Question urgente relative à la grève des femmes*du 08 mars 2022.

Monsieur le Président,

La plateforme JIF (Journée Internationale de lutte pour les droits des Femmes) organise depuis 2020 la grève des femmes qui a lieu le 8 mars, date historique qui représente la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes et qui mobilise des centaines de milliers de personnes, femmes, personnes LGBTQI* et hommes solidaires dans les grandes villes du monde entier. Or, il se trouve que cette année la grève des femmes* ne pourra pas avoir lieu dans les conditions habituelles.  La mairie de Luxembourg-Ville a fait entendre aux organisatrices de la grève des femmes* que leur manifestation devrait se dérouler dans le périmètre prévu entre le Glacis et le Kirchberg.

Dans la mesure, où la grève des femmes est prévue dans un mois et que cela implique un important travail organisationnel, les membres de la JIF auront besoin d’une réponse claire concernant leur droit de manifester sur le parcours qui a été indiqué dans leur demande d’autorisation de manifester à la mairie de Luxembourg-Ville, c’est-à-dire avec un départ prévu à la Gare de Luxembourg-Ville à 17h, en passant par l’avenue de la Liberté jusqu’à la Place d’Armes.

Au moment de l’annonce de l’établissement d’un périmètre de manifestation, il s’agissait d’une mesure de sécurité mise en place pour prévenir les atteintes à l’ordre public de groupes de manifestants, pour la plupart des hommes, ayant saccagé le marché de Noël et souillé des monuments historiques tels que la Gëlle Fra par leurs propos antisémites.

Monsieur le Premier Ministre affirmait alors à la Chambre des Députés, nous citons «Il ne faut pas qu’une minorité ne respecte pas le droit de manifester et agisse dans la violence. La démocratie ne se mettra pas à genoux face à un groupe violent!».

Or il se trouve qu’aujourd’hui, la JIF en tant qu’organisation est mis sur le même pied que « (cette) minorité (qui) ne respecte pas le droit de manifester et agi(t) dans la violence. », pour reprendre les paroles de Monsieur le Premier Ministre. De la même manière, le périmètre de manifestation serait devenu la norme pour toutes les manifestations depuis le 7 décembre 2021, date à laquelle cette nouvelle mesure a été annoncée à la Chambre des Députés.

Partant, nous prions Messieurs les Ministres de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

1. Considérez-vous que la grève des femmes* et leur manifestant.e.s représentent un danger d’atteinte à l’ordre public ?

2. Dans la négative comment justifiez-vous leur renvoi au périmètre de manifestation ? La possibilité que la grève des femmes* ait lieu cette année sur le parcours de manifestation demandée est-elle totalement exclue ? Veuillez préciser pourquoi.

3. Quelle est actuellement la base légale en vigueur pour déterminer le renvoi de toutes les manifestations déclarées à la mairie de Luxembourg-Ville au périmètre de manifestation? Jusqu’à quand ces règles seront-elles en vigueur ?

4. N’existe-t-il pas un moyen de traiter au cas par cas les demandes d’autorisation de manifester faites auprès de la mairie de Luxembourg-Ville, pour ainsi ne pas compromettre le droit démocratique fondamental de manifester de celles et ceux qui ne sont pas à considérer comme une menace potentielle pour l’ordre public, ni aut.eur.ices de violences ?

Veuillez-agréer, Monsieur le Président, nos salutations distinguées,

Myriam Cecchetti         Nathalie Oberweis

Députée                       Députée

La mobilité pour tous: défendre le service public ferrovaire!

Depuis hier matin les cheminot(e)s français(e)s continuent leur mobilisation pour la défense du service public ferroviaire en France. Leur lutte contre la privatisation des chemins de fer, la suppression de lignes moins rentables et la destruction de leurs droits aquis s’inscrit dans un contexte européen qui nous concerne tous: en France, au Luxembourg et ailleurs en Europe.

Selon les premières indications données, près de la moitié des personnels de la SNCF s’est déclarée grêviste pour ces 3 et 4 avril. La mobilisation a ainsi pris une ampleur historique et s’annonce plus importante encore que la grève des cheminots contre le plan Juppé en 1995.

Les cheminot(e)s français(es) se battent contre la libéralisation du rail déjà entamée en 2001 au niveau européen avec le premier des quatre paquets ferroviaires adoptés jusqu’ici (le quatrième datant de 2016). Ces directives imposent aux pays européens d’ouvrir à la concurrence leurs réseaux de transport ferroviaire et de gérer les entreprises des chemins de fer selon des principes qui s’appliquent aux sociétés commerciales. En Grande-Bretagne le service ferroviaire a déjà été privatisé. Les conséquences sont catastrophiques, la ponctualité des trains s’élève à 20%, les prix des tickets de transport flambent en même temps que les salaires des cheminots baissent. Ces derniers ont démarré la lutte pour la renationalisation du rail. On se demande pourquoi la France veut à tout prix emprunter le chemin inverse.

Avec la réforme annoncée de la SNCF le gouvernement d’Emmanuel Macron tente de forcer ces mesures et de détruire ce qui reste du service public ferroviaire français. Cette offensive se fait sur le dos des personnels de la SNCF et des usagers qui seront tôt ou tard confrontés à des suppressions de lignes non rentables, à des prix toujours plus élevés et à une baisse de la qualité et de la sécurité du service.

Les effets de ces mesures se feront également sentir par les cheminots et les usagers au Luxembourg. Le réseau ferroviaire luxemborgeois est fortement interconnecté et la mobilité dans la Grande Région repose sur la coopération efficace entre les quatre pays concernés. Si demain la SNCF décidait de changer sa tarification ou de supprimer une ligne, les usagers dans la Grande Région et surtout les frontaliers en payeraient le prix, sans parler des bouleversements qu’un tel développement produirait dans le secteur du transport luxembourgeois.

La casse du service public ne s’arrête d’ailleurs pas à la frontière franco-luxembourgeoise. En effet, les travailleu(ses)rs de LuxTram S.A. se retrouvent déjà actuellement dans un statut privé, contrairement aux chauffeu(ses)rs de bus AVL et des agents de la CFL. Ils sont donc beaucoup moins bien rémunérés que leurs camarades de l’AVL, du TICE et de la CFL et se retrouvent dans des conditions de travail indécentes. déi Lénk ne demande rien d’autre que les mêmes conditions de travail pour les travailleurs du Tram dont bénéficient, à juste titre, les salarié(e)s des autres moyens de transport publics.

déi Lenk soutient la grève des cheminotes et cheminots français(es) et fait appel à une large solidarisation avec la lutte des salariées et salariés du secteur du transport en France, au Luxembourg et partout en Europe.

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