Lettre du député Serge Urbany au Président de la Chambre des députés

Monsieur le Président,

Dans un article du « Lëtzebuerger Land » de ce jour, de graves reproches sont adressés au Gouvernement. Celui-ci est accusé en conclusion d’être « allé brader par paquet de trois aux émirs du Qatars des fleurons de l’industrie luxembourgeoise. Il faut maintenant rendre des comptes ».

On peut résumer ainsi la trame des accusations :

– Lors des accords de 2011 entre le Luxembourg et l’Emirat du Qatar il aurait été promis une vente de 35% des parts de Cargolux à Qatar Airways pour le montant de 117,5 millions.

– Comme d’un côté les actionnaires privés d’alors de Cargolux (BIP, Luxempart) auraient jugé par après ce prix largement insuffisant et auraient refusé de vendre leurs parts pour ce prix, mais que d’un autre côté M. Frieden se serait engagé de façon non révocable pour ce prix, il aurait été procédé à un montage financier occulte lors duquel les investisseurs privés auraient reçu un prix disproportionné par rapport à la valeur de leurs propres parts dans Cargolux au détriment des investisseurs publics et parapublics qui se seraient vus lésés pour leurs parts.

– Le montage financier aurait été effectué non seulement pour cacher ce traitement privilégié des actionnaires privés à la population, soumise à une politique d’austérité, mais aussi à la Commission européenne qui n’aurait pas manqué de considérer cet avantage sans contre-partie économique comme une aide de l’Etat illicite.

– Déjà en décembre 2009 les statuts de Cargolux auraient d’ailleurs privilégié les actionnaires privés « comme si, implicitement, on avait préparé le lit aux actionnaires privés, en leur offrant de manière anticipée une sorte de primauté dans le droit de sortie du capital de Cargolux. » L’article en question ne fait cependant pas mention du contenu de l’ »accord de portage » conclu la même année pour l’achat des anciennes parts de la Swissair et surtout pas du donneur d’ordre occulte de cet accord qui pourrait déjà avoir été l’Etat du Qatar.

Au vu de ces accusations très graves de bradage de l’intérêt public, d’abord en faveur d’investisseurs qataris, ensuite en faveur des anciens actionnaires privés de Cargolux, je vous demande de convoquer le Parlement pour obliger le Gouvernement à rendre compte de l’intégralité des accord conclus avec le Qatar et en particulier des accords conclus dans le secteur de l’aviation (Cargolux et Luxair). Je demande que tous les accords soient soumis au Parlement.

Je demande en particulier que ma demande d’interpellation sur le même sujet soit traitée lors de ce débat public. Je formulerai aussi à cette occasion une demande de mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, car je considère que cette affaire qui, devant le refus permanent de communiquer du Gouvernement vis-à-vis des députés élus, ne progresse que par les enquêtes de la presse, est en train de prendre les allures d’une véritable affaire d’Etat dépassant de loin l’affaire Wickréng-Léiweng.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma parfaite considération.

Serge URBANY

Zu Gast im Land: Demokratischer Souveränitätsverlust

« Mir kënne leider net mat lëtzebuerger Kapital d’Zukunft vun dësem Land, a vun den Entreprisen assuréiren. »

Mit diesem lapidaren Satz hat Finanzminister Frieden auf RTL seine umstrittenen, obskuren Geschäftsbeziehungen mit dem Katar begründet.

Ein Satz, der ein wirkliches Axiom der Luxemburger Politik geworden ist.

Ist der Satz berechtigt, bedeutet er die Perspektivlosigkeit jeglicher nationaler Politik, ja jeder Politik überhaupt, denn das hiesse dann ja, dass jede Politik sich den Wünschen des Kapitals, ob national oder nicht, zu unterwerfen habe.

Herr Frieden hat mit diesem Satz die Ausweglosigkeit der herrschenden Klasse Luxemburgs, deren williger Vollstrecker er ist, zum Ausdruck gebracht. Diese Klasse vertritt weder die Luxemburger, noch die anderen, hier im Land den Reichtum erschaffenden Menschen, die kein Wahlrecht haben.

“Nationale” Politik wird nur mehr gemacht, um von dieser Hilflosigkeit abzulenken.

Derzeit wird eine Hochzeit zu Hofe inszeniert wie sie barocker und verlogener nicht sein könnte. Und als Hochzeitsgeschenk steuert die Regierung eine “Lex de Lannoy” bei. Dabei kann die Braut, wie das Nationalitätengesetz von 2008 es aber vorschreibt, keine erworbenen Verdienste bei der Verleihung der Staatsbürgerschaft vorweisen, da es sie ja noch nicht geben kann. Deshalb enthält das Gesetz auch keine Begründung, weil es eigentlich diesem Rahmengesetz widerspricht.

Da die schreiende Ungleichheit für Unmut gesorgt hat (Normalsterbliche müssen 7 Jahre ununterbrochen in Luxemburg gewohnt haben und luxemburgisch büffeln bevor sie Luxemburger werden können), hat Justizminister Biltgen eine Lockerung der Bedingungen für die Untertanen anlässlich des freudigen Ereignisses bei Hofe in Aussicht gestellt. So soll die Naturalisierung durch die Heirat für die Normalsterblichen wieder eingeführt werden, die man 2008 abgeschafft hatte. Die Frau Schwiegermutter der Eingeheirateten hatte 1981 bei ihrer Heirat mit Erbprinz Henri ohne Spezialgesetz noch hiervon profitiert. Späte Einsicht seitens einer Partei, der CSV, die 2008 ja auf eine generelle Verschärfung der Bedingungen um Luxemburger zu werden gedrängt hatte!

Heute hat der damals für dieses fremdenskeptische Gesetz verantwortliche Justizmister Luc Frieden so gute Beziehungen zum Emir von Katar, dass er ihm über Nacht die BIL anbieten kann. An diesen Beziehungen mitgeholfen haben der Anwalt des Hofes, auch Geschäftsfreund des Emir, und der aktuelle Kronprinz von Luxemburg. Der Scheich braucht natürlich nicht Luxemburger zu werden, denn Geld hat bekanntlich keine Nationalität.

Diese Geschäftsbeziehungen höhlen vor allem die Demokratie in Luxemburg aus. Wenn Abgeordnete immer wieder zu hören bekommen, das was in der Cargolux oder bei der BIL geschehe, sei reine Privatsache, die sie nichts angehe, dann ist das ein Schlag ins Gesicht des Parlamentes, welches diesen aber, in guter christlicher Tradition, meistens dankend hinnimmt. Der Katar-Fall entspricht Wickréng-Léiweng hoch 10!

Gleichzeitig wird unisono akzeptiert, dass die 12 Milliarden der Rentenreserve in der ganzen Welt investiert werden, nur nicht in unserer Gegend. Also auch hier ein unakzeptabler Souveränitätsverzicht, der aber zeigt, dass es in Luxemburg, entgegen dem eingänglichen Zitat Friedens, sehr wohl “Kapital” gibt, auf das die Politik freiwillig verzichtet.

Unter solch miserablen politischen Rahmenbedingungen muss man sich tatsächlich grösste Sorgen um die Zukunft der Demokratie in Luxemburg machen! Von diesem demokratischen Souveränitätsverlust kann auch eine Operetten-Hochzeit nicht ablenken.

demande d’interpellation de Serge Urbany – relations Luxembourg-Qatar

Exposé de l’interpellation de Serge Urbany, 19 décembre 2012

Texte de l’interpellation, 10 septembre 2012

adressé à Monsieur Laurent MOSAR
Président de la Chambre des Députés
LUXEMBOURG

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de vous informer que, conformément à l’article 88 du Règlement de la Chambre des Députés, je désire interpeller le Gouvernement au sujet de la nature des relations d’affaires entre le Grand-Duché de Luxembourg et l’Emirat du Qatar et ses conséquences sur la structure économique et l’indépendance du pays.

Je désire notamment avoir des réponses concrètes aux questions suivantes :

Quel est le paquet d’ensemble négocié entre 2009 et 2011 quant aux différents secteurs de l’économie concernés (Cargolux, BIL, KBL, SES, autres ?) avec l’Emirat du Qatar, respectivement ses agences ou fonds d’investissement ?

Est-ce sur base d’un accord exclusif qu’en septembre 2011 il n’y a pas eu d’appel d’offre pour le reprise de la BIL et qu’un fonds d’investissement qatari a été le seul interlocuteur, faisant ainsi baisser fortement le prix de vente, alors que parallèlement le Luxembourg a dû prendre des engagements exorbitants pour garantir la « bad bank » de la Dexia?

Ne peut-on tirer ici un parallèle avec la reprise des actions de la CARGOLUX par le même fonds qatari, sans appel d’offre non plus, suite à un « accord de portage » qui présuppose toujours un donneur d’ordre occulte ? Le donneur d’ordre n’était-il pas constitué par les mêmes autorités ou fonds d’investissement?

Quelles sont les conséquences à prévoir quant aux restructurations dans les secteurs de l’aviation et financier (notamment fusion à prévoir entre la BIL et la KBL) ?

Quelles sont les contreparties économiques éventuelles à escompter pour le Luxembourg ?

Comment le Gouvernement entend-t-il préserver son indépendance économique et politique en présence d’une influence économique pesante d’un autre Etat qui par ailleurs est loin d’être une démocratie ? Quels éléments de mainmise financière resteront-ils à la disposition de l’Etat luxembourgeois qui semble les abandonner l’un après l’autre au néolibéralisme ambiant?

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma parfaite considération.

Serge Urbany

Député

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