Motion pour demander un débat sur la stratégie de vaccination contre la Covid-19

La Chambre des Députés,

  • vu l’acquisition par le gouvernement de 420.000 doses de vaccins anti-Covid-19 en tant que bénéficiaire de la commande groupée de la Commission européenne ;
  • considérant la nécessité d’élaboration d’une stratégie nationale d’utilisation de ces vaccins;
  • considérant l’enjeu d’une réglementation démocratique d’acquisition, d’achat et de distribution des vaccins anti-Covid-19 permettant un accès juste et équitable au vaccin des population aux échelles nationales et internationales;
  • considérant que l’efficacité du vaccin anti-Covid-19 dépend d’une participation suffisamment large de la population à la campagne de vaccination;
  • considérant la nécessité en amont d’une campagne de vaccination, d’une campagne de sensibilisation de la population propre à susciter sa confiance et favoriser son consentement;
  • considérant l’enjeu du recours libre et non-imposé par les personnes individuelles au vaccin en question;

Invite le gouvernement:

  • à présenter sa stratégie d’acquisition, d’utilisation et de distribution des vaccins contre le Covid-19 et de la soumettre à un débat à la Chambre des Députés.

Trois motions pour protéger les gens !

Aujourd’hui, mardi 17 novembre, déi Lénk a déposé trois motions à la Chambre des députés invitant le gouvernement à prendre des mesures concrètes afin de protéger celles et ceux qui souffrent le plus de la crise sanitaire et de la crise économique qui en découle. En effet, la reprise récente des déguerpissements montre clairement que le gouvernement doit agir afin d’éviter que des gens ne se retrouvent à la rue ou en situation précaire en pleine pandémie. déi Lénk demande une suspension des déguerpissements ordonnés en matière de bail à usage d’habitation, ainsi que des coupures d’eau, de gaz e d’électricité pour la durée d’application de loi contre la pandémie de Covid-19. déi Lénk rappelle d’ailleurs qu’il a déposé une proposition de loi pour prolonger le moratoire sur les hausses des baux à usage d’habitation jusqu’au 31 décembre 2021. La pandémie a clairement aggravé les inégalités et cela se fait surtout sentir au niveau du logement dont les prix continuent à exploser alors que le revenu de nombreux ménages a pris un sérieux coup.

En raison de la hausse du nombre de chômeurs depuis le début de la pandémie et afin d’éviter que ces personnes ne dépassent la durée d’indemnisation légale, déi Lénk demande de prolonger de douze mois à partir du 16 mars 2020 la période pendant laquelle les allocations de chômage peuvent être perçues pour toute personne inscrite au chômage. La crise économique et sociale risque de se faire ressentir encore durant de longs mois, il est donc crucial de protéger celles et ceux qui ont perdu leur travail ou qui doivent chercher du travail sur un marché de l’emploi mis à mal par la pandémie.

Enfin, déi Lénk demande au gouvernement d’organiser une nouvelle distribution gratuite de masques aux ménages. L’efficacité des gestes barrières dépend d’un matériel de qualité. Pour cette raison, déi Lénk demande également que des bornes de distribution de gel désinfectant soient installées dans les transports publics ainsi que dans l’espace publique aux principaux points de rencontre.

déi Lénk propose ici des mesures concrètes qui permettraient d’atténuer les répercussions sociales de la pandémie et de protéger ainsi les personnes qui risquent de glisser dans la précarité.

Motion 1

Motion 2

Motion 3


déi Lénk reicht drei Anträge ein um die Menschen zu schützen!

déi Lénk reicht drei Anträge ein um die Menschen zu schützen!

Heute, Dienstag der 17. November, hat déi Lénk im Parlament drei Anträge eingebracht, in denen die Regierung aufgefordert wird, konkrete Maßnahmen zu ergreifen, um diejenigen zu schützen, die am meisten unter der sanitären Krise und der daraus resultierenden Wirtschaftskrise leiden. In der Tat zeigt der jüngste Anstieg der Zwangsräumungen deutlich, dass die Regierung Maßnahmen ergreifen muss, um zu verhindern, dass Menschen mitten in der Pandemie auf der Straße oder in einer prekären Situation landen. déi Lénk fordert eine Aussetzung der Zwangsräumungen sowie der Abschaltung von Wasser-, Gas- und Stromzufuhr für die Dauer des Gesetzes gegen die Covid-19 Pandemie. déi Lénk erinneren daran, dass sie einen Gesetzentwurf zur Verlängerung des Moratoriums gegen die Erhöhung von Mietspreisen bis zum 31. Dezember 2021 vorgelegt haben. Die Pandemie hat die Ungleichheiten eindeutig verschärft, was sich vor allem auf dem Wohnungsmarkt bemerkbar macht, wo die Preise weiter explodieren, während das Einkommen vieler Haushalte einen schweren Schlag erlitten hat.

Aufgrund des Anstiegs der Zahl der Arbeitslosen seit Beginn der Pandemie und um zu verhindern, dass Arbeitslose die gesetzliche Entschädigungsdauer überschreiten, beantragen déi Lénk eine Verlängerung der Bezugsdauer von Arbeitslosengeld für alle als arbeitslos gemeldete Personen um zwölf Monate ab dem 16. März 2020. Da die wirtschaftliche und soziale Krise wahrscheinlich noch viele Monate zu spüren sein wird, ist es von entscheidender Bedeutung, diejenigen zu schützen, die ihren Arbeitsplatz verloren haben oder auf einem durch die Pandemie geschädigten Arbeitsmarkt nach Arbeit suchen müssen.

Schließlich fordern déi Lénk die Regierung auf, eine neue kostenlose Verteilung von Masken an die Haushalte zu organisieren. Die Wirksamkeit von Hygienemaßnahmen hängt von der Qualität des Materials ab. Aus diesem Grund fordern déi Lénk auch, dass sowohl in den öffentlichen Verkehrsmitteln als auch im öffentlichen Raum an zentralen Punkten Desinfektionsgel-Verteilungsstellen eingerichtet werden.

déi Lénk schlagen hier konkrete Maßnahmen vor, die es ermöglichen würden, die sozialen Auswirkungen der Pandemie zu mildern und so Menschen zu schützen, die Gefahr laufen, in die Prekarität abzugleiten.

Antrag 1

Antrag 2

Antrag 3

Question parlementaire sur la coordination du Large Scale Testing et à la gestion du Contact Tracing.

Monsieur le Président,

D’après des informations relayées par la presse, le gouvernement aurait externalisé une partie des responsabilités dans le cadre du Large Scale Testing (LST) vers des entreprises privées du secteur financier. Cette décision aurait pris effet dès la mi-août 2020.

Dès lors, des contrats auraient été établis avec trois entreprises comprenant des prestations spécifiques. L’Etat luxembourgeois aurait également alloué un budget propre à chaque entreprise.

Ainsi les prestations en question seraient le Project management disposant de 900.000€ de budget, l’analyse comparative de données en association avec les données élaborées par l’inspection sanitaire impliquant 500.000€, puis l’élaboration d’une campagne de communication à hauteur de 2,4 millions € et enfin la gestion de la hotline comprenant 2000 appels par jour.

Il est également précisé dans un article à ce sujet paru dans la presse que l’entreprise responsable du Project management ait la possibilité d’émettre des propositions et d’effectuer le cas échéant des adaptations au bénéfice du développement de la stratégie du LST. De ce fait, la responsabilité en matière de stratégie LST n’incomberait plus au LIH, ancien projectleader conventionné par le Ministère de la Santé. En modifiant sa convention avec le LIH, le Ministère de la Santé aurait donc délégué la responsabilité pour la coordination du LST à une entreprise privée.

1. Madame la Ministre peut-elle me dire si une telle externalisation des responsabilités dans le cadre du LST a bien eu lieu et pris effet ?

2. Dans l’affirmative, quels sont la plus-value et les avantages d’une telle démarche et à quel montant total s’élève le budget alloué aux entreprises en question ?

3. Toujours dans l’affirmative, Madame la Ministre n’est-elle pas d’avis que ces responsabilités impliquent des décisions politiques d’envergure qui incombent avant tout au gouvernement et ses instances compétentes en matière de Santé publique ?

4. De même Madame la Ministre peut-elle me dire qui décide actuellement des conceptions et des adaptations de la stratégie LST et dans l’affirmative à la question précédente, quel est exactement le faisceau de responsabilités qui incombe respectivement à l’entreprise et aux administrations compétentes du ministère de la Santé ?

5. Toujours dans l’affirmative à la première question, Madame la Ministre peut-elle m’éclaircir sur le contexte dans lequel le LIH a été destitué de ses fonctions de projectleader dans le cadre du LST.

6. Encore dans l’affirmative à la première question, Madame la Ministre peut-elle me renseigner si les entreprises en question ont répondu à un appel d’offres public ou bien s’agit-il de sous-traitants d’entreprises ayant répondu à la soumission publique ?

7. Parmi les membres de la Task Force, y en a-t-il qui travaillent pour les entreprises ayant obtenu les contrats avec la Direction de la Santé évoqués plus haut ? Si oui, combien de personnes sont concernées ?

8. Concernant l’analyse comparative de données dont une entreprise privée aurait été chargée, Madame la Ministre peut-elle me dire si cette entreprise aura un accès direct aux données dont dispose l’inspection sanitaire, à savoir des données non-anonymisées ?

9. Quel cadre légal s’applique en matière de protection de ces données de patients dans le cadre de leur transfert vers une entreprise privée ?

Dès sa première phase d’application, le Large Scale Testing a fait l’objet de coopérations de l’Etat avec des entreprises privées via le LIH qui a chargé le groupe « Laboratoires Réunies » de l’exécution et de l’analyse des tests, lequel aurait à son tour engagé un consortium international d’entreprises pour prendre en charge la logistique et le recrutement du personnel des centres de tests. Concernant cette dernière tâche, l’entreprise aurait fait appel à des agences de recrutement étrangères, de sorte que le personnel engagé dans les centres de tests proviendrait majoritairement de pays étrangers et ne bénéficie d’aucun contrat avec le LIH, mais avec des agences diverses ce qui impliquerait une rémunération moins importante qu’en cas de recrutement via une instance étatique.

Face à ces circonstances, je voudrais poser les questions suivantes :

10. Qui est actuellement responsable du recrutement du personnel des centres de tests dans le cadre du Large Scale Testing ?

11. Quelles sont les conditions légales de rémunération du personnel en question ? De quel(s) statut(s) bénéficient-t-ils ?

12. Ce personnel provient-il majoritairement de pays étrangers et le cas échéant ces personnes bénéficient-elles de possibilités d’hébergement au Luxembourg le temps que durent leurs contrats respectifs ?

13. Madame la Ministre n’est-elle pas d’avis qu’afin de garantir une meilleure supervision de la qualité du travail fourni et par souci d’équité, le personnel des centres de tests dans le cadre du LST devrait bénéficier au moins des mêmes conditions adaptées au service public ?

14. Dans l’affirmative Madame la Ministre est-elle prête à intégrer le recrutement du personnel dans le cadre du LST dans les responsabilités du Ministère de la Santé et de la Direction de la Santé ?

Dans la deuxième phase du LST, les capacités de tests ont été revus à la baisse. Selon, le directeur de la Santé, cité dans un article de presse, ce choix aurait été motivé par une volonté de réduire les coûts et d’adapter les capacités de tests à la demande qui lors de la première phase du LST était plus faible que prévu. Dans le même article on peut lire que le directeur de la Santé affirmait en juillet que lorsque le seuil de 100 infections par jour serait atteint, la situation risque de devenir tendue. Cependant, depuis septembre le nombre d’infections est en hausse atteignant au mois d’octobre bien davantage que 100 infections par jour.  Les demandes de tests semblent également en hausse. D’ailleurs, dans leur réponse commune à ma question parlementaire urgente n° 2859 du 18 septembre 2020, Madame la ministre de la Santé et Monsieur le ministre de l’Education Nationale avaient indiqué que les capacités de tests étaient alors insuffisantes pour pouvoir systématiquement tester l’ensemble du personnel enseignant tous statuts confondus.

En conséquence de ce qui précède, je voudrais poser les questions suivantes à Madame la Ministre :

15. Qui ont été les parties ayant apporté conseil à la direction de la Santé pour entamer la décision politique de réduire les capacités de tests ?

16. Ce choix a-t-il été exclusivement motivé par le souci de réduire les dépenses publiques ? Dans la négative, qu’est-ce qui a au juste motivé ce choix ?

17. Madame la Ministre a-t-elle prévu de réadapter la stratégie LST afin de tenir compte des nouveaux besoins générés par l’augmentation des infections, notamment dans certains secteurs spécifiques tels que l’enseignement et la santé et les soins? Cette décision est-elle toujours du ressort du Ministère et de la Direction de la Santé ?

18. D’ailleurs, quelle est actuellement la stratégie opérationnelle du LST ? Vise-t-elle le testing du plus grand nombre possible ou s’agit-il désormais de focaliser davantage le LST sur des populations spécifiques plus fortement exposées à un risque d’infection ?

En association au LST, la stratégie du contact tracing (CT) est censée rompre la chaîne des infections en retraçant les personnes ayant été exposées au contact avec une personne testée positive au Covid-19. Or, selon la déclaration officielle de Madame la Ministre, la source d’infection ne peut être déterminée que dans environ 40% des cas dans le cadre du contact tracing. Il semble également que les capacités actuelles du CT en matière de ressources humaines notamment sont insuffisantes, l’inspection sanitaire ne pouvant d’ailleurs plus assurer une prise de contact systématique et suffisamment rapide avec les personnes retracées via le contact tracing. D’ailleurs, le rapport journalier des contaminations, du 29.10.2020, publié par le Ministère de la Santé indique 0 tests et aucune nouvelle infection constatés dans le cadre du Contact Tracing. Au vu de la recrudescence des cas positif en général, ce bilan du CT semble douteux.

Partant, je voudrais poser les questions suivantes à Madame la Ministre :

19. Comment Madame la Ministre explique-t-elle  qu’environ  40% des infections n’ont pas pu être  identifiées dans le cadre du  contact tracing ?

20. Combien de personnes supplémentaires devraient être recrutées afin de garantir un fonctionnement optimal du CT ? Le personnel en question sera-t-il recruté ?

21. Dans l’affirmative, quelle serait la procédure du recrutement du personnel du CT ? De quel statut le personnel en question bénéficiera-t-il ?

22. Le personnel du contact tracing, bénéficie ou bénéficiera-t-il d’une formation adéquate ?

23. Quelle stratégie opérationnelle le CT poursuit-il actuellement en matière d’identification de la source d’infection ?

24. Madame la Ministre peut-elle me confirmer si les chiffres du rapport journalier du 29.10.2020 au sujet du contact tracing sont corrects ?

En conséquence de l’impossibilité pour l’Inspection sanitaire de prévenir dans les meilleurs délais les personnes à risque identifiées dans le cadre du contact tracing, le Ministère de la Santé a changé ses instructions, incitant les personnes testées positives au Covid-19 à procéder elles-mêmes à la prévention des personnes avec lesquelles elles ont été récemment en contact et demande à ce que les personnes en question se mettent en auto-quarantaine et se fassent tester au plus tôt au 6e jour après leur exposition risquée à la personne testée positive au Covid-19. Or sur le site du Ministère de la Santé on ne trouve pas de précisions quant aux démarches à suivre pour obtenir un test.

25. Partant, je voudrais demander à Madame la Ministre comment les personnes à risque contactées directement par une personne privée testée positive peuvent se munir d’une ordonnance pour effectuer un test ?  Les personnes concernées doivent-elles elles-mêmes contacter leur médecin traitant afin d’obtenir une ordonnance ?

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués,

Marc Baum

Député

D’Covidkris ass e kollektiven Trauma

Hei d’Ried vun eisem Deputéierten, de Marc Baum, iwwert den Tëschebilan vun der Covidkris. Hei fannt der di ganz Ried

Jo, zu Lëtzebuerg ass de Confinement éischter gutt geréiert ginn an d’Déidlechkeet vum Virus gouf a Grenze gehalen. Trotzdem ginn Kollateralschied déi ee net dierf vergiessen, an déi nach lang Konsequenzen wäerten hunn.

An et ass un der Regierung, déi Ausbildungsméiglechkeeten am medezinnesche Beräich ze bidden, déi mer brauchen fir neit Personal kënnen hei am Land ze rekrutéieren

Marc Baum

Zu Lëtzebuerg hate mir d’Chance dass mir een eengermoossen intakten ëffentleche Gesondheetssystem hunn. Mee dee System ass Ofhängeg vu Personal dat zu engem groussen Deel aus eise Nopëschlänner kënnt. Dat ass eng Aarbechtskraft ouni déi näischt hei am Land géng fonktionnéieren. Et ass un der Regierung d’Ausbildungsméiglechkeeten am medezinesch Beräich unzepassen. Dat ass emsou Wouer dass et elo ee grousse Retard bei Angrëff gëtt, well de System am Ufank vun der Kris erofgefuer gouf. Dee Retard mussen elo déi Leit ophuelen, déi wärend der Kris am meeschte geschafft hunn, an elo op hir physesch a psychologesch Grenze stoussen.

Eis fehlt et nët u Material zu Lëtzebuerg. Eis fehlt et u Leit, well joerzengtelang nët a Leit investéiert gouf!

Marc Baum

Da kënnt nach dobäi dass den universelle Zougang zur Fleeg net garantéiert ass. Eng ganz Rei Leit sinn duerch dat sanitärt Netz gefall.

Des Vergiessen vum Sozialversëcherungssystem goufen wärend der Pandemie nach emol gréissere gesondheetleche Risiken ausgesat. A fir déi gëtt haut och nach ëmmer keng Léisung a Form vun enger Couverture Médicale Universelle.

Marc Baum

De Moment ass also komm fir e Choix ze maachen. Gi mer op de Wee vun enger Privatiséierung vun eisem Gesondheetssystem oder stärke mer en ëffentlechen, universell zougängleche Gesondheetssystem.

Dat ass eng wichteg Fro well d’Kris nach eemol déi steigend sozial Ongläichheeten ënnerstrach a verstärkt huet. Eischt Zuele vum Aarbechtsmaart bestätegen dat, sozial Organisatiounen schloen Alarm a wann d’Informatiounspolitik vum  Familljeministère vum Corinne Cahen och nëmmen e bessi méi transparent wir wéi déi vum Kreml, wéisste mer wahrscheinlech, dass och an de Sozialbüroen op de Gemenge ëmmer méi Leit em Hëllef froen.

Wann d’Informatiounspolitik vum Familljeministère vum Corinne Cahen och nëmmen e bessi méi transparent wir wéi déi vum Kreml, wéisste mer wahrscheinlech, dass och an de Sozialbüroen op de Gemenge ëmmer méi Leit em Hëllef froen.

Marc Baum

Scho viru Covid waren iwwer 15.000 Leit am Chômage, deelweis scho laang. Déi verléiere lo all Hoffnung op eng Plaz a rëtschen no an no aus dem Chômage an de Revis, wëll d’Covid-Mesuren auslafen wat de Chômage ugeet. Vill Leit schaffen hallef a liewen domat ënnert der Aarmutsgrenz. Och si fanne lo näischt Zousätzleches.

Dass elo ëmmer méi Leit Sozialhëllef froen, och fir d’éischte Kéier am Liewen, weist, dass do Existenzen um Spill stinn. Hannert all dene Leit läit ganz oft och de grousse Schiet vun der Logementskris, déi fir vill Leit mat Prêt a Loyer elo knallhaart gräifbar gëtt.

Et kann een haut vun enger Covid-Generatioun schwetzen. 1 vu 4 Jonken ass am Chômage.

Marc Baum

Et kann een haut vun enger Covid-Generatioun schwetzen. 1 vu 4 Jonken ass am Chômage. Wann ech virdru vu Liewenschance geschwat hunn, déi riskéieren ze verpuffen, da sinn et déi Jonk, fir déi et besonnesch zoutrëfft.

De Sprong an e Studium ass schwiereg. A wéi enger Stad fënnt een am oder just nom Shutdown eng Wunnéng? De Sprong an eng Ausbildung ass net manner evident, och mat méi staatlecher Ënnerstëtzung fir Betriber déi ausbilden. De Sprong an eng Aarbecht ass den Ament fir déi meescht eng Saach vun der Onméiglechkeet.

Beruffsufänger hu nach keng Rechter erschafft, kréien also kee Chômage. Se sinn am Prinzip och ze jonk fir de Revis. Se stinn also do mat näischt a mussen hoffen nach doheem kënnen ze wunnen.

Mir brauchen e fundamentale Wiessel an der Aart a Weis, wéi mer eis Wirtschaft an eis Geselleschaften organiséiren.

Wa mer dann awer d’Regierungsaktioun kucken, da schéngt et eis evident, datt se just schnellsméiglech erëm an déi al Routine zeréck wëll a keng politesch Konsequenzen aus der Situatioun gezunn huet.

Sie setzt bei der Relance eenzeg an alleng op Staatshëllefe fir grouss Betriiber, anstatt endlech d’Kafkraaft vun de Leit ze stäerken an annuléiert och nach d’Steiererliichterungen fir déi schaffend Leit. D’Majoritéit votéiert wärend dem Confinement de CETA-Accord, sie hält dru fest, datt de Rentefong a knachteg Multinationalen investéiert a viru kuerzem gouf erëm e Gesetz verabschied, datt de Multinationalen a Superräichen bei der Steieroptiméirung hëlleft. Op der anerer Säit hu mer mëttlerweil hei an der Chamber Gesetzesprojeten am Militärberäich leien, déi mam Ganzen 1,1 Milliarden Euro kaschten

Déi mëttlerweil 40 Joer al Ideologie vum Neoliberalismus huet naischt méi am 21e Jorhonnert verluer.

Marc Baum

Dat ass e bal krampfhaft Festhalen un alen Denkmusteren, déi eis net méi weider bréngen. Déi mëttlerweil 40 Joer al Ideologie vum Neoliberalismus huet naischt méi am 21e Jorhonnert verluer.


Verpasste Chance?

Unsere Sprecherin Carole Thoma geht in ihrem Gastbeitrag im “Lëtzebuerger Land” vom 12. Juni 2020 auf die sozialen und wirtschaftlichen Auswirkungen der Coronapandemie ein und schlägt konkrete Maßnahmen gegen wachsende soziale Ungleichheiten vor. Das unkoordinierte Vorgehen der Regierung, kommt dabei nicht so gut weg.

Während der Notstand in den nächsten Tagen auslaufen wird und sanitäre Maßnahmen langsam gelockert werden können, während Bevölkerung und Politik sich weniger stark auf die sanitäre Krise konzentrieren, wird immer offensichtlicher, dass wir jetzt einer sozialen und wirtschaftlichen Krise gegenüberstehen. Bereits vor Corona stiegen die sozialen Ungleichheiten in unserer Gesellschaft und die Anzahl der von Armut Betroffenen ungebremst und dieser Trend wird voraussichtlich durch die Krise noch stärker befeuert. Das gesamte Ausmaß der wirtschaftlichen Krise ist heute nur schwer einzuschätzen und wird uns wohl erst in den nächsten Monaten vollends bewusst.

Noch beunruhigender wirkt die Unentschlossenheit der Mehrheitsparteien. Statt einer Regierung, die zumindest den Ansatz einer klaren Strategie verfolgt, erleben wir in letzter Zeit einen Haufen MinisterInnen, die teils unkoordinierte Einzelmaßnahmen vorstellen: ein paar Finanzspritzen hier, ein Hotelgutschein da. Das Gesetz zu Staatsgarantien für Betriebe, die an keinerlei Bedingungen gebunden wurden, zeugte ebenso von einem nicht durchdachten Handeln seitens der Regierung.

Dabei wäre es zu kurz gegriffen, in diesen Zeiten das Land nur zu „verwalten“. Es ist nötig, Lehren aus der Corona-Krise zu ziehen und statt nur zurück zum „Business as usual“ zu wollen, eine bessere Zukunft zu gestalten. Ob man nun an eine neue Pandemie denkt oder an die Klimakrise: eine Gesellschaft ist umso resilienter je geringere soziale Ungleichheiten sie aufzeigt. Wir sollten daher die Situation nutzen, um eine nachhaltige und sozial gerechtere Gesellschaft aufzubauen.

Zum Beispiel mithilfe einer strukturellen Reduzierung der wöchentlichen Arbeitszeit. Diese Maßnahme ist nicht nur längst überfällig, da sie die Produktivitätsgewinne der letzten Jahrzehnte umverteilen würde, sondern könnte auch mehr Menschen beschäftigen und so einem zu erwartenden Anwachsen der Arbeitslosigkeit entgegenwirken.

Für déi Lénk steht zudem fest, dass die Wirtschaft nur durch eine Stärkung der Kaufkraft angekurbelt werden kann. Gerade jetzt ist der Moment, den Mindestlohn endlich strukturell zu erhöhen, so dass die Menschen, die während der letzten Monate unsere Gesellschaft am Laufen gehalten haben, auch von ihrer systemrelevanten Arbeit leben können. In diesem Zusammenhang sei auch daran erinnert, dass neben den Einschränkungen der freiheitlichen Rechte der Menschen, während des Notstands auch Maßnahmen getroffen wurden, deren Verlängerung wichtig wäre um die sozialen Folgen der Krise abzufedern. Dazu gehört beispielsweise, dass das Kurzarbeitergeld nicht unter den Mindestlohn fallen und Betroffene nicht währenddessen entlassen werden dürfen.

Auch die angekündigte Steuerreform könnte zu einer gerechteren und nachhaltigeren Gesellschaft führen. Dazu bräuchte es allerdings politischen Mut, nicht einfach Steuergeschenke zu verteilen, sondern stattdessen Kapitalbesitz und hohe Einkommen weitaus stärker zu besteuern als bisher. Auch der ungehemmten Spekulation auf dem Wohnungsmarkt muss endlich der Riegel vorgeschoben werden.

Anstatt nur kurzsichtig auf die aktuelle Krise zu reagieren und Symptome zu behandeln, sollte die Regierung strategisch vorgehen und strukturelle Veränderungen vorantreiben, um zukünftige Krisen zu verhindern. Schafft sie dies nicht, riskiert ein panischer und blinder Versuch, die Wirtschaft anzukurbeln, die sozialen Ungleichheiten zu verstärken und die Klimaziele in weite Ferne zu rücken. Welch verpasste Chance!

“En europäescht Partnerland gëtt widdert Mauer gedréckt a kritt d’Wiel zwësche Pescht a Cholera, dem Grexit oder der Fortsetzung vun der aler Politik.”

D’weidert Zoudréine vun der Liewensoder vun der griichescher Wirtschaft mam Entzuch vun der Währung a Bankeschléissungen als direkt Konsequenz sinn e Symbol vun der Hëlleflosegkeet vun enger nationaler Politik.

D’Creancieren  hunn als eenzegt Ziel, d’Wirtschaft a virun allem déi griichesch Regierung ze vernichten an d’Interessi vun de Finanzmäert ze schützen, déi soumat weiderhi gutt un dëse Scholde verdénge kennen.

De virgeschloenen drëtte Rettungspak gëtt vu villen als win-win Léisung bezeechent, woubäi et a Wierklechkeet eng Entscheedung tëscht Pescht a  Kollera duerstellt, dem Grexit oder der Fortsetzung vun der aler Politik.

Amplaz Mesurë virzegesi wéi e weidere Scholdeschnëtt, Investitiounen oder méi eng gerecht Steierlaascht, wéi vu ville renoméierten Economiste säit  Laangem gefuerdert, gëtt Griicheland ëmmer weider an d’Rezessioun gedriwwen an d’humanitär Katastrof gëtt verschäerft.

Duerch déi nei Oplage gëtt Griicheland zu engem Bréisseler Protektorat degradéiert an all demokratesch Souveränitéit ausser Kraaft gesat, wat eng Néierlag fir déi europäesch Solidaritéit duerstellt.

 

Dem Serge Urbany séng Ried

Ech verstin d’Tentatioun fir elo den Erfollech vun der Realpolitik zu Bréissel ze feieren.

Ech wëll do virdru warnen.

Hei sin an engem historesch kuerzen Zäitraum 2 Realitéiten obenee gestouss.

Um nationale Niveau huet e Vollék sech zweemol kloer – am Januar bei Wahlen an am Juli bei engem Referendum – géint d’Fortsetzung vun enger Austeritéitspolitik ausgesprach déi si aus direkter Erfahrung erlieft huet.

D’Regirung Tsipras ass net gebrach un interne gesellschaftléche Blocagen – si hat de politesche Mandat, hire Programm duerchzezéien. A si hat och de Wëllen déifgräifend Strukturreformen géint d’Oligarchie a fir en effikassen an transparente Staat duerchzezéien.

Si ass net gescheitert u mangelndem Realitéitssënn, éischter schon u mangelndem Sënn fir dat wat méiglech ass an engem neoliberale Kader deen soziale Fortschrëtt haut onméiglech mécht.

Si ass gescheitert net wéinst Mangel un Argumenter, mee well hir d’Liewensoder vun all Ekonomie, d’Geld, vu Bréissel aus zugedréckt gin ass.

Dass den Euro net nëmmen eng Währung ass, mee eng besonnesch Politik déi op der Austeritéit berout, dat ass de Géigner vun den europäischen Traiteën scho laang bekannt.

Dass den Austrëtt vun engem Land aus der gemeinsamer Währung méiglech wir, net op juristeschem Wee, mee duerch einfachen Entzuch vun der Währung – dat steet allerdings net an den Traiteën.

D’Bankeschléissungen als Drockmëttel waren, a sin haut nach, de Symbol vun der Hëlleflosegkeet vun enger nationaler Demokratie.

De Wirtschaftsnobelpräiss Paul Krugman huet och nach folgendes beliicht:

“In den vergangenen Wochen haben wir gelernt, dass Mitglied der Eurozone zu sein bedeutet, dass die Gläubiger Deine Wirtschaft vernichten können, wenn Du aus der Reihe tanzt.”

Et soll een sech näischt virmaachen. Haut ass d’Fro vun der Zukunft vum Integratiounsprozess an der europäischer Unioun mat neier Däitlechkeet gestallt.

En europäescht Partnerland gëtt widdert Mauer gedréckt a kritt d’Wiel zwësche Pescht a Cholera, dem Grexit oder der Fortsetzung vun der aler Politik. Well dat ass jo déi eigentléch Tragik: Esou wéi déi al Oplagen sin och déi nei Oplagen géint all Wirtschaftstheorie.

Et muss ee net Krugmann heeschen, fir ze wëssen, datt d’Land op deem dote Wee net op d’Bee kënnt, mä nach weider an d‘Rezessioun gedriwwe gëtt, mat deër humanitärer Katastrof déi elo schon all Dag op de Stroossen ze gesin ass.

Ausser enger vague Zouso steet näischt präzises iwwer Scholderestrukturéirung dran, just en Hiwäis op eng ähnlech Zouso déi schon 2012 gemeet a net gehale gouf. An dat och wéinst der innenpolitescher Situatioun virun allem an Däitschland.

Am Mëttelpunkt vun engem Accord dee wierklech am europäische Geescht wir, hätten elo scho missten e Scholdeschnëtt a wichteg Reformen a Saachen Administratioun, Justiz, Korruptioun a Steierflucht stoen, grat esou wéi Investitiounsprogrammer vun de Partner a Steiergerechtigkeet. A net d’Interesse vun de Finanzmäert déi un de Scholden verdingen.

Esou awer get e Land fir onbegrenzten Zäit zu engem Bréissler Protektorat. All demokratesch Souveränitéit gëtt ausser Kraaft gesat. Souveränitéit ass awer de Motor vun der Demokratie an de Länner.

Keng griichesch Regierung an och keng Troika kritt déi Oplage géint d’Bevëlkerung duerchgesat.

Beim Versailler Vertrag sin den Däitsche Konditiounen operluecht gin, un deenen d’Weimarer Republik zerbrach ass – mat de Konsequenzen déi mer kennen.

Mer brauchen haut an Europa eng aner Sort vu Politik a Richtung wierklech Demokratie a konkret sozial Gerechtigkeet, och hei zu Lëtzebuerg.

Well déi dote Sorte vu Politik werten d’Leit sech net méi laang gefale loossen.

Les chefs d’Etat et de gouvernement continuent à miser sur le chantage et le diktat.

La conclusion du sommet de la zone Euro publiée hier matin est un dictat dégradant, rédigé avec la volonté de punir. Sous la menace d’une sortie immédiate de la zone Euro, laquelle aurait des conséquences néfastes pour la population, le gouvernement grec a été forcé d’accepter une humiliation sans égale : le pays est mis sous tutelle de la troïka et perd de facto sa souveraineté démocratique.

Le NON explicit du peuple grec contre la politique néolibérale d’austerité a été ignoré, tout comme les conséquences sociales dramatiques des programmes précédents.

Au lieu d’entamer un changement de politique visant un développement économique durable et un allègement de la dette, la troïka entend accentuer la politique d’austerité déjà échouée avec des hausses de TVA et des coupes supplémentaires dans le système de retraites, ce qui enfoncera le pays davantage dans la récession. En retour, la population grecque ne reçoit rien, si ce n’est une perspective pour d’éventuelles discussions sur un nouveau paquet de sauvetage, lequel sera accompagné de nouvelles conditions insupportables.

Le résultat du sommet de la zone Euro n’est pas uniquement un désastre pour la Grèce, mais également pour tous ceux et toutes celles qui s’investissent en faveur d’une Europe sociale, démocratique et solidaire. La crédibilité de la construction européenne en gardera des séquelles durables.

 

Et misst an all Land e Referendum gemaach ginn iwwer d’Austeritéitspolitik!

“De griichesche Referendum wäert, egal wéi et weider geet, an d’Geschicht vun der Europäescher Union agoen. Et war nämlech e majoritärt Opbegiere vun engem Vollek – an zwar duerch all Schichte vun der Bevëlkerung, besonnesch staark vertruede bei de Jonken – géint déi neoliberal Politik, déi an Europa gemaach gëtt!” – De Serge Urbany an der Chamber no der Deklaratioun vum Premierminister zur aktueller Situatioun a Griicheland.

Référendum grec: une chance unique pour l’Europe!

Depuis mercredi, le Luxembourg est en charge de la Présidence du Conseil Européen, en ce moment où l’Union Européenne est fortement remise en question. L’UE est incapable de trouver des solutions à la catastrophe des migrants ainsi qu’à la crise de la dette grecque.

Des intérêts économiques sont train de diviser les Européens, tout en ayant des conséquences dramatiques en termes de cohésion sociale et politique. Même au sein de l’union monétaire européenne, des pays sont mis en concurrence. Des mesures  sont prises au nom de la compétitivité, comme par exemple le dumping salarial en Allemagne ou encore le dumping fiscal au Luxembourg, alors qu’en fin de compte, celles-ci nuisent à tout le monde. Comme avec tous les conflits, seuls  quelques-uns qui en profitent au détriment des plus faibles. Afin de préserver les intérêts des banques et investisseurs, le peuple grec est poussé dans une crise humanitaire depuis cinq ans. Sur base de recommandations de cabinets de conseil et de banques, comme Goldmann Sachs, confortées par des agences de notation et en collaboration avec des technocrates de la Troïka, qui sont déjà en train de former un gouvernement de remplacement, les riches et les multinationales sont de plus en plus défiscalisés, alors qu’en même temps l’Etat social est démonté sur le dos du peuple. La recherche de coupables afin de cacher sa propre misère mène de plus en plus vers le nationalisme.

Il est intolérable de monter les salarié-e-s, retraité-e-s, les jeunes et les sans-emploi des différents pays les uns contre les autres. On ne peut pas non plus tolérer qu’il n’existe que le chemin de l’austérité pour l’Europe. C’est pourquoi il est important de soutenir SYRIZA, en tant que premier gouvernement européen à s’opposer aux mesures d’austérité, dans son effort de rompre avec la logique échouée de la Troïka des dernières années, et d’esquisser un nouveau chemin pour l’Europe.

Ce sont les forces de gauche qui s’engagent pour renforcer la solidarité, la démocratie et la dignité pour tous. l’Europe ne peut que fonctionner de façon solidaire.

Le référendum de ce dimanche, organisé par le gouvernement grec, est une chance unique pour l’Europe. C’est la première fois qu’un peuple aura l’occasion de s’exprimer au sujet d’une politique économique, sociale et financière, au lieu de se la voir imposée. C’est un signe fort que l’ambiance en Grèce ne s’est tournée ni contre l’Europe ni contre l’euro, mais que le peuple tient à l’idée d’une autre Europe.

 

Une dette illégitime

Pendant des mois le gouvernement grec a négocié avec « les institutions » (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI) pour débloquer les quelques milliards d’euros restant du dernier « plan de sauvetage ». Cet argent n’a jamais été débloqué. Mais s‘il l’avait été, ces milliards  auraient servi dans leurs quasi-totalité à payer les intérêts sur les prêts précédents et sur les titres de la dette grecque, qui sont actuellement tenus a 80% par ces trois institutions, ce qui leur fait les premiers créanciers de l’Etat grec.

Depuis 2010 90% de l’argent prêté aux gouvernements grecs a servi à payer les intérêts de la dette : parfois l’argent  a été viré directement aux institutions financières, sans même toucher le sol grec. Mais les créanciers ont toujours refusé d’aborder le problème de la dette  en tant que telle. Une dette qui au lieu de diminuer, ne cesse d’augmenter avec chaque nouveau prêt.

Mais on commence à aller au fond de la question. La question d’une restructuration de la dette est maintenant mise en avant par le gouvernement grec. Et en avril 2015 le Parlement grec a nommé une « Commission  pour la vérité sur la dette grecque. » Cette commission a rendu les 17 et 18 juin un rapport sur ses travaux, que nous allons essayer de résumer ici.

La commission a fait une analyse de la dette publique grecque depuis les années 80, ce qui la conduit  à écarter l’idée que la dette grecque venait de dépenses publiques excessives. Son rapport conclut que la dette est due aux taux d’intérêts élevés imposés par des créanciers (surtout des banques françaises et allemandes), aux dépenses militaires excessives et injustifiés, à la perte de revenus fiscaux suite aux fuites illicites des capitaux, à l’argent dépensé par l’Etat pour recapitaliser des banques privées et au déséquilibres créées par la façon dont la monnaie unique a été mise en œuvre.

Le rapport souligne l’impact des conditions imposées par les créanciers. Les mesures d’austérité et les réformes structurelles n’ont pas seulement eu un effet catastrophique sur le niveau de vie et la santé du peuple grec, créant une véritable crise humanitaire: elles ont aussi eu des effets récessionistes conduisant à une baisse du PIB et poussant les gouvernements grecs à emprunter davantage pour faire face aux dettes précédentes. Une véritable spirale infernale qui conduit la commission à conclure que la dette est tout simplement insoutenable et impayable – une conclusion partagée par de nombreux économistes et même par le FMI dans ses moments les plus lucides.

Mais les auteurs du rapport ne s’arrêtent pas là. Ils commencent à examiner dans quelle mesure la dette est aussi illégitime, illégale et odieuse. Beaucoup de gens accepte comme de bon sens les affirmations des créanciers que la dette doit être payée, que si on emprunte de l’argent il faut bien le rembourser. Mais pour les Etats comme pour les individus des dettes encourues suite à des menaces, de l’intimidation et en violant la loi peuvent être contestés. En ce qui concerne les Etats spécifiquement, leur premier devoir est de s’occuper du bien-être de leurs citoyens en respectant les droits fondamentaux.

Ainsi le rapport conclut-il que les prêts venant du FMI, de la BCE, du Fonds européen de stabilité financier (FESF) et d’Etats européens sont illégaux, illégitimes et odieux parce qu’ils violent de diverses façons les statuts de leurs propres organisations, la constitution grec et des traités internationaux. Ils enfreignent aussi les droits de l’homme et les droits sociaux, empêchant en particulier l’Etat grec à décharger ses obligations dans ces domaines. Des considérations semblables s’appliquent aux créanciers privés.

Le rapport conclut par un examen des fondements légaux pour la répudiation et la suspension de la dette souveraine grecque. Il existe en fait une série de justifications légales : la mauvaise foi des créanciers qui ont poussé la Grèce à violer ses lois nationales et ses obligations concernant les droits de l’homme; la primauté des droits de l’homme sur les accords conclus par des gouvernements précédents ; l’utilisation de la coercition ; et le droit de l’Etat grec à prendre des mesures contre des actes illégaux de ses créanciers.

En ce qui concerne la dette insoutenable, la commission cite ce qu’on peut considérer comme le droit le plus fondamental de chaque Etat : d’agir pour sauvegarder les intérêts essentiels de l’Etat et de ses citoyens dans des situations exceptionnelles où ces intérêts sont menacés d’un danger grave et imminent. Dans ce cas l’Etat est dispensé d’obligations qui augmentent le danger. Par exemple le remboursement des dettes.

Quelque soit le résultat du référendum de ce dimanche, le besoin de se défaire du fardeau de la dette restera une question vitale pour la Grèce. Les travaux de cette commission peuvent contribuer à la résoudre.

Murray Smith

Le rapport intégral est disponible sur le site du CADTM en cliquant ici .

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