Massacre de Gaza : le Luxembourg doit prendre ses responsabilités.

Aujourd’hui, la situation en Israël-Palestine paraît de plus en plus préoccupante et déséquilibrée. Le processus de paix est au point mort. Avec le transfert de son ambassade à Jérusalem, le gouvernement de Trump a abandonné toute prétention des États-Unis à jouer le rôle d’« honnête courtier » désireux d’aider les deux parties au conflit à trouver une solution négociée et mutuellement acceptable. Le gouvernement israélien, quant à lui, fait désormais tirer à balles réelles sur des civils manifestant pour leur droit à l’autodétermination. Avec le massacre d’avant-hier, qui a fait près de 60 morts à Gaza, il a franchi un cap.

Cette situation n’est pas une fatalité. Elle est en grande partie le résultat de l’incapacité de l’UE et de ses pays membres, premiers partenaires commerciaux d’Israël, à s’émanciper de la tutelle étatsunienne.

Le Luxembourg ne saurait certes pas, à lui tout seul, mettre fin à cette situation. Mais cela ne doit pas l’empêcher de prendre ses responsabilités.

déi Lénk estime que le gouvernement luxembourgeois, en réponse au massacre de Gaza, doit :

(-) condamner fermement les tirs à balles réelles sur des manifestants civils à Gaza et demander une enquête internationale à ce sujet ;

(-) convoquer l’ambassadrice d’Israël, comme l’a fait notamment la France ;

(-) mettre en œuvre sa promesse de reconnaître l’État de Palestine, conformément à la résolution en ce sens adoptée par la Chambre des députés à la suite d’une initiative de déi Lénk ;

(-) réévaluer ses relations économiques privilégiées avec Israël, y compris dans le domaine de la finance ;

(-) rappeler que le Luxembourg a ratifié le Statut de la Cour pénale internationale et transposé dans son droit pénal interne les dispositions de celui-ci relatifs aux crimes de guerre, qui incluent le fait de cibler des civils mais aussi le fait de mener une politique colonisation;

(-) demander la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, étant donné qu’Israël n’est aujourd’hui plus en mesure de satisfaire à la condition du « respect des droits de l’homme et des principes démocratiques » prévue à l’art. 2 de cet accord.

Aussen- an europapolitesch Debatt an der Chamber

Déi lëtzebuergesch Aussepolitik ass just eng Façade hannert där sech an éischter Linn knallhaart Wirtschaftsinteresse verstoppen. Während den Ausseminister an der ganzer Welt Rieden iwwer Fridden, Solidaritéit a Mënscherechter hält, gëtt déi wierklech Aussepolitik hannert de Kulisse vum Wirtschafts- a vum Finanzminister gemaach. Sief et mat engem ëmmer méi autoritäre Regime an der Tierkei, engem grousse Sponsor vum islamisteschen Terrorismus wéi den Arabeschen Emiraten oder mat Israel, dat d’Okkupatioun vu palestinensesche Gebidder ëmmer méi weiderdreift, se sinn sech fir kee Businessdeal ze schued a schafe Fakten, oft a kompletter Kontradiktioun mat de Wäerter, déi den Ausseminister gär sou héich hält.

Le Luxembourg doit reconnaître sans tarder l’État de Palestine.

Après les déclarations du nouveau Président des Etats-Unis se distançant d’une solution à deux États au Proche-Orient et manquant de condamner avec fermeté la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, la perspective d’une paix juste entre Israéliens et Palestiniens menace désormais d’être durablement compromise. L’abandon de cette perspective et l’annexion de la Palestine par Israël comporte des risques d’une gravité extrême : violation des droits de l’homme, finalisation du nettoyage ethnique de la Palestine, création de nouveaux flux de réfugiés, recrudescence du terrorisme mondial, guerres civiles et interétatiques.

L’Union européenne et ses États membres, bien qu’historiquement attachés à la réalisation d’une paix durable entre Israéliens et Palestiniens et hostiles à la colonisation israélienne, ne se sont pas donné pas les moyens de réaliser cet objectif, laissant le monopole de ce dossier aux Etats-Unis vus, à tort plus qu’à raison, comme un « honnête courtier » entre les deux parties. Leur renonciation à prendre une quelconque responsabilité sur la résolution du conflit était telle qu’ils ne remirent même pas en cause la nature privilégiée de leurs relations économiques avec Israël en dépit des positions de plus en plus radicales pris par celui-ci ces dernières années.

Beaucoup d’Européens, et beaucoup de Luxembourgeois, ont de plus en plus de mal à comprendre cette attitude passive. Le législateur luxembourgeois, en particulier, a solennellement fait siennes ces interrogations : le 17 décembre 2014, la Chambre des députés a adopté une motion recommandant au gouvernement luxembourgeois de reconnaître l’État de Palestine « au moment qui sera jugé le plus opportun ».
déi Lénk est d’avis que suite à l’échec de la Conférence de paix à Paris en janvier 2017 et à l’entrée en fonctions de l’administration Trump, ce moment opportun est désormais arrivé. Au gouvernement luxembourgeois de créer une dynamique, pour pousser les autres États membres de l’UE à agir. Avant qu’il ne soit trop tard.

Visite de Monsieur le Premier Ministre en Israël et en Palestine occupée – Demande de mise à l’ordre du jour de la Commission des Affaires étrangères

Monsieur le Président,

La visite en Israël et en Palestine occupée actuellement en cours de Monsieur le Premier Ministre est d’ores et déjà marquée par un certain nombre d’initiatives économiques, politiques et diplomatiques.

Vues les positions défendues jusqu’à présent par la diplomatie luxembourgeoise ainsi que par la Chambre des Députés (cf. Motion invitant le Gouvernement à reconnaître l’Etat de Palestine), cette visite n’est pas sans gravité, notamment à la lumière des agissements du gouvernement de Tel-Aviv et par rapport à la cohérence de la diplomatie luxembourgeoise.

Il nous paraît ainsi que cette initiative du Premier Ministre appelle des éclaircissements auprès de la Chambre des Députés.

Dans ce sens, Monsieur le Président, nous vous prions de bien vouloir transmettre à Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères notre requête d’un échange de vues au sein de ladite Commission en présence aussi bien de Monsieur le Premier Ministre que de Monsieur le Ministre des Affaires étrangères.

Avec nos salutations respectueuses,

David Wagner (député)

Marc Baum (député)

Question parlementaire: Accord sur les minerais provenant de zones de conflit.

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Monsieur le Ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn.

Le mercredi 15 juin 2016, un accord politique a été conclu par les députés européens, les ministres et la Commission européenne sur les minerais provenant de zones de conflit. Selon cet accord, les grandes entreprises de l’Union européenne important de l’étain, du tantale, du tungstène, de l’or et leurs minerais devront dorénavant procéder à des contrôles de “diligence raisonnable” de leurs fournisseurs.
Si cet accord marque un certain pas en avant, il a néanmoins été fortement critiqué dans un communiqué de la société civile européenne, relayé au Luxembourg par Fairtrade Lëtzebuerg, le Cercle de Coopération, l’Action Solidarité Tiers Monde, Caritas Luxembourg et Bridderlech Deelen. Ces organisations désapprouvent le caractère non-contraignant de l’accord pour les entreprises et le fait qu’uniquement des importateurs de minerais sous forme brute soient ciblés et non les importateurs de produits contenant ces minerais. Afin d’honorer l’engagement de l’UE pour les Droits humains, celle-ci aurait dû aller beaucoup plus loin.

Le président de Fairtrade Lëtzebuerg est cité avec les mots : « L’espoir des populations de l’Afrique Centrale d’avoir un allié européen est en partie détruit avec cette décision des Etats européens. L’objectif d’éliminer les minerais de conflit de nos chaînes d’approvisionnements, de réduire l’immense souffrance, les guerres interminables ainsi que les violations des droits de l’Homme qui découlent de l’extraction et du commerce de minerais ne pourra pas se réaliser à travers ce règlement européen, malgré le fait qu’un premier pas avait été réalisé. Cette mesure n’éradiquera pas les sources de conflits et n’est pas en cohérence avec les objectifs du développement durable (SDG’s) que chaque Etat et organe institutionnel sont censés prendre en considération dans leurs choix politiques. »

Dans ce contexte, j’aimerais poser à Monsieur le Ministre les questions suivantes :

1) Quelle position le Luxembourg a-t-il défendu dans ces discussions et avec quels arguments?

2) Comment évaluez-vous l’accord finalement retenu ?

3) Combien d’entreprises seront concernées au Luxembourg par l’accord retenu ?

David Wagner
Député

Gegen die luxemburgische Beteiligung am Krieg in Syrien!

Am heutigen Mittwoch werden die Verteidigungsminister*innen der NATO darüber beraten, ob das Militärbündnis nun doch direkt im syrischen Bürgerkrieg intervenieren wird. Hierbei soll es um den Einsatz von Awacs-Flugzeugen gehen, die vom türkischen oder internationalen Luftraum heraus die US-geführte “Anti-IS-Koalition” unterstützen sollen – darüber, welche Aufgaben die Awacs-Flugzeuge genau übernehmen, herrscht indes noch Unklarheit.

Die Awacs-Flotte der NATO ist zugelassen auf den luxemburgischen Staat: Damit würden sie also unter luxemburgischer Flagge fliegen und Luxemburg wäre an einer weiteren militärischen Intervention, einem weiteren Krieg direkt beteiligt. déi Lénk sind gegen eine Intervention des NATO-Bündnisses im Krieg gegen den IS, der noch nicht einmal ein anerkannter Staat ist. An der “Anti-IS-Koalition” selbst sind auch menschenrechtsverletzende Staaten wie die Türkei, oder auch Saudi-Arabien beteiligt. So ist die Türkei etwa dabei, die Opposition im eigenen Land zu zerschlagen, unterstützt diverse islamistische Gruppierungen in Syrien und hat die fortschrittlichen kurdischen Gruppierungen zum Hauptfeind erklärt, die am härtesten gegen den “Islamischen Staat” kämpfen. Außerdem riskiert dieser Einsatz des Bündnisses in einen direkten Konflikt mit Russland und der Regionalmacht Iran zu geraten.

Mit diesem Einsatz werden falsche Fronten aufgebaut und es wird einseitig mittels dieser Luftaufklärung auf einen Luftkrieg gesetzt, der zur weiteren Verelendung der lokalen Bevölkerung führen wird und damit möglicherweise sogar zur Stärkung des “Islamischen Staates” beiträgt.

déi Lénk unterstützen den Widerstand der kurdischen Befreiungsbewegung gegen den IS und gegen jede geopolitische Einmischung von außen. Wir fordern die luxemburgische Regierung daher auf, sich gegen die militärische Intervention in Syrien zu stellen und sich stattdessen für die Trockenlegung der Finanzierungswege des IS einzusetzen.

Reconnaissance de la Palestine: Demande de mise à l’ordre du jour

Monsieur le Président,

Je vous saurais gré de bien vouloir demander à Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères et européennes, de la Défense, de la Coopération et de l’Immigration de mettre à l’ordre du jour d’une prochaine réunion de ladite commission un point relatif à la reconnaissance par le Luxembourg de l’Etat de Palestine sur la base des frontières de 1967 et d’inviter Monsieur le Ministre des Affaires étrangères à cette réunion.

Le 17 décembre 2014, la Chambre des Députés a adopté une motion concernant la reconnaissance formelle de l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967. Au cours du débat qui a précédé l’adoption de cette motion, Monsieur le Ministre a notamment estimé que le Gouvernement était en faveur d’une telle démarche au moment opportun.

En réponse à une question parlementaire du député Serge Urbany du 9 juin 2015, Monsieur le Ministre a expliqué que « le Luxembourg est en principe pleinement disposé à reconnaître la Palestine comme Etat », mais « qu’il faut attendre le moment le plus opportun sur le plan politique ».

Partant, nous aimerions demander à Monsieur le Ministre d’exposer aux membres de la Commission l’état des discussions concernant le processus de paix au Proche-Orient, de faire état des chances de succès de l’initiative française actuelle et de donner son appréciation quant à une éventuelle échéance après laquelle le Luxembourg pourrait procéder à une reconnaissance formelle de l’Etat palestinien.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma parfaite considération.

David Wagner

Député

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