L’exigence d’un nouveau modèle industriel

La décision du groupe Daimler de céder son site de Hambach est un grave coup porté à toute une région. Ce groupe   annonçait déjà une délocalisation de la production smart en Chine en Avril 2019. Cela témoigne d’un modèle de gestion qui sacrifie les salariés et la population pour le seul intérêt des actionnaires.  Nous refusons cette logique destructrice.

La nature du groupe décideur, la localisation du site, comme la forte résonnance de ce projet industrielle inaugurée en grande pompe par Helmut Kohl et Jacques Chirac en 1997 donnent à ce séisme social une dimension franco-allemande et européenne. Ce site est un atout industriel moderne et financé largement par des contributions publiques, et ce depuis sa création. Cela suppose, à minima,  le statut d’une propriété partagée publique privée!

Les forces progressistes politiques, associatives et syndicales, les femmes et les hommes de gauche et écologistes ne peuvent rester sans réagir devant une telle situation. Nous témoignons d’abord de notre pleine solidarité aux salariées et salariées mobilisés pour défendre leur outil de travail.  Nous appelons les gouvernements respectifs à empêcher la vente du site.  

 Dans un contexte de grave crise sociale, économique et politique, la décision du groupe Daimler porte non seulement un grave préjudice aux salariés et à la population concernée mais aussi aux relations franco- allemandes et à l’Europe.  Les délocalisations de productions, la mise en concurrence des salariés au-delà d’une frontière contribuent au rejet de la politique, de l’Europe et favorisent la montée des idées nationalistes. Elles contribuent également à l’appauvrissement des populations et à la régression sociale. 

L’avenir de l’automobile en Europe est une question stratégique. Il suppose des réponses nouvelles qui associent les exigences sociales et écologiques. Cela passe par la remise en cause des exigences des seuls actionnaires. A l’échelle de l’Europe, des nouvelles coopérations sont nécessaires et des nouveaux modes de gestion qui associent les puissances publiques et les représentants des salariés aux décisions stratégiques.  Il faut sortir des logiques de gestion financière pour affronter les défis nouveaux.  La mobilisation des ressources au service d’un véhicule plus propre et plus économe (moteur thermique ou électrique) doit s’accompagner d’une relocalisation des productions et d’une réduction du temps de travail (32 h/semaine, retraite à 60 ans.)

La crise du coronavirus a mis en évidence la fragilité du modèle de développement économique actuel et l’urgence de sortir des politiques néo-libérales.  Les partis et organisations signataires et les citoyens appellent les gouvernement français et allemand et les instances européennes à imposer à Daimler l’arrêt du processus de vente. 

Les instances politiques des Etats et de l’Europe doivent s’imposer dans le jeu des grands groupes de l’automobile pour réorienter leurs stratégies afin d’imposer la prise en compte des exigences sociales et écologiques à l’échelle du continent et le dépassement de la libre concurrence.

Communiqué par PTB, DGB, PCF, déi Lénk, die Linke, Parti de la gauche européenne

Question parlementaire: pourquoi les “Keeseminnen” ne sont-ils pas protégés?

M. le Président,

Conformément à l’article 83 du Règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Madame la Ministre de la Culture.

Suite à la réponse de Madame la Ministre de la Culture à la question parlementaire numéro 2406, dans laquelle Madame la Ministre indique avoir entamé la procédure de classement pour les immeubles suivants :

  • La rangée des ateliers mécaniques – Handwierkergaass
  • La centrale des tribunes
  • L’ancien magasin et entrepôt
  • L’ancienne centrale des soufflantes
  • Le poste d’aiguillage
  • Le mur d’enceinte et de soutènement de l’usine ;

je voudrais poser les questions suivants :

  1. Sur la base de quels critères patrimoniaux et en fonction de quelle étude technique et scientifique a été prise la décision de ne pas protéger les accumulateurs à minerais, encore appelés « Keeseminnen » ?
  2. Sur la base de quels critères patrimoniaux et en fonction de quelle étude technique et scientifique a été prise la décision d’entamer la procédure de classement des immeubles susmentionnés.

Veuillez agréer, M. le Président, l’expression de mes sentiments distingués,

Marc Baum

Député

Question parlementaire: pourquoi les bâtiments industriels du site “Rout Lëns” à Esch n’ont-ils pas été jugés dignes d’être protégés?

Concerne : question parlementaire relative à la protection du patrimoine industrielle du site Esch-Terre Rouge, dit « Rout Lëns »


Conformément à l’article 83 du Règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Madame la Ministre de la Culture.


Concernant le projet de reconversion urbanistique de l’ancien site industriel de l’usine sidérurgique d’Esch-Terre Rouge, dit ‘Rout Lëns’, diverses voix se sont élevées dernièrement pour réclamer la protection nationale et la conservation du patrimoine industriel du site, notamment la sauvegarde des bâtiments et installations des accumulateurs à minerais, dits ‘Keeseminnen’. Estimant que cet établissement industriel remplit tous les critères essentiels “sur la base desquels un immeuble est classé comme patrimoine culturel national”, selon la définition de l’actuel projet de loi relatif au patrimoine culturel du Ministère de la Culture, le comité de l’association ‘Industriekultur – Centre national de la culture industrielle’ a rencontré successivement la Ministre de la Culture, le collège des bourgmestre et échevins de la Ville d’Esch-sur-Alzette, ainsi que les responsables du promoteur privé en charge de la reconversion urbanistique du site ‘Rout Lëns’, pour plaider le dossier de la sauvegarde des accumulateurs à minerais. Tant les membres du collège échevinal d’Esch-sur-Alzette que les responsables de la firme IKO Real Estate ont affirmé à l’occasion de ces entrevues que le directeur du Service des sites et monuments nationaux a estimé au printemps 2018 lors d’une visite du site ‘Rout Lëns’, que les accumulateurs à minerais ne mériteraient pas d’être conservés.

Partant, je voudrais poser les questions suivantes à Mme la Ministre de la Culture:


1. Sur la base de quels critères patrimoniaux et en fonction de quelle étude technique et scientifique, le directeur du Service des sites et monuments nationaux a-t-il cru devoir estimer que les bâtiments et installations des accumulateurs à minerais d’Esch-Terre Rouge ne mériteraient pas d’être conservés? Est-il loisible aux députés et aux chercheurs intéressés de prendre connaissance de l’étude technique et scientifique y relative?

2. Tel qu’il semble ressortir d’un courrier du ministère de la Culture en date du 26 juin 2018, courrier cité par la responsable en charge du projet Rout Lëns pour IKO Real Estate à l’occasion d’une déclaration faite le 12 mai 2020 au magazine Paperjam, le ministère de la Culture aurait proposé “de classer comme monument national le bâtiment TT situé à l’entrée du site”. Sur la base de quels critères patrimoniaux et en fonction de quelle étude technique et scientifique, seul le bâtiment TT a-t-il été proposé à être classé comme monument national, à l’exclusion des autres bâtiments du patrimoine industriel du site de Terre Rouge / Rout Lëns? Est-il loisible aux députés et aux chercheurs intéressés de prendre connaissance de l’étude technique et scientifique du patrimoine industriel du site de Terre Rouge? Quel a été le sort réservé à la proposition de classement du bâtiment TT?

3. Quelle réponse Mme la Ministre entend-elle réserver à une demande de classement déposée à la date du 10 mars , concernant la protection nationale de différents immeubles sis sur le crassier Terres Rouges et sur le site dit ‘la Lentille Rouge’ à Esch-sur-Alzette, à savoir 1. la rangée d’ateliers appelée communément ‘Handwierkergaass’, 2. l’ancienne halle des soufflantes, 3. les accumulateurs à minerai dits ‘Keeseminnen’ et les vestiges des silos à coke, 4. la centrale des turbines MAN, 5. la station de pompage située près des étangs de refroidissement de l’usine, 6. le poste d’aiguillage situé près de la frontière française, 7. le mur d’enceinte et de soutènement de l’usine, dit ‘Mur Lefèvre’?

Les travaux de démolition de bâtiments relevant du patrimoine industriel luxembourgeois ayant été récemment entamés sur le site de Terre Rouge/Rout Lëns, la question visée est de la plus haute urgence.

Marc Baum

Député

Um Monkeler: Demande de mise à l’ordre du jour de la commission de l’environnement

Monsieur le Président,

Dans un communiqué du 11 février 2014, Monsieur le secrétaire d’État au Développement durable et aux Infrastructures affirme avoir accordé, le même jour, une autorisation à la société Lise et fils S.A. pour une installation de production d’asphalte projetée à l’intérieur de la zone d’activité communale “Um Monkeler”, ceci malgré les objections aussi bien des communes concernées, que de nombreux citoyens. Le communiqué du gouvernement précise que les réclamations ont toutes été analysées et évaluées par l’Administration de l’environnement et ont conduit à des modifications substantielles du projet initial, notamment en matière des émissions sonores, des poussières que des émissions olfactives. Par ailleurs, des mesures et actions auraient été prises par le MDDI pour améliorer la situation environnementale générale de la zone d’activités Monkeler. Lors d’une réunion d’information publique le 13 février 2014 à l’Hôtel de Ville d’Esch-sur-Alzette, Monsieur secrétaire d’État aurait informé le public intéressé.

Dans ce contexte, le groupe parlementaire déi Lénk estime qu’il serait opportun d’informer également la commission de l’environnement de la position gouvernementale dans ce dossier et de discuter au sein de cette commission les implications de cette décision.

Voilà pourquoi, je vous saurais gré de bien vouloir mettre ce point à l’ordre du jour de la prochaine réunion de la Commission de l’environnement et d’y inviter Monsieur le Secrétaire d’Etat.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes sentiments respectueux.

Justin Turpel

Lettre ouverte à Monsieur le ministre du Redressement industriel de la République de France

Messieurs les Ministres,

Vous vous rencontrez à un moment crucial pour l’avenir de la sidérurgie en Europe et en particulier dans la Grande Région (Luxembourg, Lorraine, Wallonie), durement frappée par la fermeture « définitive » du site de Liège et la fermeture « provisoire » des sites de Florange, de Schifflange et de Rodange, mais aussi par l’annonce d’autres plans inquiétants de réductions de coûts du personnel (« Lean » et « Omega »).

Ces mesures interviennent alors que l’assemblée générale du groupe ArcelorMittal a décidé le payement d’un dividende trimestriel à ses actionnaires au cours de l’année 2012. Elles se feront donc exclusivement sur le dos des travailleurs concernés partout en Europe et même dans le monde, ainsi qu’aux frais des contribuables qui supportent intégralement le coût social des restructurations au Luxembourg.

Nous pensons que l’industrie sidérurgique a un grand avenir en tant qu’industrie de base, mais que les pouvoirs publics devront se réapproprier les moyens de peser sur les grandes décisions en matière industrielle. Nous voudrions tout particulièrement souligner le modèle sarrois de contrôle public de sa sidérurgie qui profite encore actuellement à son économie.

Nous sommes convaincus qu’il est rationnel de maintenir une industrie sidérurgique forte dans notre bassin minier et métallurgique disposant d’une expérience séculaire en la matière.

Nous sommes convaincus aussi de la nécessité d’une politique de relance industrielle basée sur la demande de produits qualifiés, sur la coopération et non la concurrence entre les sites telle qu’elle se pratique actuellement, y compris au sein du groupe ArcelorMittal. Une telle politique rend évidemment nécessaire une véritable politique industrielle au niveau européen.

Au vu des urgences actuelles, nous vous prions tout particulièrement d’envisager des mesures dans les directions suivantes:

-décider d’un audit public concernant les possibilités concrètes du maintien et du développement d’une sidérurgie intégrée dans la Grande Région, basée sur la coopération ;

-se concerter sur les possibilités d’obliger légalement ArcelorMittal à investir et à produire à long terme sur les sites concernés, notamment par des clauses pénales, d’expropriations et même de nationalisation ;

-mettre ensemble à l’ordre du jour de la politique européenne le développement d’une politique européenne de l’acier basée sur l’harmonisation des prix, des salaires et de la recherche.

Veuillez agréer, Monsieur Montebourg, Monsieur Schneider, l’expression de notre parfaite considération.

Fabienne Lentz                                      Serge Urbany
David Wagner

Porte-parole                                            Député

logo European Left logo GUE/NGL logo Transform! Europe