Contrôle radar : la mobilisation a porté ses fruits !

Le ministre François Bausch a annoncé aujourd’hui à la Commission du Développement Durable vouloir abandonner le projet de délocalisation du contrôle d’approche de l’aéroport. déi Lénk salue cette décision et félicite les syndicats pour leur mobilisation qui a finalement été couronnée de succès.

Le contrôle d’approche à l’aéroport de Luxembourg est actuellement géré par l’ANA (Administration de la Navigation Aérienne). Le gouvernement avait l’intention de l’attribuer à un prestataire étranger, Belgocontrol ou bien la DSF (« Deutsche Flugsicherheit »).

« C’est avec satisfaction que nous prenons acte de la décision du ministre de revenir sur ses projets de délocalisation. L’ANA a toujours accompli sa tâche à l’entière satisfaction de tous les acteurs », a déclaré notre député David Wagner.

Le projet de François Bausch avait suscité de vives réactions auprès des syndicats qui lui reprochaient de mettre en péril le bon fonctionnement du contrôle d’approche et de brader une fonction de souveraineté nationale.

déi Lénk s’était opposé dès les débuts à cette délocalisation et a soutenu activement la lutte des syndicats. « Il s’agit d’une victoire de la mobilisation syndicale et de la preuve qu’une lutte n’est jamais vaine », conclut David Wagner.

 

 

Question parlementaire au sujet des infractions du code du travail constatées par l’ITM auprès de la Société de l’Aéroport de Luxembourg S.A. (Lux-Airport)

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir  transmettre à Monsieur le Ministre du Développement durable et des Infrastructures ainsi qu’au  Ministre du Travail et de l’Emploi la question parlementaire suivante:

Dans un rapport du 29 août 2013, l’Inspection du Travail et des Mines vient à la conclusion que, chez Lux-Airport, il y a eu « infractions aux dispositions des articles L.233-9 et L.233-10 du Code du Travail ». Lux-Airport se rendrait coupable d’un non-respect de la réglementation des congés. Ainsi, l’ITM confirme les accusations du syndicat OGBL adressées, en date du 19 août 2013, à l’ITM, au Ministre du Développement durable et des Infrastructure et au Ministre du Travail et de l’Emploi. Dans son courrier, l’OGBL précise encore que cette situation intenable serait due à un sous-effectif flagrant et chronique. Suivant la délégation du personnel de Lux-Airport, il faudrait embaucher d’urgence 35 personnes pour que la société puisse fonctionner de manière légale. Suivant des articles de presse parus les derniers jours, Lux-Airport aurait davantage recours à des travailleurs intérimaires et des travailleurs engagés sous contrat à durée déterminée au lieu d’embaucher du personnel à titre définitif. Toujours selon des articles de presse, dans le département de la sûreté de Lux-Airport, le taux de travailleurs intérimaires et de travailleurs sous CDD serait supérieur à un tiers.

Considérant que Lux-Airport est une société dont l’unique actionnaire est l’Etat luxembourgeois, et que par conséquent cette société devait donner l’exemple en matière de droits du personnel, j’aimerais savoir:

– Quelles sont les mesures que le gouvernement entend entreprendre pour remédier à la situation illégale constatée par l’ITM ?
– Le gouvernement met-il à disposition de Lux-Airport les moyens financiers suffisants permettant le recrutement de salariés sous contrat à durée indéterminée ?
– Considérant qu’après la réunion du Comité de Conjoncture du 28 août 2013, le gouvernement est venu à la conclusion que le recours à des travailleurs sous CDD et le travail intérimaire favorisent le chômage, prévoit-il, dans ce contexte, un changement de politique dans les sociétés où il est actionnaire, respectivement dans celles qui lui appartiennent entièrement, comme Lux-Airport ?
– Le gouvernement envisage-t-il d’offrir une formation adéquate à des demandeurs d’emploi inscrits à l’ADEM, en vue de leur donner une perspective d’emploi auprès de Lux-Airport ?
– Le gouvernement est-il d’avis que des activités rentrant dans le domaine de la souveraineté nationale devraient continuer d’être exercées par des compagnies de gardiennage privées, tel qu’il est le cas chez Lux-Airport ?

En vous remerciant d’avance, Monsieur le Président, ainsi que Madame la Ministre et Monsieur le Ministre, je vous prie d’accepter l’expression de ma parfaite considération.

Serge Urbany

Lettre du député Serge Urbany au Président de la Chambre des députés

Monsieur le Président,

Dans un article du « Lëtzebuerger Land » de ce jour, de graves reproches sont adressés au Gouvernement. Celui-ci est accusé en conclusion d’être « allé brader par paquet de trois aux émirs du Qatars des fleurons de l’industrie luxembourgeoise. Il faut maintenant rendre des comptes ».

On peut résumer ainsi la trame des accusations :

– Lors des accords de 2011 entre le Luxembourg et l’Emirat du Qatar il aurait été promis une vente de 35% des parts de Cargolux à Qatar Airways pour le montant de 117,5 millions.

– Comme d’un côté les actionnaires privés d’alors de Cargolux (BIP, Luxempart) auraient jugé par après ce prix largement insuffisant et auraient refusé de vendre leurs parts pour ce prix, mais que d’un autre côté M. Frieden se serait engagé de façon non révocable pour ce prix, il aurait été procédé à un montage financier occulte lors duquel les investisseurs privés auraient reçu un prix disproportionné par rapport à la valeur de leurs propres parts dans Cargolux au détriment des investisseurs publics et parapublics qui se seraient vus lésés pour leurs parts.

– Le montage financier aurait été effectué non seulement pour cacher ce traitement privilégié des actionnaires privés à la population, soumise à une politique d’austérité, mais aussi à la Commission européenne qui n’aurait pas manqué de considérer cet avantage sans contre-partie économique comme une aide de l’Etat illicite.

– Déjà en décembre 2009 les statuts de Cargolux auraient d’ailleurs privilégié les actionnaires privés « comme si, implicitement, on avait préparé le lit aux actionnaires privés, en leur offrant de manière anticipée une sorte de primauté dans le droit de sortie du capital de Cargolux. » L’article en question ne fait cependant pas mention du contenu de l’ »accord de portage » conclu la même année pour l’achat des anciennes parts de la Swissair et surtout pas du donneur d’ordre occulte de cet accord qui pourrait déjà avoir été l’Etat du Qatar.

Au vu de ces accusations très graves de bradage de l’intérêt public, d’abord en faveur d’investisseurs qataris, ensuite en faveur des anciens actionnaires privés de Cargolux, je vous demande de convoquer le Parlement pour obliger le Gouvernement à rendre compte de l’intégralité des accord conclus avec le Qatar et en particulier des accords conclus dans le secteur de l’aviation (Cargolux et Luxair). Je demande que tous les accords soient soumis au Parlement.

Je demande en particulier que ma demande d’interpellation sur le même sujet soit traitée lors de ce débat public. Je formulerai aussi à cette occasion une demande de mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, car je considère que cette affaire qui, devant le refus permanent de communiquer du Gouvernement vis-à-vis des députés élus, ne progresse que par les enquêtes de la presse, est en train de prendre les allures d’une véritable affaire d’Etat dépassant de loin l’affaire Wickréng-Léiweng.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma parfaite considération.

Serge URBANY

demande d’interpellation de Serge Urbany – relations Luxembourg-Qatar

Exposé de l’interpellation de Serge Urbany, 19 décembre 2012

Texte de l’interpellation, 10 septembre 2012

adressé à Monsieur Laurent MOSAR
Président de la Chambre des Députés
LUXEMBOURG

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de vous informer que, conformément à l’article 88 du Règlement de la Chambre des Députés, je désire interpeller le Gouvernement au sujet de la nature des relations d’affaires entre le Grand-Duché de Luxembourg et l’Emirat du Qatar et ses conséquences sur la structure économique et l’indépendance du pays.

Je désire notamment avoir des réponses concrètes aux questions suivantes :

Quel est le paquet d’ensemble négocié entre 2009 et 2011 quant aux différents secteurs de l’économie concernés (Cargolux, BIL, KBL, SES, autres ?) avec l’Emirat du Qatar, respectivement ses agences ou fonds d’investissement ?

Est-ce sur base d’un accord exclusif qu’en septembre 2011 il n’y a pas eu d’appel d’offre pour le reprise de la BIL et qu’un fonds d’investissement qatari a été le seul interlocuteur, faisant ainsi baisser fortement le prix de vente, alors que parallèlement le Luxembourg a dû prendre des engagements exorbitants pour garantir la « bad bank » de la Dexia?

Ne peut-on tirer ici un parallèle avec la reprise des actions de la CARGOLUX par le même fonds qatari, sans appel d’offre non plus, suite à un « accord de portage » qui présuppose toujours un donneur d’ordre occulte ? Le donneur d’ordre n’était-il pas constitué par les mêmes autorités ou fonds d’investissement?

Quelles sont les conséquences à prévoir quant aux restructurations dans les secteurs de l’aviation et financier (notamment fusion à prévoir entre la BIL et la KBL) ?

Quelles sont les contreparties économiques éventuelles à escompter pour le Luxembourg ?

Comment le Gouvernement entend-t-il préserver son indépendance économique et politique en présence d’une influence économique pesante d’un autre Etat qui par ailleurs est loin d’être une démocratie ? Quels éléments de mainmise financière resteront-ils à la disposition de l’Etat luxembourgeois qui semble les abandonner l’un après l’autre au néolibéralisme ambiant?

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma parfaite considération.

Serge Urbany

Député

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