquetés comme CBD/THC-A ?
    – Le cas échéant, quelles conclusions en ont été tirées et quelles mesures structurelles ont été mises en place depuis lors ?
  7. Les ministres peuvent-ils indiquer les tendances observées et, dans la mesure du possible, les situer par rapport aux données disponibles dans les pays limitrophes et aux analyses/alertes publiées au niveau européen (EUDA) ?
  1. Dans le cadre des analyses effectuées par le LIST dans les stations d’épuration, la présence de substances telles que MDMB-PINACA et ADMB-5en-HINACA a-t-elle été détectée ?
  2. Enfin, les ministres peuvent-elles rappeler les principales conclusions des campagnes de contrôle menées ces dernières années sur les produits contenant du CBD/extraits de chanvre, ainsi que les suites données aux contrôles réalisés en coopération avec la Police grand-ducale et l’Administration des douanes et accise

Avec mes salutations respectueuses,

Marc Baum
Député

La légalisation du cannabis n’aura pas lieu.

Communiqué de Presse

Le projet de légalisation du cannabis prévu par l’accord de coalition du gouvernement n’aboutira pas à sa fin. C’est une nouvelle pour le moins surprenante que la ministre de la Santé a annoncé ce matin à la radio 100,7. Les partis de la coalition au pouvoir veulent limiter la consommation et la production légales du cannabis à l’espace strictement privé et dans des quantités très limitées. La possibilité de réglementer la vente et la cultivation du cannabis sous contrôle de l’Etat n’est plus envisagée. La vente restera pour l’instant illégale. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fait volte-face dans le cadre de projets ambitieux qui demandent beaucoup d’engagement et de travail. Pour déi Lénk ce revirement est lourd de conséquences :

Tout d’abord en matière de politique d’encadrement et de contrôle de la consommation de drogues. En effet, la légalisation du cannabis aurait pu ouvrir la voie vers une réglementation non-répressive de la consommation et du consommateur, une alternative de marché contrôlé pouvant mettre fin au dealage de drogues, un garant de qualité du produit consommé. La légalisation du cannabis a toujours été présentée comme mesure de « santé publique » sur base du constat largement partagé que la politique répressive des dernières décennies a manifestement échoué.

Les quelques porteurs de projets de cultivation de cannabis déjà présents au Luxembourg auront attendu vainement le feu vert pour pouvoir développer pleinement leurs initiatives. C’est aussi une chance à ne plus saisir pour les paysans qui auraient pu trouver dans la cultivation du cannabis une façon de diversifier leur gamme de produits. C’est plus généralement pour l’agriculture du pays une occasion ratée de promouvoir et établir un nouveau secteur de production à côté de l’agriculture biologique comme alternatives possibles à la monoculture agro-industrielle. Enfin, pour les consommateurs, cela signifie qu’il faudra désormais être en mesure de produire soi-même son cannabis pour pouvoir consommer un produit de qualité sans passer pour un criminel. Pour les autres, les sanctions ou le rendez-vous au tribunal s’imposent toujours en cas de vente ou de consommation en dehors du cadre légal.

L’abandon du projet de légalisation du cannabis est un aveu de faiblesse du gouvernement. déi Lénk insiste pour que les travaux commencés soient poursuivis et aboutissent vers une légalisation de la consommation du cannabis, la promotion et le contrôle étatique de sa production régionale et la réglementation de sa vente.

Neues Gefängnis in Sanem: déi Lénk für ein Umdenken in der Strafpolitik

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Im Parlament wurde heute über den Bau des neuen Untersuchungsgefängnisses in Sanem debattiert und abgestimmt.

Als einziger Redner hat der Abgeordnete von déi Lénk Serge Urbany fundamentale gesellschaftlichspolitische Fragen über Sinn und Zweck unseres Strafvollzugs und insbesondere harter Gefängnisstrafen  aufgeworfen.

Die neue Untersuchungshaftanstalt in Sanem soll für 400 Untersuchungshäftlinge Platz bieten. Diesem  Ausbau der Gefängniskapazitäten um mehr als 50% liegt die verstörende Annahme zugrunde, dass die Gefängnisbevölkerung in den nächsten Jahren weiter stark ansteigen wird. Doch wie sieht die Realität in unseren Gefängnissen aus?

Fast ein Drittel der derzeitigen Gefängnisbevölkerung sitzt wegen Drogendelikten ein. Rechnet man kleinere Beschaffungsdelikte, wie zum Beispiel Diebstahl, mit hinzu, steigt dieser Anteil noch weiter an. Eine andere, nicht repressive Drogenpolitik könnte hier für eine entscheidende Entlastung sorgen. Ein solcher Paradigmenwechsel in der Drogenpolitik wäre  umso wichtiger, wenn man bedenkt, dass das Einsperren von Drogenabhängigen deren Sucht nicht behandelt, sondern sie im Gegenteil eher verschlimmert.

Daneben forderte Serge Urbany ein grundlegendes Umdenken in der Strafpolitik, die in den letzten Jahren ständig verschärft wurde und warf die Frage auf, ob es nicht an der Zeit wäre eine grundsätzliche Debatte über Alternativen zu Gefängnisstrafen zu führen. Eine solche Debatte hätte auch vor dem Bau eines neuen Gefängnisses geführt gehört.

Das Gesetz zum Bau des Gefängnisses wurde schließlich mit den zwei Gegenstimmen von déi Lénk gut geheißen.

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