Suspendre le sauvetage maritime est un crime contre l’humanité

En décidant de suspendre les patrouilles navales de l’opération Sophia, l’Union Européenne décide de laisser périr en mer des milliers de personnes, hommes, femmes et enfants.

Avec une superficie de 2 500 000 km carrés, la méditerranée constitue le passage le plus meurtrier pour les migrants qui souhaitent rejoindre le continent européen. L’abandon par l’UE et l’Italie du programme Mare Nostrum à la fin de l’année 2014, qui avait pourtant permis de sauver la vie de 170 000 personnes, avait déjà déplacé la charge liée aux opérations de sauvetage en mer sur les ONG, confirmant la volonté de l’UE de fuir ses responsabilités.

En 2015, des navires tels que l’Argos, le Dignity et le Phoenix ont continué de porter secours en méditerranée, succédés par le seul Aquarius, affrêté par l’ONG Médecins Sans Frontières en partenariat avec l’association SOS MEDITERRANEE, avant d’être lui aussi  forcé de suspendre ses opérations de sauvetage en décembre 2018, après avoir secouru plus de 30 000 personnes.

En se focalisant sur la fermeture de l’accès au continent européen au détriment de la protection des vies humaines, l’UE continue à se montrer complice de graves violations des droits humains perpétrés par les gardes côtes libyens, qui seront désormais seuls responsables de l’interception des embarcations transportant des migrants.

Le retour forcé des personnes interceptées sur le territoire libyen, ainsi que leur détention arbitraire dans les centres de rétention de ce pays, les expose aux abus devenus usuels tels que le viol et la torture, dans des conditions de détention absolument inhumaines.

déi Lénk exhorte l’UE à revenir à ses valeurs fondamentales d’accueil et de respect de la dignité humaine en rétablissant un dispositif efficace de sauvetage des personnes en mer, tout en permettant aux ONG de continuer à porter secours à ceux et celles qui en ont besoin. Il faut permettre le débarquement des personnes secourues et mettre en place un dispositif de répartition plus juste des personnes sur le territoire de l’UE.  

Le « merde alors ! » du Ministre Jean Asselborn doit se traduire par des initiatives concrètes, telle que l’attribution du pavillon luxembourgeois aux navires des ONG qui en font la demande.

Nous voulons une Europe qui encourage la solidarité au lieu de la criminaliser, qui fasse le choix de traiter les migrants comme des êtres humains et non des criminels, et qui permette l’ouverture de centres adaptés pour le traitement rapide et humain des demandes d’asile.

Wehret den Anfängen!

Letzte Woche wurde in Luxemburg an den Streik von 1942 gedacht. Damals traten ArbeiterInnen in Wiltz, Esch, Differdingen, Ettelbrück und Diekirch in den Streik, nachdem Gauleiter Simon wenige Tage zuvor die Eindeutschung der LuxemburgerInnen und die Zwangsrekrutierung junger luxemburgischer Männer in die Wehrmacht angekündigt hatte.  21 ArbeiterInnen sollten diesen Mut mit ihrem Leben bezahlen und viele Familien wurden umgesiedelt.

In Chemnitz wurden vor einer Woche diese bösen Geister wieder geweckt. Ausgelöst durch eine Messerstecherei, gab es seitdem fast täglich Ausschreitungen und Übergriffe auf die Polizei, auf die Presse und auf Ausländer. In den Straßen von Chemnitz werden offen rechtsradikale Parolen skandiert. Erschreckend sind hierbei die Reaktionen der Polizei und einem Teil der Politik, die den braunen Mob größtenteils gewähren lassen.

Besonders besorgniserregend ist auch der nun erstmals öffentliche Schulterschluss zwischen der rechtspopulistischen AfD mit der islamfeindlichen Organisation PEGIDA sowie der rechtsextremen Gruppierung „Pro Chemnitz“ im Rahmen eines gemeinschaftlich organisierten „Gedenkmarsches“.

déi Lénk sprechen sich hiermit klar gegen rassistische und fremdenfeindliche Hetze und Gedankengut aus. Wir appellieren an alle, die Augen nicht zu verschließen, und sich rechtem Gedankengut entgegenzustellen. Ohne ein kollektives Entgegenwirken der großen Mehrheit der Gesellschaftwerden rechtspopulistische und rechtsextreme Positionen immer salonfähiger werden.

Die Vorfälle in Chemnitz müssen in einem Blickwinkel der steigenden sozialen Ungleichheiten verstanden werden. Der Verfall der Demokratie kann nur mit einer inklusiven Politik gestoppt werden, die sich für die Belange aller Menschen einsetzt.

Luxemburg ist dabei keine Insel. Identität, Sprache und Wachstum werden in Luxemburg zu den wichtigen Wahlkampfthemen hochgespielt. Dabei werden diese Fragen oft einseitig in der Öffentlichkeit thematisiert und überdecken dadurch viel grundlegendere Herausforderungen, die sich in unserer Gesellschaft stellen wie etwa die Bekämpfung der wachsenden sozialen Ungleichheiten, der Wohnungsnot und der Ursachen und Folgen von Klima- und Umweltschäden. Ortsschilder werden sicherlich niemandem den Zugang zu angemessenem Wohnraum erleichtern, einem Kind aus der Armut helfen oder Ungerechtigkeiten bei der Besteuerung von Einkünften aufheben. 

Pour une transformation des luttes anti racistes

Zu Gast am Land

La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) a sorti son cinquième rapport sur le Luxembourg en février 2018. Dans son rapport, l’ECRI met en lumière la montée d’un discours raciste et islamophobe, et fait état de plusieurs domaines pour lesquels il engage les autorités luxembourgeoises à « élimer toute discrimination structurelle subsistante ». Le premier de ces domaines est celui de l’accès à l’emploi.

Au Luxembourg, 75% des emplois peu qualifiés sont occupés par des personnes issues de l’immigration. Et si le taux de pauvreté est six fois plus élevé parmi les ressortissant.e.s des pays tiers que parmi les nationaux, les populations qui rencontrent le plus de problèmes sur le marché du travail sont les ressortissant.e.s du Cap-Vert, les demandeu.se.r.s de protection internationale et les musulman.e.s. Une étude du Centre d’étude et de formation interculturelles et sociales (CEFIS) sur la communauté capverdienne au Luxembourg montre même que le taux de chômage chez les capverdien.ne.s atteint le triple de la moyenne nationale qui est de 7%. Mais l’aspect le plus préoccupant concerne la scolarisation des enfants. L’étude du CEFIS met en garde contre l’ampleur des discriminations structurelles dans l’éducation et particulièrement pour la communauté capverdienne. En effet, parmi toutes les communautés d’immigré.e.s les plus importantes sur le territoire luxembourgeois, les enfants capverdiens sont de loin ceux qui redoublent le plus souvent une classe. Un échec scolaire que le CEFIS lie aux conditions sociales vécues par les parents immigrés, notamment sur le marché de l’emploi et du logement. L’étude pointe également le sentiment de discrimination et d’injustice ressenti par certains parents concernant l’orientation scolaire de leurs enfants. Il s’agit là, selon eux, de « discriminations indirectes, voire inconscientes, dictées par le système ». Les décisions prises par les enseignant.e.s, qui ont tendance à orienter les élèves capverdien.ne.s vers le modulaire, contribuent à « une rapide ethnicisation des rapports sociaux dans le champ scolaire », une situation ayant pour base « les préjugés véhiculés au Luxembourg à propos des capverdiens ».

La situation démographique particulière du Luxembourg, avec 47% de non-luxembourgeois.e.s résident.e.s, ainsi que 180 000 travailleurs et travailleuses frontalières français.e.s, allemand.e.s et belges également visé.e.s par la xénophobie, a tendance à diluer les discriminations subies par les minorités visibles. Pourtant, le discours de haine qui s’est amplifié depuis le référendum sur le droit de vote des étrangers en 2015, vise principalement les réfugié.e.s et les minorités visibles. Par ailleurs, le sondage réalisé par TNS-ILRES pour le Centre de l’Egalité de Traitement (CET) en 2015, montre que le pourcentage des discriminations relatives à la couleur de peau est plus élevé que tous les autres motifs (14%).

Face à ce constat, il est nécessaire que la lutte pour l’égalité devienne un thème transversal à toutes les autres questions qui concernent la cité, avec un autre mode d’action qui se situerait sur le plan politique, tout comme l’est devenue la cause écologiste dans les années 1970, lorsque les travaux scientifiques sur l’impact de l’industrialisation sur l’environnement ont peu à peu engendré une réflexion politique, suscitant une prise de conscience de la société civile.

Sandrine Gashonga
Candidate aux élections législatives dans la circonscription Centre
Membre de la Coordination Nationale

 

 

 

 

Communiqué de presse – Journée Internationale des Réfugié.e.s

Aujourd’hui, à l’occasion de la journée internationale des refugié.e.s, déi Lénk tient à souligner son engagement en faveur d’un accueil digne de toutes celles et ceux dont le chemin de l’exil a été long et douloureux. Les centres de rétention qui pullulent dans les pays membres de l’Union Européenne, sont le symbole d’une criminalisation de tou.te.s celles et ceux qui sont contraint.e.s à demander l’asile ailleurs, parce que leur existence est menacée dans leurs pays d’origine. Cette politique douteuse ne respecte pas les droits humains. Au-delà du débat sur les coûts financiers de l’accueil des réfugié.e.s, se situe l’aspect bien plus important des conditions d’accueil humainement dignes.

déi Lénk s’oppose ainsi à la décision du ministère de l’Immigration de mettre en place une Structure d’Hébergement d’Urgence (SHUK) , au sein du hall 6 de la Luxexpo au Kirchberg qui a désormais pour seule fonction de retenir avant expulsion les réfugi.é.e.s exclu.e.s du droit d’asile en vertu du règlement européen de Dublin III. déi Lénk condamne également la rétention de mineur.e.s isolé.e.s et non accompagné.e.s dans cette structure et plaide pour la transformation des centres de rétention en centres d’accueil, permettant l’accompagnement régulier des réfugié.e.s dans leurs démarches administratives de demande de protection internationale. Cet accompagnement en centre d’accueil moyennant la collaboration entre différentes organisations et associations humanitaire existantes, pourra inclure des cours d’apprentissage de la langue et de la législation du pays d’accueil, afin de mettre en place les conditions préalables à une intégration réussie en territoire étranger.

déi Lénk rappelle au gouvernement luxembourgeois et à tous les dirigeant.e.s des pays européens, ainsi qu’aux représentant.e.s politiques des institutions de l’Union européenne, que les réfugié.e.s sont des êtres humains et qu’ils ne peuvent pas faire l’objet d’une gestion technocrate de flux sans corps et sans visages. L’exemple de l’Aquarius, ce vaisseau mis en place par une organisation humanitaire qui accueille des réfugié.e.s sauvé.e.s en mer, à qui l’Italie et Malte ont refusé le droit d’accostage, montre à quel point les accords communs en matière de droit d’asile sont bafoués et les droits humains reniés dans l’Europe actuelle. Les véritables criminels sont ceux qui construisent des murs, mettent en place des barbelés et des structures carcérales bloquant les réfugié.e.s  sur leur route interminable vers une vie à l’abri du danger.

Au cœur de l’Europe, le Luxembourg se doit de montrer l’exemple en faisant preuve d’humanité et en refusant d’entrer dans la logique fascisante qui gagne peu à peu l’Europe entière et s’exprime de manière cruelle à la frontière mexicaine des Etats-Unis.

déi Lénk verurteilen Stimmenfang mit der Flüchtlingsfrage

ADR und CSV versuchen bereits seit Längerem, mit einer restriktiven Haltung zur Flüchtlingspolitik bei gewissen Wählerschichten zu punkten. Jetzt springen auch Vertreter der Regierungskoalition mit wenig hilfreichen Äußerungen in diese Bresche. Eine unverantwortliche Haltung, die in einer Frage Ängste schürt, die eigentlich eine rein sachliche Herangehensweise erfordert.

Arbeitsminister Nicolas Schmit (LSAP) schlug kürzlich vor, Asylanträge in Lagern außerhalb Europas entgegen zu nehmen. Dabei dürfte ihm durchaus bewusst sein, dass dieser Vorschlag weder aus politischer, noch aus völkerrechtlicher oder praktischer Hinsicht umsetzbar ist. Familienministerin Corinne Cahen (DP) ließ sich als Reaktion ebenfalls zu problematischen Aussagen hinreißen, als sie pauschal alle Asylbewerber aus nordafrikanischen Ländern als Wirtschaftsflüchtlinge brandmarkte, mit der Bemerkung, in diesen Ländern gebe es keinen Krieg. Dabei vergaß sie, dass das individuelle Asylrecht nicht nur für Kriegsflüchtlinge gilt, sondern auch für Menschen, die beispielsweise aus politischen oder religiösen Gründen verfolgt werden. Die Klärung der Asylansprüche ist im Übrigen Sache der zuständigen juristischen Instanzen.

Flüchtlingsfrage sachlich angehen

Ende 2015 waren laut UNHCR rund 3800 Flüchtlinge in Luxemburg, was rund 0,65% der wohnhaften Bevölkerung ausmacht. Dass die luxemburgischen Aufnahmekapazitäten, das Asylsystem und die notwendigen Integrationsmaßnahmen nicht auf den Anstieg der Asylanfragen vorbereitet waren und sich daraus Schwierigkeiten ergeben, ist unbestritten. An diesen Herausforderungen muss jedoch weiter sachlich und kompetent gearbeitet werden, so wie es die verantwortlichen Administrationen, die Hilfsorganisationen und die zahlreichen Freiwilligen bereits seit vielen Monaten tun. In der Bevölkerung unbegründete Ängste schüren, hilft dabei niemandem.

Darüber hinaus muss endlich damit aufgehört werden, die Symptome zu bekämpfen, anstatt die grundlegenden Ursachen anzugehen. Weltweit sind Millionen Menschen zur Flucht gezwungen und dieses Drama löst man nicht dadurch, dass man Mauern baut, Menschenrechte aushöhlt und die Opfer stigmatisiert. Vielmehr muss Europa  der wirtschaftlichen und politischen Stabilisierung der Nachbarregionen endlich oberste Priorität einräumen.

Flüchtlinge: Luxemburg muss jetzt handeln!

Heute morgen hat Regierungschef Xavier Bettel das Flüchtlingsabkommen der Europäischen Union in der außen- und europapolitischen Kommission des Parlaments vorgestellt. Daraus geht hervor, dass alle Flüchtlinge, die seit diesem Sonntag auf einer griechischen Insel ankommen, nach einer individuellen Prüfung wieder in die Türkei zurückgeschickt werden. Diese Lösung geht von einer Anerkennung der Türkei als sicheres Drittland aus (was von den Menschenrechtsorganisationen zu Recht in Frage gestellt wird). Für jeden in die Türkei zurückgeschickten Flüchtling nimmt die EU einen Flüchtling aus der Türkei auf, der nicht über Griechenland versucht hat, in die EU zu gelangen. Diese sogenannte „Umsiedlung“ aus der Türkei ist ihrerseits durch diesen 1:1-„Umtausch“ begrenzt. Keine Fortschritte wurden dagegen erzielt, um die sich z.Z. an der mazedonischen Grenze befindlichen Flüchtlinge auf die einzelnen europäischen Länder laut einem Abkommen vom September 2015 zu „relokalisieren“ (verteilen).

Der Abgeordnete von déi Lénk, Serge Urbany, sagte im Anschluss an diese Sitzung:

„Dies ist ein jämmerliches Abkommen, bei der ein zentrales Problem zum Vorschein kommt:  die Ablehnung vieler europäischer Länder, Kriegsflüchtlinge als Teil einer solidarischen europäischen Lösung aufzunehmen.“

In Wirklichkeit wird hier eine „Obergrenze“ bei der Umsiedlung über den sicheren Fluchtweg aus der Türkei eingeführt: für einen zurückgenommenen „illegalen“ Flüchtling (der sein Leben bei der Überfahrt im Schlauchboot riskiert) wird eine „legaler“ Flüchtling aufgenommen, kein einziger mehr!

Das internationale und europäische Recht wird durch dieses Abkommen grundlegend in Frage gestellt, da Asylrecht ein individuelles Recht ist, das grundsätzlich nicht durch Zahlenkontigente begrenzt werden kann.

Und bei den im September von der Luxemburger Regierung versprochenen Relokalisierungen aus Griechenland und Italien, gibt es keinen Fortschritt. Dabei besteht angesichts der Schließung der Grenzen auf Veranlassung durch Österreich-Ungarn und ihrer Verbündeten dringender Handlungsbedarf (siehe unerträgliche Lage in Idomeni und im restlichen Griechenland).

Angesichts der sich täglich zuspitzenden menschlichen Katastrophe an den Grenzen Griechenlands, fordern wir die luxemburgische Regierung auf, dringende humanitäre Maßnahmen zu ergreifen und als ersten Schritt, die 270 restlichen Plätze für Luxemburg im Rahmen des Relokalisierungsabkommens vom September 2015 unverzüglich zu besetzen (bisher wurden erst 30 Plätze besetzt).

Alptraum Hotspots

Die Idee der  europäischen Entscheidungsträger, sogenannte „Hotspots“ einzurichten, könnte die angehende europäische Migrationspolitik im Keim ersticken.

Marc Keup – Der mit der Brechstange erzwungene Beschluss des europäischen Rates der Justiz- und Innenminister vom 22. September enthält einen Umverteilungsmechanismus, der vorsieht, dass eine gewisse Anzahl von Asylbewerbern aus Griechenland und  Italien in andere Mitgliedsländer umgesiedelt werden soll. Vorrausgehen soll dieser Umverteilung die Einrichtung von Empfangs- und Erstaufnahmeeinrichtungen, sogenannter Hotspots.

Flüchtlinge die künftig in Griechenland oder Italien über die EU-Außengrenze kommen, sollen vor Ort an diese neuen Einrichtungen verwiesen werden, wo sie eine erste Verpflegung erhalten und außerdem registriert werden sollen. Angesichts der völlig überlasteten Auffangstrukturen in diesen Ländern ist das zunächst ein Fortschritt, da eine große Anzahl von Asylbewerbern derzeit unter freiem Himmel oder auf Bahnhöfen campiert. Problematisch wird es allerdings, wenn in diesen Lagern Kriegsflüchtlinge und sogenannte Wirtschaftsflüchtlinge voneinander getrennt werden sollen, so wie es derzeit in Brüssel geplant wird.

Selbst eine vorläufige Entscheidung, wer ein Recht auf internationalen Schutz hat und wer nicht, bedarf einer aufwendigen Untersuchung. Zumindest dann, wenn eine solche Prozedur den Anforderungen des internationalen Recht genügen soll. Als Konsequenz werden die Flüchtlinge nicht nur einige wenige Tage in diesen „Erstaufnahmeeinrichtungen“ verweilen müssen, sondern über erheblich längere Zeiträume. Angesichts des stetigen Zustroms, der allenthalben durch den Einbruch des Winters kurzfristig abgeschwächt wird, werden unausweichlich riesige Zeltlager entstehen, wie wir sie derzeit aus der Türkei oder dem Libanon kennen. Damit wird eine Dynamik losgetreten, die die angehende gemeinsame Asylpolitik in Schutt und Asche legen könnte.

Denn bereits die schlichte Existenz dieser Lager wird einige Länder in Europa auf die Idee bringen, dass eine Umverteilung jenseits der bereits beschlossenen Kontingente nicht mehr notwendig ist, da die Flüchtlinge ja in diesen Lagern den nötigen Schutz genießen und außerdem großzügig versorgt werden. Sie werden sich darauf verlegen, die Flüchtlingscamps im Süden Europas finanziell zu unterstützen und deren erstklassige Infrastrukturen zu loben. Dass man die Hotspots nach kurzer Zeit mit Stacheldraht einzäunen und militärisch absichern muss, damit die Insassen sich nicht auf den Weg nach Norden machen, wird dabei zum notwendigen Übel.

Eine solche Entwicklung, die offensichtlich von zahlreichen europäischen Regierungen bewusst in Kauf genommen wird, wäre wohl das Ende einer gemeinsamen Asylpolitik mit humanem Antlitz. Anstatt die Flüchtlinge in die europäische Gesellschaft zu integrieren und ihnen ein neues Leben zu ermöglichen, würden sie gleich an der Außengrenze abgefangen und womöglich auf unbestimmte Zeit in Lager gesteckt: Ein weiterer schändlicher Baustein bei der Abschottung Europas, für dessen Zustandekommen die luxemburgische Präsidentschaft schlussendlich die Verantwortung übernehmen müsste.

Face à l’urgence, l’Europe doit prendre ses responsabilités !

L’Union européenne et ses Etats-membres ont une coresponsabilité pour les causes qui sous-tendent les flux migratoires actuels. Par une politique étrangère hasardeuse, peu cohérente et souvent militariste, ainsi que par le soutien de régimes dictatoriaux et la vente d’armes, l’Europe a contribué activement à créer des situations de violence et de répression. A travers une politique économique et commerciale néolibérale envers les pays en développement qui est basée sur l’exploitation, l’intérêt propre et le paternalisme, ainsi que par leur consommation excessive de ressources, les États européens contribuent au sous-développement, aux dégradations environnementales et par conséquent au manque de perspectives socio-économiques.

Mais au lieu de prendre leur responsabilité et de faire face à cette tragédie humaine de manière solidaire et dans le respect des droits humains, les dirigeant-e-s européens font une fois de plus preuve de leur incapacité d’honorer les valeurs fondatrices de l’Union européenne. Leur action se limite actuellement à prendre individuellement des mesures répressives et de se pointer du doigt mutuellement. Ainsi les résultats du Conseil des ministres en charge du lundi 14 septembre sont littéralement non-existants, même s’il faut reconnaître que le blocage actuel soit dû à certains pays plus qu’à d’autres.

Face à l’urgence humanitaire, déi Lénk appelle à l’UE et à ces pays membres:

darrêter toute politique répressive contre les demandeurs d’asile aux frontières extérieures et intérieures de l’UE.

de créer des couloirs sûrs entre les principaux pays d’origine et l’Europe afin que les personnes qui ont besoin de protection internationale puissent se mettre en sécurité sans risquer leur vie et sans faire appel à des réseaux criminels de passeurs.

de mettre en place parmi les Etats-membre un système de répartition équitable et permanent des demandeurs d’asile à l’intérieur de l’UE et d’annuler le principe du premier pays d’accueil inscrit dans la convention de Dublin. Ce système doit cependant tenir compte des liens familiaux ou des préférences légitimes de la part des demandeurs d’asile et éventuellement être complété par des transferts financiers entre les Etats-membres.

de renoncer à l’idée que des dispositifs de premier accueil et d’enregistrement (dits “hotspots”) puissent faire le tri entre les personnes éligibles au statut de réfugiés et les migrants dits “économiques”. Si de telles structures s’avèrent nécessaires, elles doivent se limiter strictement à l’enregistrement des personnes et le temps de séjour des demandeurs d’asile ne doit pas dépasser quelques jours. Sans cela, ces « hotspots » se transformeront rapidement en camps de réfugiés permanents aux conditions de vie dégradantes et inhumaines où des procédures d’asile conformes aux exigences du droit international ne peuvent pas être garanties.

d’accélérer sensiblement la mise en œuvre d’une réelle politique d’asile commune qui cherche à uniformiser les procédures d’asile et à promouvoir des standards d’accueil communs de très haut niveau dans tous les Etats-membres.

de soulager les principaux pays d’accueil en-dehors de l’Europe en acceptant de réinstaller un nombre ambitieux de réfugiés depuis ces pays et en soutenant financièrement leurs efforts.

d’annuler l’opération EUNAVFOR Med qui vise à combattre les réseaux des passeurs avec des moyens militaires. Si les activités criminelles des passeurs sont condamnables, combattre ceux-ci aura comme conséquence que les passages deviendront encore plus risqués et plus coûteux ou que de nombreux réfugiés resteront bloqués dans des pays en crise.

de créer rapidement des couloirs légaux vers l’UE pour la migration volontaire sans distinction du pays d’origine, du niveau de formation, de la religion ou de l’appartenance ethnique.

A côté de ces mesures d’urgence, l’Union européenne doit enfin se doter d’une stratégie transversale très ambitieuse pour combattre les causes de la migration par nécessité. Il s’agit notamment d’augmenter sensiblement les efforts diplomatiques pour résoudre ou éviter des situations de violence ou de répression, d’arrêter à imposer des politiques néolibérales sur les pays en voie de développement et de lancer un effort sans précédent pour soutenir un développement dans ces pays qui soit réellement au service des populations.

Finalement, déi Lénk tient à saluer toutes les personnes et organisations de la société civile qui montrent leur solidarité avec les réfugiés et qui ne ménagent pas leurs efforts pour aider ces personnes qui ont besoin de notre protection.

Question parlementaire urgente concernant l’opération « Triton » et les nouveaux drames de réfugiés dans la Méditerranée

Monsieur le Président,

La mort de plus de 330 réfugiés dans la Méditerranée au courant de la seule journée d’hier nous oblige d’interpeller Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes, auquel nous vous prions de bien vouloir transmettre la question urgente parlementaire suivante, conformément à l’article 81 du règlement de la Chambre des Députés. L’urgence de la présente étant motivée par le fait que la chargée de la politique extérieure de l’Union Européenne, Madame Federica Mogherini, compte réunir le Conseil des ministres des Affaires étrangères «dans les tout premiers jours», afin de délibérer de cette affaire:

Par question parlementaire no 670 du 3 novembre 2014, nous étions intervenus auprès de vous, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes, afin de rendre attentif au fait que l’opération « Triton » mise en place par l’Union européenne et Frontex à partir du 1er novembre 2014 ne saura remplacer l’opération  « Mare Nostrum », opération militaire et humanitaire menée par la Marine militaire italienne depuis le 18 octobre 2013 visant à secourir en mer les immigrés clandestins et ceci jusqu’aux côtes libyennes. En mobilisant à cette fin en moyenne 900 soldats par jour, l’opération  « Mare Nostrum » a permis d’arrêter 351 passeurs et de secourir quelque 155.000 personnes en une année.

Dans notre missive du 3 novembre 2014, nous avions souligné que l’opération  « Triton » (dont le coût s’élève à 2,9 millions d’euros par mois, c’est-à-dire un tiers de ce que l’opération  « Mare Nostrum » coûta chaque mois à l’Italie) n’a pas du tout la même vocation que « Mare Nostrum ». Contrairement à cette dernière, l’opération  « Triton » n’a pas de mission essentiellement humanitaire, mais se concentre plutôt, dans un rayon de 30 kilomètres, à la protection des frontières italiennes, ces faits ayant été confirmés dans votre réponse à notre question du 3 novembre 2014.

Malheureusement, la mort de plus de 330 réfugiés pendant la seule journée d’hier confirme toutes les craintes exprimés par des experts en la matière et dont nous nous avions fait le porte-parole dans notre question parlementaire évoquée ci-dessus (Gil Arias Fernandez, directeur exécutif de Frontex : « Triton ne répond pas aux besoins de milliers de migrants et de réfugiés, y compris ceux qui sont forcés de fuir les guerres et les persécutions au Moyen-Orient et en Afrique. L’idée qu’elle puisse remplacer Mare Nostrum pourrait avoir des conséquences catastrophiques et mortelles en Méditerranée »; Amnesty International incita l’Italie à poursuivre  « Mare Nostrum » « jusqu’à qu’il y ait un autre dispositif européen soutenu par d’autres pays européens et mieux équipé que Triton »; le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) avait exprimé sa  « vive préoccupation » face à la fin de l’opération militaire et maritime italienne.

En plus, il y a lieu de constater que la fin de l’opération « Mare Nostrum » et son remplacement par l’opération  « Triton » n’a pas permis de réduire, comme escompté, le nombre de personnes cherchant refuge en Europe, et en Italie en particulier, comme l’indique le Ministre de l’Intérieur italien, en évoquant que pendant le mois de janvier 2014, sous « Mare Nostrum », 3.300 réfugiés seraient arrivés en Italie, tandis que pendant le mois de janvier 2015, sous « Triton », il s’agirait de 3.700 personnes, ceci pour la simple raison « qu’aucune des guerres civiles ayant conduites à l’exode de masse en Syrie et en Afrique, n’ait été terminée entretemps et que devant la côte libyenne, d’où partent le plus grand nombre de réfugiés en mer, le chaos continue à régir.»

Dans votre réponse à nos questions du 3 novembre 2014, vous aviez constaté, tout en reconnaissant la vocation différente des deux missions, que «le destin de la mission « Mare Nostrum » ou des activités substitutives éventuelles, relève d’une décision nationale souveraine de l’Italie» et que «le Gouvernement du Luxembourg ne peut s’immiscer dans les affaires italiennes», mais «continue à s’engager pour le maintien d’un dispositif Triton efficace et durable, dans lequel la composante humanitaire occupera une place prépondérante. Dans cet ordre d’idées, le Gouvernement envisage de déployer des moyens luxembourgeois dans la mission  « Triton.»

Dans ce contexte, et vue la catastrophe humanitaire qui s’est produite hier et qui risque de se reproduire tous les jours, nous aimerions vous poser les questions urgentes suivantes:

– Êtes-vous d’accord pour constater que la mission humanitaire de l’opération « Mare Nostrum » devrait être reprise d’urgence par tous les moyens possibles, ceci afin de sauver le maximum de vies humaines? Dans l’affirmative, comment, avec quels moyens et dans quels délais ceci pourrait-il se faire?

– Êtes-vous d’accord pour intervenir au Conseil européen afin que les moyens financiers nécessaires à cette fin soient mis à disposition de l’Italie, ou bien que l’Union européenne prenne directement en charge cette mission humanitaire urgente?

Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos sentiments respectueux.

Justin Turpel,    Serge Urbany,

Député                Député

-> Réponse

Question parlementaire concernant l’encadrement scolaire de jeunes issus de pays tiers

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du règlement de la Chambre des Députés, j’aimerais poser à Madame et Messieurs les Ministres en charge de l’Education nationale, de l’Intégration et du Travail un certain nombre de questions en relation avec l’accueil et l’encadrement scolaire de jeunes issues de pays tiers.

Le Luxembourg accueille régulièrement des contingents de personnes issues de pays tiers, notamment de pays en crise ou de pays ayant connu dans un passé plus ou moins récent des troubles politiques importants.

Parmi ces personnes, il faut compter des jeunes gens en âge d’être scolarisés qui ne maîtrisent aucune des deux langues d’enseignement (français et allemand). A cette fin, l’éducation nationale prévoit des structures adéquates : les classes d’insertion ou classes d’accueil (ACCU) prévues pour les adolescents de 12 à 15 ans et les classes d’insertion pour jeunes adultes (CLIJA) qui offrent aux élèves de 16 et 17 ans une formation de base en français leur ouvrant l’accès à l’enseignement secondaire technique.

Néanmoins, il semble que le nombre de places disponibles dans ces classes ne correspondent pas toujours aux besoins très divers allant de la formation au suivi psychologique de jeunes originaires de régions connaissant des conflits plus ou moins graves. De plus, la question de l’encadrement des jeunes de 18 à 25 ans qui ne disposent pas non plus d’une formation adéquate se pose également.

A ce titre, je voudrais poser les questions suivantes aux ministres en charge de l’Education nationale, de l’Intégration et du Travail:

– Quels établissements du secondaire disposent de classes ACCU et CLIJA?

– De combien de classes de ce type ces établissements disposent-ils?

– Y a-t-il des listes d’attente pour ces classes? Le cas échéant, pouvez-vous m’informer du nombre d’élèves potentiels inscrits sur ces listes? Aussi, pouvez-vous m’indiquer du temps d’attente moyen sur ces listes avant de pouvoir intégrer une telle classe et quelles sont les alternatives proposées durant cette attente?

– Quelles options de formation sont offertes aux nouveaux arrivants âgés de 18 à 25 ans?

– Pouvez-vous nous indiquer le nombre de mineurs non accompagnés de parents ou tuteurs résidant actuellement au Luxembourg?

– Qui prend en charge la tutelle de mineurs arrivants sans parents ou tuteurs au Luxembourg? Quel type d’accompagnement leur est-il offert et combien de temps dure-t-il? D’une manière générale, quel est l’éventail de mesures prévu à cet effet?

– Au cas où ces mineurs bénéficient de la tutelle d’un éducateur, combien de mineurs se trouvent actuellement dans ce cas? Combien de temps un tel éducateur peut-il consacrer à ces mineurs?

– Un suivi psychologique est-il prévu pour les mineurs originaires d’un pays en guerre ou en situation de conflit armé et qui subissent des traumatismes liés à de telles expériences?

– Etant donné que les classes ACCU et CLIJA enseignent le français (16 heures hebdomadaires), le luxembourgeois (2 heures hebdomadaires) et l’anglais (2 heures hebdomadaires), il est très probable que ces jeunes doivent trouver des classes ou des formations francophones après leur année passée dans une telle classe. Partant, je voudrais savoir combien de DAP et de classes du régime technicien et technique dont la langue principale est le français existent et est-ce que ce nombre correspond au nombre des jeunes arrivants au Luxembourg?

– Combien de jeunes des classes CLIJA arrêtent leurs études en cours d’année scolaire?

– Quelle est la situation familiale de ces jeunes? Sont-ils arrivés seuls au Luxembourg ou accompagnés?

– Finalement, pouvez-vous m’indiquer le nombre de jeunes des classes CLIJA et ACCU qui ont soit trouvé une place d’apprentissage, soit un emploi? A l’inverse, combien de ces jeunes se retrouvent au chômage après avoir fréquenté une telle classe?

Respectueusement,

Justin Turpel

Député

-> Réponse

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