Elections en Grèce – la lutte du peuple grec contre l’austérité continue.

Les élections grecques du 20 septembre ont été gagnées par Syriza et son dirigeant Alexis Tsipras. déi Lénk se réjouit que les électeurs de gauche se soient mobilisés pour barrer la route au retour des partis traditionnels, avant tout la Nouvelle Démocratie. Ils ont sans doute aussi estimé que le mémorandum accepté par Syriza serait appliqué de manière moins brutale par cette dernière que par un gouvernement de droite.

La situation économique, sociale, quotidienne du peuple grec reste dramatique et les nouvelles mesures d’austérité exigées par les institutions européennes vont commencer à causer leurs effets néfastes. déi Lénk continuera à soutenir toutes les luttes du peuple grec contre l’austérité et le troisième mémorandum.

Le troisième « plan de sauvetage », comme les deux premiers, au lieu d’alléger le poids de la dette, va certainement l’augmenter. Aucune issue positive de la crise grecque n’est possible sans des mesures pour réduire substantiellement le fardeau de la dette. La responsabilité en incombe à l’Union européenne et à ses Etats membres. Dans ce cadre le Luxembourg, assurant actuellement la présidence de l’UE, joue un rôle clef. Nous exigeons donc que notre gouvernement prenne d’urgence une initiative pour la réduction de la dette grecque.

Lettre ouverte au gouvernement à propos de la crise grecque

A l’attention de:

Monsieur Xavier BETTEL, Premier Ministre, Ministre d’Etat

Monsieur Jean ASSELBORN, Ministre des Affaires étrangères et européennes

Monsieur Pierre GRAMEGNA, Ministre des Finances

 

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes,

Monsieur le Ministre des Finances,

Nous nous adressons à vous, en votre qualité de représentants luxembourgeois engagés au premier plan lors des négociations sur l’avenir de la Grèce au sein de la zone euro.

Devant les yeux sidérés de l’opinion publique européenne se déroule actuellement ce qu’on appelle un “bras de fer” entre ceux qui sont perçus comme les gardiens du temple de l’orthodoxie financière et les représentants de tout un peuple qui ont été élus pour mettre un terme à une austérité cruelle, découlant des charges qui lui ont été imposées, tout en affirmant vouloir négocier le remboursement de la dette en le liant à une amélioration de la situation économique et sociale.

Nous pensons que les gouvernements de chaque pays portent une responsabilité vis-à-vis de leurs populations respectives dans ce débat sur l’avenir de l’Europe – car il s’agit de cela et non seulement de la Grèce – et ne doivent pas se cacher derrière un programme technocratique qui a fait faillite et dont rien, dans les textes, ne dit qu’il doit rester gravé dans le marbre.

L’Eurogroupe, par son scandaleux “ultimatum” imposé à un peuple, le prenant en otage, s’est de toute évidence retranché pour l’instant sur la position la plus dure, celle du Ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, alors que, d’après le gouvernement grec, d’autres possibilités auraient existé, laissant la dignité et la liberté de gouverner au nouveau Gouvernement.

Si cela était vrai, cela signifierait que la démocratie devrait s’incliner devant ce qui a été une fois décidé, sous la pression, et que des changements ne seraient pas possibles dans le cadre de l’union monétaire dans le sens d’une plus grande justice redistributive.

Nous pensons, Messieurs, que le Luxembourg, qui doit beaucoup, dans l’après-guerre, à la solidarité européenne, ne devrait pas être en cette heure du côté de ceux qui, comme notamment les dirigeants allemands actuels, défendent les intérêts des banques et des riches créanciers en Europe.

Nous estimons que la population du Luxembourg est en droit de connaître la position du Gouvernement luxembourgeois face à la crise grecque et nous attendons de lui qu’il exprime clairement comment il veut contribuer à sa résolution, notamment au niveau de la coopération économique bilaterale et de l’aide concrète contre l’évasion fiscale via le Luxembourg et sa place financière par des entreprises et des personnes physiques grecques. Nous pensons également que le Gouvernement luxembourgeois doit exprimer son opinion à propos des politiques d’austérité décidées pour la Grèce, et exprimer clairement si la Grèce doit continuer à appliquer ces politiques ou si elle peut changer de cap comme le souhaite le Gouvernement grec.

L’avenir de l’Europe est aussi entre vos mains!

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, nos sentiments distingués.

Serge Urbany
Justin Turpel

 

Grèce – déi Lénk interpelle le Gouvernement

Monsieur le Premier Ministre,

Chers membres du Gouvernement,

Lors de la réunion de l’Eurogroup ce mercredi 11 février et du Sommet européen le 12 et 13 février, les ministres des Finances de la zone euro ainsi que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne prendront des décisions cruciales pour l’avenir de la Grèce en particulier et de toute l’Union européenne en général.

Le 25 janvier, le peuple grec a exprimé dans les urnes sa volonté de rompre avec les politiques austéritaires que lui ont imposés la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

Ces politiques se sont soldées par un cuisant échec : la dette grecque n’a cessé de croître pour dépasser les 175 % du PIB, ce dernier ayant chuté de 25 %, le chômage a atteint 25 % de la population active (dont 50 % des jeunes) et la pauvreté touche 3 millions de personnes sur une population totale de 10 millions.

Au Luxembourg, un appel lancé par la société civile dépassant les clivages partisans se prononce en faveur d’un moratoire sur le remboursement de la dette grecque ainsi que l’arrêt des politiques d’austérité et de privatisations qui ne font qu’asphyxier davantage l’économie grecque.

Dans toute l’Europe, y compris au Luxembourg, une grande partie de la population a manifesté son enthousiasme face au choix des Grecs et des Grecques. Si la Grèce fait partie des pays européens qui ont le plus durement éprouvé les mesures austéritaires, il ne fait aucun doute que ces mesures, où qu’elles soient pratiquées et quelles que soit leur ampleur, sont de plus en plus rejetées par l’ensemble des peuples de l’Union européenne.

Vous n’êtes pas sans savoir que les « aides » accordées à la Grèce ont prioritairement servi le service de la dette envers ses créanciers banquiers, qui se sont ainsi enrichis avec l’argent des contribuables européens.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, l’a rappelé une nouvelle fois devant les députés grecs ce dimanche : son gouvernement ne reviendra pas sur son refus de continuer ces politiques mortifères.

De l’autre côté, la Banque centrale européenne n’a pas hésité à intervenir politiquement en menaçant la Grèce de mettre un terme prématuré aux aides accordées.

A Berlin, le gouvernement Merkel s’est montré inflexible malgré les remontrances croissantes de la communauté internationale.

A ce jour, nous ne connaissons pas encore la position du gouvernement luxembourgeois face à la question de la restructuration de la dette grecque, ni des politiques d’austérité qui lui sont imposées.

Nous estimons que le peuple du Luxembourg est en droit de connaître la position que son gouvernement entend défendre au niveau des instances européennes.

Nous appelons également le gouvernement du Luxembourg à soutenir le gouvernement grec dans sa volonté de mettre fin à l’austérité et à restructurer sa dette.

Vous faites face à l’Histoire de l’Europe, ne vous trompez pas de bord.

 

Pour déi Lénk,

Le Bureau de Coordination.

Syriza : l’antifascisme concret

Il manquait donc deux sièges à Syriza pour obtenir la majorité absolue à la Vouli, le parlement grec. Il lui fallut donc trouver un partenaire de coalition. Le choix fut rapide : il se porta sur l’Anel, qui a obtenu un seul portefeuille, celui de la Défense. Il n’est pas étonnant que ce choix en choqua plus d’un. L’Anel est en effet réactionnaire, mis à part son approche de la question de la dette, contrairement à To Potami et aux restes du Pasok et c’est sur ce point que Syriza et l’Anel se sont mis d’accord. Une collaboration avec des partis économiquement libéraux aurait donc hypothéqué dès le début la réalisation de la promesse électorale fondamentale de Syriza. Quant au KKE (parti communiste grec), il fait encore preuve d’un tel sectarisme ultrastalinien qu’il refuse tout contact avec Syriza.

Faut-il rappeler l’enjeu des élections, à savoir la question de la dette ? Il faut être clair : sans règlement de la dette, sans sortie de la logique de la Troïka, rien n’est possible. C’est la priorité absolue, dans un contexte de crise humanitaire catastrophique. Il s’agit prioritairement de sortir la Grèce de l’extrême droite économique, celle de la violence sociale exercée par les dominants sur les dominés.

Cette alliance signifie-t-elle que la Grèce ouvrirait grandes les portes à un tournant réactionnaire ? Pas du tout. Au contraire, même.

A l’heure où nous écrivons, Tasia Christodoulopoulou, une des figures de la défense des droits humains, a été nommée au poste de secrétaire d’Etat pour les immigrés. Le problème du traitement inhumain des réfugiés a toujours été un axe central des préoccupations de Syriza. Et il le reste, en témoigne cette nomination qui augure une politique humaine qu’aucun gouvernement grec (y compris socialiste) n’a jusqu’à présent osé mener. Sa première mesure déclarée sera d’ailleurs d’accorder la nationalité grecque aux enfants d’immigrés.

Concernant la « menace fasciste » : les politiques violentes que les gouvernements conservateurs et socialistes ont mises en œuvre, imposées par les instances de l’UE, ont achevé de détruire les liens sociaux faisant s’engouffrer le tiers de la population dans la pauvreté avec la perspective d’une aggravation. Un terreau idéal pour les fascistes, notamment ceux d’Aube dorée, qui est passé de groupuscule néonazi à une des principales forces politiques du pays. Une formation qui s’est notamment distinguée par l’agression physique de nos camarades de Syriza, parfois jusqu’à la mort. Le centre-droit et le centre-gauche ont permis à Aube Dorée de progresser. Syriza a mis fin à cette progression. Devant ces faits, les sociaux-libéraux et aux autres sociaux-démocrates devraient faire preuve d’un peu plus d’humilité.

Les socialistes paniquent et on peut les comprendre : une réussite de Syriza, à savoir l’amélioration des conditions de vie de la Grèce ainsi que le redressement de son économie, constitueraient un désaveu cinglant des politiques qu’ils ont menées jusqu’à présent. On comprend donc qu’ils se réfugient dans un antifascisme verbal bien tardif. Ils sont aux commandes à Paris, Rome et Berlin. Sont-ils sérieux quand ils affirment lutter contre l’austérité ? Syriza leur donnera l’occasion de passer des paroles aux actes dans les semaines à venir. Cela concerne aussi le LSAP, notamment lors de la présidence européenne. Les antifascistes sérieux combattent le fascisme en luttant contre le libéralisme économique et les injustices sociales et non pas en agitant des menaces factices, vu les rapports de force au sein du gouvernement . Syriza a besoin de notre solidarité. Le renouveau social et démocratique qu’ils mettent en place constitue le meilleur rempart contre l’extrême droite. Tsipras n’est pas Héraclès. Il ne nettoiera pas les écuries d’Augias en une seule journée. Mais ils peuvent donner un coup de main, au lieu de pointer du doigt les immondices qu’ils lui ont léguées.

David Wagner est porte-parole de déi Lénk

Interview with Alexis Tsipras

DEI LENK: Greece is facing a serious socio-economic crisis while the austerity plan is intensifying. What are the measures proposed by SYRIZA, to put an end to this deadly spiral?

You are absolutely right that the failure of Greece’s austerity package, encoded as “Memorandum”, will bring a new one and even heavier. Our party is committed to cancel the Memoranda of austerity and recession. We will negotiate a new and different loan agreement with our creditors, aiming to stop the destructive austerity and bring about a real and sustainable reduction of national public debt, which is unsustainable and out of control.
We have elaborated a national plan for economic, social and environmental reconstruction to replace the Memorandum of austerity. It will exit Greece from the economic and social crisis and create the conditions for a new and sustainable model of development.

That plan has three pillars:

First pillar: Stabilising the economy. To this end, we will focus on the side of public revenues: we will eliminate tax evasion, reduce tax rates on low and middle classes and increase taxation on the oligarchy. That would stimulate internal demand and help the economy recover.

Second pillar: Averting the humanitarian crisis. To this end, we will implement emergency measures of social protection for people of low income and those living below the poverty line.

Third pillar: Reorganising the productive base and developing the comparative advantages of the economy.

DEI LENK: In order that these measures should be effective, should they have to be applied to other European countries as well, or even to the EU as a whole?

From the onset of the crisis, SYRIZA has taken the position that Greece’s public debt crisis was not a national exception, but, instead the earlier manifestation of Eurozone’s collective debt problem. Viewed from that angle, a European problem requires a European solution. To this end, part of the new loan agreement with the country’s creditors that a SYRIZA government would negotiate is calling a European Debt Conference to reach a collective and sustainable solution to the problem. In SYRIZA’s European strategy, that solution would serve as a springboard for Europe’s sustainable recovery and growth.

Of course, this is our political preference and first choice. If rejected by our partners, we will then work towards a solution at the national level.

DEI LENK: The European Left Party will hold its next congress in December 2013. The refoundation of the EU remains as an issue? How will you achieve this?

The European Left party is fighting to shift the correlation of political forces in Europe with a view to emancipating Europe from neo-liberal consensus, along with the peoples of Europe in the anti-austerity and social movements.

In Greece, SYRIZA has made a big and irreversible step to power for the people, with the people. The victory of SYRIZA in the next elections will be a victory for all people of Europe and will trigger successive political and social power shifts in the European level.

We are thus steadily laying the ground to Europe’s refoundation. By putting forward collective and coordinated progressive policies to exit the crisis, focused on social, ecological and socially cohesive growth, that will create new and sustainable jobs with decent wages and salaries.

By repositioning the role of banks in the service of the economy and society – not of the voracious hedge funds and other levers of casino -capitalism.
We demand more democracy in Europe, with popular participation in the decision making process. We demand Europe.
A new Europe, our own Europe, is realistic and possible.

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