Turnover, postes vacants et facteurs d’épuisement professionnel dans l’enseignement fondamental

Monsieur le Président,


Conformément à l’article 80 du Règlement de la Chambre des Députés, j’ai l’honneur de poser la question parlementaire suivante à Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, ainsi qu’à Monsieur le Ministre de la Fonction publique :

Depuis plusieurs mois, les organisations syndicales alertent sur la situation préoccupante du personnel de l’enseignement fondamental, confronté à une charge de travail importante et à un risque accru d’épuisement professionnel.

Ces préoccupations ont été renforcées par la publication des résultats de la Consultation nationale des acteurs de l’école fondamentale (CAEF) menée en 2021–2022. Ce rapport scientifique met en évidence des indicateurs préoccupants relatifs à la santé physique et mentale du personnel interrogé, ainsi qu’à l’épuisement émotionnel et au risque de burnout.

Dans ce contexte, il apparaît nécessaire de mieux objectiver la situation actuelle du personnel enseignant et éducatif de l’enseignement fondamental, en mesurant notamment les facteurs pouvant contribuer à une augmentation du turnover, à des difficultés de recrutement, ainsi qu’à une hausse des absences pour raisons de santé.

En outre, en tenant compte des informations fournies dans les récentes réponses ministérielles concernant l’augmentation du recours aux remplacements dans l’enseignement fondamental[1], il est crucial de déterminer les raisons principales des remplacements (maladie, congés maternité et parental, mutations internes, etc.) ainsi que l’évolution des postes vacants.

Ces éléments permettraient de mieux apprécier l’évolution de l’attractivité des postes dans l’enseignement fondamental, d’identifier les causes structurelles des postes vacants, et de soutenir la mise en place de mesures ciblées en matière de prévention de l’épuisement professionnel, de fidélisation du personnel et d’organisation du travail.

Dans ce cadre, je voudrais poser les questions suivantes :

  1. Monsieur le Ministre peut-il fournir, pour chacune des Directions de région, et pour chacune des dix dernières années, un tableau indiquant :
  2. le nombre total d’enseignant.e.s affecté.e.s,
  3. le nombre d’équivalents temps plein (ETP)
  4. ainsi que la répartition des tâches en temps plein et temps partiel, en distinguant les pourcentages de charge (p. ex. 90 %, 80 %, 75 %, 70 %, 60 %, 50 % et 40 %) ?
  • Monsieur le Ministre peut-il fournir, par Direction de région et pour chacune des dix dernières années, un tableau précisant le nombre d’enseignant.e.s ayant quitté leur poste en raison :
  • d’une démission,
  • d’un licenciement ou d’une fin de contrat,
  • d’un départ à la retraite,
  • d’un décès,
  • ou d’un changement d’administration dans le cadre de la mobilité interne au sein de la fonction publique ?
  • Monsieur le Ministre peut-il fournir, par Direction de région et pour chacune des dix dernières années, un tableau indiquant :
  • le nombre de congés de maladie d’un à trois jours,
  • le nombre de congés de maladie de plus de trois jours (certifiés),
  • ainsi que le nombre de congés de maladie de longue durée, définis comme étant supérieurs à trois mois ?
  • Monsieur le Ministre peut-il fournir, par Direction de région et pour chacune des dix dernières années, un tableau reprenant :
  • le nombre de congés de maternité,
  • et le nombre de congés parentaux (en distinguant, si possible, les formes à temps plein et à temps partiel) ?
  • Monsieur le Ministre peut-il fournir, par Direction de région et pour chacune des dix dernières années, un tableau indiquant le nombre d’enseignant.e.s ayant bénéficié d’un congé sans traitement, en distinguant les principales catégories (motifs personnels, familiaux, sociaux, professionnels ou autres) ?
  • Monsieur le Ministre peut-il indiquer combien d’enseignant.e.s ont été placé.e.s en situation de détachement au cours des dix dernières années, et préciser :
  • le nombre de détachements par année,
  • ainsi que les principales administrations ou structures d’accueil (autres administrations, établissements publics, organismes internationaux, etc.) ?
  • Monsieur le Ministre peut-il indiquer, pour chacune des dix dernières années, le nombre de procédures disciplinaires engagées à l’encontre d’enseignant.e.s de l’enseignement fondamental :
  • par année,
  • et, si possible, par type de manquement ?
  • Monsieur le Ministre peut-il indiquer, pour chacune des dix dernières années, le nombre de plaintes ou procédures relatives :
  • au harcèlement moral,
  • et au harcèlement sexuel.

introduites dans le cadre professionnel de l’enseignement fondamental, en distinguant, dans la mesure du possible :

  • les plaintes déposées par les enseignant.e.s,
  • celles introduites par la hiérarchie supérieure envers le corps enseignant,
  • ainsi que le nombre de cas reconnus et/ou ayant donné lieu à une procédure formalisée ?

Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos sentiments respectueux

David Wagner Député


[1] https://wdocs-pub.chd.lu/docs/exped/2025/12/QP_61217_1764585843469.pdf

Question parlementaire concernant l’usage pédagogiques des outils numériques.

Monsieur le Président,

Lors de la réunion de la Commission de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse du 20 mai 2025, consacrée à l’utilisation de smartphones et de tablettes au sein de la communauté scolaire, j’avais interrogé Monsieur le Ministre et ses services à propos de la pertinence de l’utilisation de tablettes dans les cours et sur leur plus-value pédagogique.

A ma question portant sur les expertises scientifiques sur lesquelles le Ministère s’appuie afin de justifier l’utilisation des tablettes à des fins pédagogiques, ses représentants ont évoqué les études PISA et, de façon plus imprécise, quelques autres possibilités, alors même que la littérature scientifique à ce sujet fait foison.

Comprenant qu’une réunion de commission parlementaire ne se prête pas idéalement à la fourniture d’informations précises, je voudrais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre :

1) Monsieur le Ministre pourrait-il détailler les études scientifiques sur lesquelles il s’appuie dans sa politique promouvant l’usage pédagogique des outils numériques qui démontrent un lien de causalité entre l’usage pédagogique d’un outil numérique à l’école et une meilleure réussite scolaire des élèves ?

2) Monsieur le Ministre pourrait-il nous faire part des évaluations et expertises scientifiques menées par ou pour le Ministère en amont de la décision d’introduire l’utilisation de tablettes à des fins pédagogiques ?

3) Etant donné que Monsieur le Ministre a fait le choix de faire perdurer l’utilisation de tablettes au sein de l’enseignement, qu’a-t-il à répondre aux étudesqui ont démontré un lien négatif entre les supports numériques et la réussite scolaire de l’élève : par exemple, que la simple présence d’un écran (portable ou ordinateur), même non utilisé, distrait les élèves ; et que les élèves lisant sur des supports numériques ont tendance à moins comprendre et retenir que les élèves lisant sur du papier, surtout lorsqu’il s’agit d’un texte plus complexe ?

4) Si l’on met en relation les résultats en-dessous de la moyenne des élèves luxembourgeois en matière de lecture à l’étude PISA de 2018 avec l’effet négatif des outils numériques sur l’apprentissage par la lecture des élèves, comment Monsieur le Ministre justifie-t-il le fait qu’il ait été permis aux enseignants des anciennes ‘classes iPad’ des lycées d’utiliser des supports numériques pendant les cours de langue, d’histoire et de géographie, et que cela continuera à être permis à l’avenir si l’enseignant le souhaite ?

Avec mes salutations respectueuses,

David Wagner

Député

Question parlementaire relative aux interventions policières au sein des lycées dans le cadre de la prévention contre les drogues.

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du Règlement de la Chambre des Députés, j’ai l’honneur de poser la question parlementaire suivante à Monsieur le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse :

Cette semaine, une descente de policiers a eu lieu au sein du Lycée Classique de Diekirch, avec intervention des forces policières dans trois classes et sur demande du directeur de l’établissement.

Selon plusieurs articles de presse, de telles interventions sont sollicitées régulièrement par des directeurs des lycées luxembourgeois.

À ce titre, je souhaiterais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre :

1) Durant les 5 dernières années, combien d’interventions policières ont été sollicitées dans des établissement d’enseignement supérieur dans le cadre de la prévention contre les drogues ?

2) Lors de combien de ces intervention des drogues ont-elles pu être découvertes ?

3) A combien est estimé le coût de ces interventions ?

4) Les parents des élèves concernés sont-ils systématiquement prévenus en avance de ces interventions et peuvent-ils s’y opposer ?

Avec mes salutations respectueuses,

David Wagner

Député

Annonce de l’augmentation des frais universitaires et d’inscription pour le semestre d’hiver 2025-2026 à l’Université du Luxembourg

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du Règlement de la Chambre des Députés, j’ai l’honneur de poser la question parlementaire suivante à Madame la ministre de l’Enseignement supérieur.

Dans un courriel adressé à la communauté universitaire le 29 novembre 2024, il a été annoncé que les frais universitaires pour le semestre d’hiver 2025-2026 seront augmentés de 200 à 400 euros, soit une hausse de 100 %. Par ailleurs, les frais d’inscription seront fixés à 100 euros. Cette augmentation concerne tous les cycles, à savoir les bachelors, masters et doctorats.

Les arguments avancés dans ce courriel mettent en avant une volonté d’alignement avec les frais pratiqués par les universités voisines dans le but de garantir un accès équitable pour tous les étudiant.e.s.

Il est également indiqué que les revenus supplémentaires générés par cette augmentation seront investis dans l’amélioration des services destinés aux étudiant.e.s, notamment le soutien psychologique et social, les activités extracurriculaires, la médiation, ainsi que le renforcement de la représentation étudiante par un support administratif accru.

Dans ce contexte, je souhaite poser les questions suivantes :

  • Quelle a été la prise de position du Gouvernement représenté auprès du Conseil de Gouvernance par un Commissaire qui y siège avec voix consultative ?
  • Sur la base des inscriptions pour le semestre d’hiver 2024, pouvez-vous estimer le montant supplémentaire que cette augmentation engendrera pour l’année académique 2025-2026, en distinguant les frais universitaires des frais d’inscription ?
  • Pouvez-vous détailler précisément les projets que l’Université du Luxembourg prévoit de financer avec ces revenus supplémentaires, notamment en matière de ressources humaines et d’amélioration des services étudiants ?
  • Pouvez-vous confirmer si les frais actuels de 200 € sont inférieurs à ceux pratiqués par les universités des pays voisins, et si les frais futurs de 400 € les dépasseront ?
  • En quel sens une augmentation de ces frais contribue-t-elle à un accès plus équitable des étudiant.e.s aux études universitaires ?
  • Les frais universitaires de 400 euros par semestre seront-ils intégralement remboursés par l’Aide financière de l’État pour études supérieures (AideFi) ? Par ailleurs, comment ce remboursement se compare-t-il à celui prévu pour le semestre d’hiver 2024-2025 ?
  • Pouvez-vous fournir des chiffres détaillés sur le nombre de dossiers d’inscription reçus pour le semestre d’hiver 2024-2025, ainsi que sur le nombre d’inscriptions effectivement retenues et pour lesquelles les frais universitaires ont été automatiquement déduits ?
  • Finalement, si l’Université du Luxembourg doit en effet dégager des budgets supplémentaires afin d’assurer la qualité des divers aspects de l’Université, pourquoi ne pas augmenter la dotation étatique dans le cadre de la Convention pluriannuelle conclue entre l’Etat et l’Université du Luxembourg au lieu de faire supporter ces frais aux étudiant.e.s ?

Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos sentiments respectueux,

David Wagner

Député

Schoulesch Ongläichheeten: D’Ried vum Myraim Cecchetti der Chamber.

Här President,

Sämtlech Rapporten an Evaluatiounen vum lëtzebuerger Schoulsystem déi opzedreiwe sinn soen dat selwescht aus: Déi Gesellschaftlech Ongläichheeten spiggele sech an der ëffentlecher Schoul erëm, a keng politesch Reform huet et bis elo faerdeg bruecht d’Reproduktioun vun dësen Ongläichheeten ze stoppen. Och wann tëscht 1970 an haut Villes geschitt ass, den historeschen Kontext an d’Erausfuerderungen un d’Gesellschaft an d’Politik evoluéiert hunn, bleift et bei dëser Bestännegkeet: Sou laang d’Gesellschaft vun strukturellen Ongläicheeten geprägt ass, bleift d’Schoul net dovu verschount. Sou laang d’Schoul des strukturell Ongläichheeten an hierem System widderhëllt, bleiwen sozial Ongerechtegkeeten a schoulesch Inegalitéiten bestoen.

Här President,

Den Optrag vun der ëffentlecher Bildung kann et net sinn een ongerechten sozialen Uerden oprescht ze erhalen, sou wéi mer dat mam meritokratesche System gewinnt sinn. Vill méi misst déi ëffentlech Bildung  déi dreiwend Kraaft vun der Demokratie an der Emanzipatioun ginn. Esou een demokrateschen Bildungsoptrag riicht sech dann virun allem un déi Schüler, déi aus engem soziale Milieu kommen, wou d’Elteren net vill verdéngen an och keng grouss Schoulen gemaach hunn. Déi Schüler also, déi d’Réussite scolaire net an d’Wéi geluecht kruten.

 D’Schülerinnen a Schüler hunn net déi selwescht Chancen fir gutt duerch d’Schoul ze kommen. Dat weist d’Magrip-Studie, sou wéi déi rezent Bildungsberichter. Mir mussen also kucken dat d‘Bildungschancen gerecht verdeelt ginn. Dofir brauche mir ee gerechte Schoulsystem.

Gläichzäiteg geet et och dorëms dat jiddereen deen zu Lëtzebuerg an d’Schoul geet fräi kann entscheeden op Grond vun senge Preferenzen a net just senge Kompetenzen a wéi eng schoulesch an berufflech Lafbunn en sech wëll orientéieren. D’Dieren vun der schoulesch Orientéierung mussen esou breed wéi méiglech opgemaach ginn. Eng zouen Dier fir eng aner Ausbildung, zum Beispill wann een sech ëmorientéiere wéilt oder well een soi-disant d’Kompetenzen dofir net hätt, suergt fir vill Frust ënnert de Schüler. 96% vun de Schüler déi 2021 d’Schoul un de Nol gehaangen hunn, hunn uginn dat se dat gemaach hunn well hinnen hir Filière an hir Ausbildung net gefällt. Dat ass dee meescht genannten Grond fir den Décrochage scolaire. Et léisst sech iwwer déi lescht 3 Joeren schätzen, dat all Joers 500 – 600 Schüler ënner 18 Joer d ‘Schoul opginn. Dat deit kloer op een Echec vun eisem Schoulsystem hin.

Här President,

D’ëffentlech Schoul bidd ville Jonken keng sécher Perspektiv op eng Aarbechtsplaz méi. Dat ass ee grave Problem an dee gëllt virun Allem fir d’Schüler aus der Formation professionnelle. D’Schüler am Parcours vun der Formation professionnelle, gehéiere majoritär zu de Schoulofbriecher. De Manktem u Léierplazen steet un 2. Plaz vun den Ursaachen fir de Schoulofbroch. 15% vun den Diploméierten aus der Formation professionnelle fanne keng Aarbecht. Dat geet aus der leschter Etude Transition Ecole Vie active erfir.

Och fir Jonker déi frësch vun der Uni kommen, ass d’Aussiicht op eng Aarbechtsplaz ëmmer méi geréng. Am Joer 2019 wuaren ëmmerhinn 22% vun de Jonken mat engem Unisdiplom op der sich no enger Aarbecht.

Här President,

Schoulofbroch, Jugendchômage och ëmmer méi Jugendaarmutt sinn eng Realitéit an eisem Land. Sou laang déi onsichtbar Hand vum fräie Marché den Aarbechtsmarché strukturéiert, gëtt et an Zukunft ëmmer  méi schwiereg fir déi jonk Leit eng Aarbecht ze fannen, notamment wann hir Ausbildung den Exigenzen vun dësem Marché net méi entsprécht. D’Fro ass awer – wien decidéiert wat d’Beruffer vun der Zukunft solle sinn?

De Marché entscheed wat d’Beruffer vun der Zukunft sinn, d’Schüler gi just ausgebild fir de Marché ze fidderen. Déi nei Optioun N – N fir Finanzen, Entrepreneuriat a Marketing – déi am Secondaire Classique agefouert gëtt steet stellvertriedend dofir. Dobäi kéinten déi jonk Leit matbestëmmen wat d’Beruffer vun der Zukunft sinn. De Staat kann nei Aarbechtsperspektive schafen an d’ëffentlech Schoul kéint doran eng Virreiderroll spillen, fräi vun ekonomeschem Drock an arbiträren Calculer.

D’Employabilitéit vun de Schülerinnen a Schüler ass ganz sëcher ee wichtege Critère. D’Schoul huet awer nach ee ganz anere Bildungsoptrag, nämlech deen, all Schüler dozou ze befäegen, Zesummenhäng ze verstoen, matzedenken, sech auszedrécken, matzegestalten. Just esou kann et zu engem Paradigmewiessel an eiser Gesellschaft kommen. Da kann et och zu enger realer Matbestëmmung kommen, well eis Schüler zu mëndege Bierger gi sinn.

Här President,

 Et geet net drëms ze wëssen wéi eng Aktivitéiten am rentabelsten sinn, mee wat mer an Zukunft un Aktivitéiten an Aarbechten brauchen fir dat eis Gesellschaft ka funktionnéieren, virun allem am Kontext vum Klimawandel. Handwierker brauche mer zum Beispill ëmmer. Ech ka mer keng Gesellschaft ouni Handwierker virstellen. Och am digitalen Zäitalter brauche mer Leit déi eng Stéchsäh kënnen an de Grapp huelen, den Daag flécken, Haiser bauen, de Waasserschued flécken a villes méi. Paradoxalerweis steet awer d’Handwierk u leschter Stell an eisem pyramidale Schoulsystem. D’Formation professionnelle ass weiderhin en Ofstellgleis fir Schüler déi et net bis an den Enseignement Général oder de Classique packen.

Här President,

D‘Recht op eng ëffentlech zougänglech Bildung, d‘Demokratiséierung vun der Schoul duerch d’Obligation scolaire – alles dat sinn politesch Diskussiounen an Ziler déi schon Joerzéngten zeréckleien. Des Ambitiounen ginn haut net méi duer. Haut dierf jiddereen an d’Schoul goen, wat nach laang net heescht dat jiddereen an der Schoul eng Ausbildung kritt, déi ëm henno am Liewen déi selwescht Chance bidd. Dorun ännert och eng Verlängerung vum Schoulpflichtalter näischt. Wat zielt ass dat no der Schoul genuch Méiglechkeeten bestinn fir dat wat ee geléiert huet och kennen unzewenden am Kader vun enger anstänneger Aarbechtsplaz.

Haut muss d’Politik sech als Zil ginn déi gesellschaftlech wéi och déi schoulesch Inegalitéiten ze bekämpfen. Haut brauche mer eng staark ëffentlech Schoul déi der sozialer Realitéit entsprécht.

De leschten Bildungsbericht weist ganz kloer dat d’Ongläichheeten vun der schoulescher Leeschtung net verschwonne sinn. D’Fakteuren déi des Ongläicheeten ausmaachen sinn engersäits an der Gesellschaft an anerersäits am Schoulsystem selwer verankert.

Sozial, ekonomesch a kulturell Facteuren, wéi d‘Sprooch, Klassenugehéiregkeet, den Gender an déi national Originn schafe Spaltungen ënnert de Schüler*Innen an determinéieren ganz staark hir Zukunftschancen. Eise Schoulsystem, mat senge Strukturen, senge Reegelen, reproduzéiert des gesellschaftlech Spaltungen, a verschäerft se souguer nach.

Här President,

D’Zuelen aus dem leschten nationale Bildungsrapport déi déi schoulesch Ongläicheeten beléeën, stinn an der Continuitéit mat deenen aus de Joeren virdrun. Dem Minister Meisch seng sëlleg Reformen hunn grondsätzlech näischt un der fundamentaler Ongerechtegkeet vun eisem Schoulsystem geännert. D’Schoulpolitik ass déi vum Status Quo.

Et ginn e puer Hiewelen déi ee misst zéien, fir den Schoulsystem fundamental kënnen ze änneren.

Konkret bedeit dat:

  • Dass bei de Kanner am ganz jonken Alter am Meeschten investéiert muss ginn an am Meeschten ze machen ass fir d’Weichen an die richteg Richtung ze stellen
  • Mär brauchen eng Opwärtung vun der Tâche vum Titulaire um Terrain a grad an deenen ëneschte Cyclen missten di kompetenzte Leit agestallt gi.
  • Dass d’Exigenzen un d’Méisproochegkeet mussen iwwerschafft ginn. Ëmmerhin hunn di Meeschte Schülerinnen a Schüler mat Migratiounshannergrond Kentnisser an 5 Sproochen an dat ka jo awer net en Ausschlosskritär sinn.
  • Dass d’Kompetenzsoclen am Fondamental als Indicateur funktionnéieren net als Ausschlosskritär.
  • Dat am Fondamental och wierklech an Cyclen geschafft gëtt, esou wéi dat am Cycle 1 schon zanter der Reform vun 2009 ass.
  • Dass d’Hierarchiséierung vun de Filièren am Secondaire muss verschwannen.
  • Dass keng fréizäiteg Orientéierung an de Secondaire méi stattfënnt.

Här President,

An eisem Schoulsystem ass d’Sprooch ganz däitlech een Diskrimnatiounsfacteur. Dat ass mëttlerweil jidderengem heibannen bewosst. Et ass net realistesch ze erwarden dat jiddereen eis 3 Amtssproochen mat dem selweschten Perfektiounsgrad kéint beherrschen. Keen heibannen kann dat, an trotzdem setzt eise Schoulsystem ganz héich Erwaardungen un d’Schüler an un déi zukünftlech Enseignant’en wat d’Sproochekentnisser ugeet. Des Erwardungen sinn net méi zäitgeméiss. Zu Lëtzebuerg sinn gutt d’Halschent vun de Schüler aus der Immigratioun, dovun 21% aus enger éischter Generatioun.

Lëtzbuergesch ass net méi wéi nach an den 80er Joeren déi Sprooch déi am Meeschten bei de Schüler doheem geschwat gëtt. Portugiesesch ass déi meescht geschwaten auslännesch Mammesprooch. Déi lusophon Schüler sinn awer och déi, déi am Leeschtungsverglach am Mannste gutt ofschneiden. Ech soen bewosst am Mannste gutt, well souwuel an der Pisa Etude, wéi och am hauseegenen Monitoring schneiden eis Schüler all net besonnesch gutt of. Am Cycle 3 ereechen 18% vun de Schüler allgemeng de Kompetenzsockel net. Op 5e sinn et 46% , deenen hir Kompetenzen den Erwaardungen vum Socle net entspriechen. Mir schwätzen hei just vun de Basiskompetenzen: Liesen, Schreiwen, Rechnen.

Do wou de Leeschtungsecart tëschend lusophone Schüler an de lëtzebuergesch sproochegen fir d’éischte Kéier däitlech sichtbar gëtt, ass am Cycle 3. Ab do bleift deen Ecart bestoen bis an de Secondaire, bis op 5e zumindest.

Här President,

Dem Bildungsminister seng Virgängerin, d’Madame Mady Delvaux-Stehres hat emol d’Remark gemaach – den Socle de compétences wier en Indicateur, mee keng Guillotine. D’Erreechen vum Socle setzt pedagogesch Mesuren viraus, déi zwar deelweis vun der Reform vun 2009 virgesi wuaren, mee de facto nie tel quel an allen lëtzebuerger Schoulen ëmgesat gi sinn. Et ass deemols drëms gaangen de Redoublement ofzeschafen falls ee gewësse Kompetenzsocle net géing vun de Schüler*Innen erreecht ginn. Ouni d’Erwardungen un d’Leeschtung vun de Schüler erofzesetzen, sollt gekuckt ginn déi néideg Moyen’en u Personal an pedagaogeschen Outilen an der Klass sou anzesetzen fir dat jiddereen dee Kompetenzsocle kann errechen. De Socle ass an deem Sënn en Indicateur dee weist wéi vill Progrès gemaach ginn ass. Eng positiv Evaluatioun also. Sou wäit mir dat observéieren, ass de Redoublement net aus eise Schoule verschwonnen. Dat gëtt elo just anescht genannt an zwar Rallongement, mee och de Rallongement ass eng extrem demotivant Mesure.

Här President,

Mir mussen den Apprentissage vun de Sproochen op engem gemeinsame Nenner opbauen deen der grousser Diversitéit vun eiser Schülerpopulatioun gerecht ka ginn.

Wéi mer dat am Beschten maachen, si Froen déi elo endlech erfuerscht ginn, well de Minister jo och erkannt huet dass d’Méispoochegkeet ëmmer méi en Handicap gëtt fir eis Schülerpopulatioun. Mee leider ginn d’Decisiounen fir déi eng oder aner Mesure ëmzesetzen vum Minister iwwert de Knéi gebrach. Ee gutt Beispill dofir ass d’Aféeirung vun der Alphabetiséierung op franséisch am Fondamental. Do kann ee sech soen, jo firwat net, mee wann et esou ass dat just an e puer Testklassen op franséisch alphabéiséiert gett,  während an deenen anere Klassen op däitsch alphabetiséiert gett an dono am Cycle 3 die 2 „Filièren“ zesumme kommen, dann ass et schwéier virstellbar, dat am C4 solle, onofhängeg vun der Alphabetiséierungssprooch, d’Kanner dee selwechte Niveau an alle Sproochen kënnen hunn. Da froen ech mech, à quoi bon? Dann hu mär näischt un der Komplexitéit vum Sproochenunterecht ënnerholl, mee just eppes un der Reihenfolg.

Dofir mist een sech op d’Fuerschung baséieren an och d’Rekommandatiounen aus deene sëllegen Etüde berücksichtegen, well wannesou eng Mesure vu vir eran net gutt genuch duerchduecht oder duerchfuescht ass, da kann se vill Schued bei de Kanner uriichten. D’Kanner si jo awer keng Testobjeten.

Här President,

D’Erwuardungen un d‘Sproochekompetenzen suerge net just fir schoulesch Inegalitéiten ab dem Fondamental, mee erschwéieren och den Zougang zu enger Aarbechtsplaz, notamment am Kader vun der Beruffsausbildung a schlussendlech verspäert et ville jonken Leit de Wee zu enger universitärer Ausbildung. Eng weider Schrauw un där een dréine misst, wir also déi vum Stellewäert vun der Méisproochegkeet am Kontext vun enger Gesamtevaluatioun vun de schouleschen a professionnelle Kompetenzen.

Et ass fairerweis wichteg dës sproochleg Exigenzen fir jiddereen nei unzepassen, well se elo schonn net méi fir jiddereen gëllen. Se gëllen net fir jiddereen um Aarbechtsmarché an och net am Kader vun den ëffentlechen International Schools.

Här President,

Aus dem wat aus dem Bildungsbericht erauszeliesen ass, bleift awer deen determinantste Diskriminatiounsfacteur an der Schoul de Bildungsgrad an de Kontosstand vun den Elteren.

Notamment, wann et ëm d‘Orientatioun nom Fondamental an d’Filiären vum Secondaire geet.

Engersäits wësse mer jo dat d‘Chance fir gutt duerch d’Schoul ze kommen méi kleng sinn fir déi Kanner, déi aus sozial an ekonomesch schwaachen Familljenëmfelder kommen. Anerersäits ginn et deene Schüler géigeniwwer Virurteeler, déi bei der Orientéierung matspillen. An de leschte Bildungsberichter gesäit ee ganz gutt wéi stuark des Virurteeler matspillen je nodeem a wéi eng Filière de Schüler*Innen orientéiert ginn. Do ginn et Zuelen déi kloer bezeien, dass d’Leeschtungen vun Schüler*Innen aus „guddem Haus“ zolitt iwwerschat ginn. De contraire ass de Fall bei de Schüler*Innen aus manner gutt beduchten Familljen. Si ginn sans gêne an hiere Leeschtungen ënnerschat.

Sou sinn de leschten Zuelen no 72% vun den sozioekonomesch méi staarken Schüler an de Classique orientéiert ginn, obwuel der nëmmen 52% d‘Fähegkeeten dofir haten.

Ëmgedréint sinn 16% vun den sozioekonomesch méi schwaache Schüler an de Classique orientéiert ginn, obwuel et hieren Punkten no der 37% hätte misste sinn.

D’Virurteeler suergen hei fir een Ecart deen ganz kloer en Faveur vun de sozial favoriséierten spillt.

Eise Schoulsystem bidd awer och hei erëm déi beschte Viraussetzungen op Weiderféierung an deelweis Verschäerfung vun dësen Ongerechtegkeeten.

Den Enseignement secondaire, mat sengen 3 grousse Filièren ass quasi esou opgebaut wéi déi pyramidal Klasseverhältnisser an eiser Gesellschaft. Et ass een immens segregativen an hierarchiséierten System. De Classique, un der Pyramidespëtzt, gëllt nach ëmmer als Voie royale fir eng akademesch Carrière an déi beschtbezuelten Jobs, och wann dat an der Realitéit net méi sou ganz stëmmt.

Den Technique gëllt nach ëmmer als „manner gutt“ wéi de Classique, obwuel och hei Méiglechkeeten op eng Studielafbunn bestinn.

Dann ganz ënnen steet d’Formation professionnelle, als Ofstellgleis fir jiddereen deen et net an den technique général packt. Paradoxalerweis, ass d’Handwierk « d’Réckgrad vun der lëtzebuergescher Ekonomie », wann ech de Minister dierf zitéieren. An domatt, misst d’Formation professionnelle jo dee selweschten Unerkennungswäert kréien ewéi d’akademesch Carrière. Dat ass awer net de Fall, an dat ass ee Mentalitéitsproblem souwuel ewéi eng Konsequenz vun engem Orientéierungssystem deen op sozialen Ausschlosskritären baséiert.

Wie wëll schon ee Kand an d’Formation professionnelle schécken, wa gewosst ass, dass domatt seng d’Zukunftschancen um Spill stinn?! An engem Kontext, wou déi politesch Responsabel déi akademesch Ausbildung als eenzeg voie de réussite duerstellen an och dofir suergen, dass dat esou ass, kann ee sech schwéier virstellen d’Elteren vun de Schüler*Innen an d’Schüler*Innen selwer fir d’Formation professionnelle kënnen ze begeeschteren.

Et verlaangt schon eng Revolutioun fir d’Hierarchiséierung vun de Filièren ofzeschafen. Déi Lénk wëllen dofir d’Gesamtschoul als revolutionnär Mesure developéieren. D’Gesamtschoul, dat ass ee System an deem d’Schüler*Innen net fréizäiteg an de Secondaire orientéiert ginn. Si bleiwen zesummen an enger selwescht Lafbunn, an engem Tronc commun, bis zum  Schoulpflichtalter, also aktuell nach 16 Joer, a kënnen dann entscheeden a wéi eng spezialiséiert Filière si sech wëllen orientéieren. D’Gesamtschoul setzt viraus, dass d’Schüler de Choix vun hierer schoulescher a professionneller Orientéierung bewosst kënnen treffen, well si bis dohin den Iwwerbléck iwwer hier Kompetenzen a Preferenzen kënnen hunn.

Dofir géing an der Gesamtschoul och an Teams enseignéiert ginn, dat heescht zu e puer Enseignanten an Zesummenaarbescht mat spezialiséiertem pedagodeschem Personal dat sech ëm Schüler këmmert déi spezifesch Besoinen hunn. An der Gesamtschoul géing och effektiv a Cyclen geschafft ginn, sou wéi dat haut schon gesetzlech virgesinn ass. An an enger Gesamtschoul, ginn d’Schoulprogrammer esou ausgeschafft, dass all Schüler bis zu sengen 16 Joer kann en Abléck kréien an verschidden Fächer a souwuel theoretescht Wëssen ewéi praktesch Beruffserfahrungen sammelen. Och d’Handwierk, mat Atelieren a Stagen, wäer e wichtegen Deel vun dem Programm.

Här President,

         Mir fuerderen de Come-back vum Tronc commun als zentral Mesure géint schoulesch Inegalitéiten. Dat ass keng utopesch Fuerderung, well wéi der wësst, gouf 1979 den Tronc commun vun der LSAP-DP Regierung gesetzlech gestëmmt…mee leider nie ëmgesat – well dono koum eng CSV Regierung.

Den Tronc commun wuar deemols an der Diskussioun wéinst dem Constat dat de Schoulsystem de neien ekonomeschen an demographeschen Erausfuerderungen net méi gewuess wier. Deemols ass gesot ginn, dat mir zu Lëtzebeurg missten eis eege Matière grise unzillen an dat de sozialen Determinus muss entschäerft ginn duerch d’Bildung, virun allem duerch d’Demokratiséierung vun der Schoul.

Deemols huet déi éischt Etude iwwer déi schoulesch Ongläichheeten Welle geschloen an breed Debatten opgemaach. Haut schéngen d’Informatiounen aus dem Bildungsbericht bal kee méi ze schockéieren. Dat ass dann och den Effekt vun der Gewunnescht vum Status Quo. Iergendwéi rullt et och wann et net gutt rullt. Mat dëser Mentalitéit wëlle mir briechen.

Här President,

Natierlech ass den Tronc commun just een Aspekt vun enger gréisserer struktureller Reform vun eisem Bildungssystem. Ouni eng grondop Reform bleift de lëtzebuergeschen Schoulsystem ongerecht, oneffikass, konservativ an almoudesch. Almoudesch, well en an den 70er Joeren hänke bliwwen ass. Konservativ well trotz alle Reformen déi de Minister ënnerholl huet a senger Mandatsperiod, sech grondsätzlech näischt a punkto Ongläicheeten geännert huet.  Wat sech awer radikal geännert huet, dat ass d’Schoullandschaft. Mir hunn nieft den traditionnelle Schoulen, ëmmer méi international Schoulen. Nieft dem klasseschen Schoulsystem, huet de Minister ee parallelle Schoulsystem geschaf. Fir Schüler*Innen mat spezifesche Besoinen goufen nei Infrastrukture geschaf, déi hir Problemer aus der Schoul an d’Kompetenzzentren kënne verlageren. All Schoul huet säin Entwécklungsplang, all Lycée säi Profil a seng schoulesch Offer. Dee Lycée mat der beschter Offer, kritt déi beschte Schüler an domatt déi meeschte Moyenen fir ze funktionnéieren.

Déi grouss Changementer bestinn aus enger Zerstéckelung vun der Schoullandschaft,  engem administrativen Waasserkapp, enger Individualiséierung vun der Schoulgemeinschaft an enger Hyperspezialiséierung vun der Ausbildung. Dem Minister seng sëlleg Reformen hunn de Problem vun de schouleschen Ongläichheeten ëmgaangen. Plus ça change, plus c’est la même chose. Dat ass Konservatismus.

Här President,

Et ass un der Zäit Courage ze weisen fir eng Rei Mesuren ëmzesetzen déi um Fundament vun eisem inegalitäre Schoulsystem rappe ginn.

Mir fuerderen een vereinfachten Zougang zu der Méisproochegkeet.

D’Ofschafen vun der fréizäiteger Orientéierung an de Secondaire.

D’Aféierung vum Tronc commun.

D’Enn vun der Hierarchiséierung tëscht den Filiären.

D‘Integratioun vun para-scolairen Aktivitéiten a vun de Kompetenzzentren an der Schoul selwer.

Multiprofessionnell Teams an de Klassesäll.

Dat, Här President,  sinn vun eis, e puer konkret Mesuren fir géint déi schoulesch Ongläichheeten unzekämpfen.

Mir halen des Mesuren an enger Rei Motiounen fest, déi ech iech heimadder iwwerginn:

(Motiounen kuerz erklären)

Merci fir d’Nolauschteren.

Question parlementaire relative à l’introduction de frais de dossier pour le traitement des demandes d’admission aux programmes d’études à l’Université du Luxembourg.

Monsieur le Président,

Le 25 octobre 2021, l’Université du Luxembourg a annoncé sur son site internet l’introduction dès février 2022, de frais de dossier à hauteur de 50 € à charge des étudiant.e.s voulant soumettre leur demande d’admission dans un programme d’étude.

Selon la communication officielle de l’Université, ces frais de dossier serviraient à « contribuer à l’administration des demandes d’admission (…) ». En échange de 50 € , l’Université souhaite également « (…) assurer aux candidats une expérience d’admission positive. »

Les frais de dossier sont facturés pour chaque demande d’admission à un programme d’études pour l’année 2022-23. Le nombre de demandes d’admission est limité à trois programmes. En cas de non-admission, les frais ne sont pas remboursés.

Bien que l’Université précise que ces frais de dossier s’appliqueront à « tous les candidats étudiants », il existe de nombreuses exceptions, également mentionnées dans la communication officielle.

Partant, je voudrais par souci de clarté poser les questions suivantes à Monsieur le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche :

1. Monsieur le Ministre est-il au courant de l’introduction par l’Université du Luxembourg de frais de dossiers pour le traitement des demandes d’inscription ?

2. Existe-t-il actuellement un manque de ressources humaines ou autres moyens au niveau de l’administration universitaire pour la gestion des demandes d’inscription ?

3. Dans l’affirmative, quelles en sont les raisons ?

4. Monsieur le Ministre songe-t-il à d’autres moyens que les frais de dossier à charge des étudiant.e.s pour optimiser la gestion administrative des demandes d’inscription ?

5. Quelle part de la contribution financière de l’Etat dans l’intérêt de l’Université du Luxembourg est allouée au fonctionnement de l’administration de l’université ?

6. Monsieur le Ministre peut-il m’indiquer plus précisément les postes budgétaires de l’Université du Luxembourg vers lesquels la contribution de l’Etat a été allouée en indiquant également les montants respectifs ?

7. Monsieur le Ministre peut-il me dire à quel montant s’élèveraient les recettes générées par les frais de dossiers, selon les estimations de l’Université du Luxembourg ?

8. Monsieur le Ministre peut-il me préciser qui seront au final les élèves concernés par le paiement de frais de dossier ?

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués,

Myriam Cecchetti

Députée

La lutte contre la privatisation de l’école continue!

déi Lénk constate avec satisfaction que le ministre de l’Éducation a retiré son projet de loi sur l’ouverture des postes de direction des lycées à des candidat.e.s issu.e.s du secteur privé et qu’il a significativement amendé son projet de loi sur les postes de direction du Script (Service de coordination de la recherche et de l’innovation pédagogiques et technologiques), de l’IFEN (Institut de formation de l’éducation nationale) et du Centre de gestion informatique de l’Etat. Cette bataille contre les tentatives sournoises de privatisation de l’enseignement public a été remportée grâce à l’engagement des enseignant.e.s et des syndicats. 

Mais la lutte n’est pas terminée. En effet, les GAFAM ont envahi les salles de classes. Ils fournissent tablettes, logiciels et matériel didactique aux enseignant.e.s et aux élèves sur commande du Ministère de l’Education nationale. Peu à peu et en toute discrétion, l’Education nationale s’est transformée en marché extrêmement rentable pour les entreprises de la Silicon Valley qui y tiennent le quasi-monopole avec leurs tablettes, ordinateurs, licences de logiciels et matériel didactique. Au Luxembourg comme ailleurs, l’école publique est devenue le terrain de jeu et d’expérimentation de multinationales peu scrupuleuses qui n’attendaient qu’une telle occasion pour s’alourdir les poches et étendre leur pouvoir. 

L’école n’est plus cette institution universaliste où l’on formait les citoyen.ne.s, mais est devenue l’antichambre d’un marché du travail féroce et avide de chair à canon. Il est temps que les pouvoirs publics reconquièrent l’école en éloignant les acteurs de l’économie privée qui tentent de transformer l’école en un prestataire de service qui doit se plier aux intérêts économiques.

Communiqué par la sensibilité politique déi Lénk

Question parlementaire sur les conditions de travail de personnel éducatif et psychosocial

Monsieur le Président,

Le 8 décembre 2020, les cinq syndicats et délégations du personnel éducatif et psychosocial de l’enseignement ont réagi par une lettre ouverte à l’annulation par le Ministre de l’Education nationale d’une entrevue apparemment attendue depuis longtemps.

Dans ce document, les syndicats et délégations en question exhortent également le Ministre à retirer jusqu’au 15 décembre 2020, les notes ministérielles de juillet 2020 relatives à la réglementation des conditions de travail du personnel éducatif et psychosocial dans le contexte de la crise sanitaire. Ces notes prévoient notamment 44 heures hebdomadaires obligatoires à assurer par le personnel en question. Un avis juridique commandité par les représentations du personnel éducatif et psycho-social indique la non-conformité de cette mesure avec le droit du travail luxembourgeois et le statut du personnel enseignant en question.

Partant, je voudrais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre :

1. Monsieur le Ministre est-il prêt à considérer l’avis juridique commandité par les syndicats et délégations du personnel éducatif et psychosocial ?

2. Dans l’affirmative, Monsieur le Ministre est-il prêt à retirer les notes susmentionnées conformément à la demande des syndicats et délégations du personnel éducatif et psychosocial ?

3. Dans la négative, Monsieur le Ministre a-t-il l’intention de faire part de sa décision aux syndicats et délégations concernées dans les meilleurs délais ?

4. Monsieur le Ministre leur a-t-il entretemps communiqué une nouvelle date d’entrevue  ?

Veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de mes sentiments distingués,

David Wagner,

Député

Question parlementaire relative aux postes de direction dans les lycées

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 83 du Règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Monsieur le Ministre de l’Education nationale.

Selon mes informations, un grand nombre de directeurs et, surtout, de directeurs adjoints de lycées et de services du MENJE ont démissionné de leurs postes ces dernières années. Il s’agirait, entre autres, des :

Directeurs du SCRIPT et du Lycée Hôtelier Alexis Heck ainsi que des directeurs adjoints des lycées et écoles suivants :

– Lycée de Garçons de Luxembourg (LGL)

– Lycée Technique d’Esch-sur-Alzette

– Atert Lycée Réiden (ALR)

– Lënster Lycée International School (LLIS)

– Ecole Nationale pour Adultes (ENAD)

– Lycée Michel Rodange Luxembourg (LMRL)

– Lycée des Arts et Métiers (LAM)

– Lycée Technique de Bonnevoie (LTB)

– Lycée Michel Lucius (LML)

D’autres, tels les directeurs adjoints de l’Ecole de Commerce et de Gestion et du Lycée Classique d’Echternach ont été intégrés dans les services du MENJE, sans pour autant avoir démissionné de leur poste.

De plus, le service de la formation professionnelle a connu 3 directeurs différents en un espace de temps assez court avec en plus au moins un directeur adjoint qui a démissionné de son poste et une directrice adjointe dont le mandat n’aurait pas été prolongé par le gouvernement.

Ce nombre important de démissions et de changements de service de membres de direction depuis 2014 m’interpelle. Par conséquent, j’aimerais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre :

1) Monsieur le Ministre peut-il confirmer les démissions et changements de service énumérés ci-dessus?

2) Peut-il me fournir les causes qui ont mené à ces démissions et changements de service ?

3) Monsieur le Ministre peut-il me fournir une liste détaillée de toutes les démissions de directeurs et de directeurs adjoints et des chargés de direction depuis 2014, comprenant tous les lycées, écoles et services concernés (donc également les directions de l’enseignement fondamental et celles des centres de compétences) avec une énumération des causes qui ont mené à ces démissions ?

4) Monsieur le Ministre peut-il me fournir la même liste pour la période de 2004 à 2013 ? 

Il m’a également été rapporté que certains de ces fonctionnaires ont réintégré d’autres directions de lycées, tel par exemple l’ancienne directrice adjointe du LTB qui est devenue attachée à la direction au LLIS, ou l’ancien directeur adjoint du AR qui lui aussi a intégré la direction du LLIS.

5) Etant donné que Monsieur le Ministre affirme ne plus trouver de personnel adéquat pour occuper les postes de direction dans ses services et les lycées, j’aimerais savoir s’il n’aurait pas considéré de procéder à une politique volontariste et de contacter les fonctionnaires démissionnaires mais disposant manifestement d’une grande expérience en la matière, pour, à l’instar de ce qui se passe au LLIS, les intégrer dans des directions d’autres lycées et services ?

Avec mes salutations respectueuses,

David Wagner

Député

Le rêve de Claude Meisch : L’école publique dirigée par des entrepreneurs.

En toute discrétion, le Ministre de l’Education Nationale a déposé deux projets de loi qui l’aideront à parfaire le processus de privatisation de l’école publique qu’il a enclenché depuis qu’il est en mandat.

Ces projets de loi (7658 et 7662 ) visent entre autres, l’ouverture de postes directions auprès du Service de coordination de la recherche et de l’innovation pédagogiques et technologiques (SCRIPT) et de l’Institut de Formation de l’Education nationale (IFEN), du Centre de Gestion Informatique de l’Etat (CGIE) ainsi que de plusieurs lycées spécialisés à des candidat.e.s issu.e.s du secteur privé et du monde de l’entreprise.

Ainsi, ces nouvelles recrues deviendraient les supérieurs hiérarchiques de tout un ensemble de fonctionnaires et employé.e.s de l’Etat bien qu’eux-mêmes n’aient pas eu à faire leurs preuves et à monter les échelons de la carrière de la fonction publique que ce soit dans l’administration ou dans l’enseignement. Exempts de toutes les exigences en matière de compétences linguistiques et de formations propres à l’accès aux carrières de la fonction publique, ceux.celles-ci pourraient pourtant diriger des institutions, administrations et services clés du Ministère de l’Education Nationale. Même si leurs intentions pourront être bonnes, il n’en reste pas moins que leur nomination à ces postes clés signifierait une insulte infligée à celles et ceux des carrières supérieures de l’Etat dont on a exigé jusqu’à présent des preuves de compétences et d’expériences qui, au final, ne les qualifient même plus pour accéder à ces postes de direction.

Si ces lois passent, le plus grand affront est de loin fait aux enseignant.e.s de la carrière supérieure, mais aussi aux futurs enseignant.e.s, à celles et ceux qui commencent leur formation universitaire, leur stage ou même tout juste leur première année en tant que professeur.e assermenté.e. A quoi bon entamer de longues études en sciences de l’éducation et passer ensuite une évaluation de stage intransigeante en matière de compétences linguistiques, puis enseigner à des élèves pas toujours arrangeants, si c’est pour être au final écarté de postes à responsabilité de l’Education nationale en faveur de quelques arrivistes et académiciens du secteur privé ? En effet, en nommant aux postes de direction du SCRIPT qui développe les programmes scolaires et pédagogiques et de l’IIFEN qui forme en fait les enseignants, des personnes pouvant être issues du secteur privé et n’ayant pas à faire preuve de 5 années d’expériences dans l’enseignement, donc ne bénéficiant pas de compétences pédagogiques, le Ministre fait passer le message que ni le système de l’enseignement luxembourgeois, ni l’Institut national d’administration publique (INAP) ne parviendraient à produire des candidat.e.s suffisamment doté.e.s en compétences requises pour diriger les institutions dont ils sont en partie issu.e.s. Si tel était le cas, le Ministre devrait davantage se consacrer  à la formation continue des enseignants-fonctionnaires.

Mais il y a aussi un autre scénario qui se dessine avec l’application des projets de loi 7658 et 7662. Ce sont l’implantation de l’esprit managérial au sein de l’Education nationale et la transformation des établissements scolaires et services ressources du Ministère en entreprises qui sont visées par Claude Meisch. On peut même craindre un certain népotisme de la part du Ministre qui pourra aisément placer ses favoris à des postes de haute responsabilité au sein de l’Education Nationale.

S’y ajoute que ces lois constituent la privatisation rampante de l’enseignement public. En effet, les personnes issues du secteur privé ont une vision de la société qui ne correspond pas aux missions d’un enseignement public de qualité dont le but est de préparer nos jeunes à être des citoyen.ne.s responsables au sein de sociétés de plus en plus en complexes et non de formater les têtes afin qu’elles répondent aux besoins de l’économie.

déi Lénk ne manquera pas de s’opposer à ces projets de loi. Ce n’est pas tant l’avenir de la fonction publique qui est en jeu que l’avenir de l’Education Nationale comme service publique à l’abri des intérêts privés et commerciaux. Après des réformes permettant la spécialisation et partant la hiérarchisation des profils des lycées, puis avec leur autonomie financière et la multiplication d’écoles internationales publiques achetant leurs programmes scolaires auprès de multinationales, on peut dire que le ministre Claude Meisch est bien lancé pour saper l’école publique.

Communiqué par déi Lénk

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