Bilan vun der Regierung: Gepiddels a laisser-faire dat ganzt Joer.

Une politique désordonnée et incohérente !

déi Lénk ont tenu leur traditionnel bilan de fin de session parlementaire 2019/2020, ce jeudi 23 juillet. La pandémie, l’état de crise, le confinement qui en a découlé et ensuite le déconfinement progressif étaient les défis majeurs de cette année turbulente. déi Lénk n’ont pas chômé durant l’état de crise et ont veillé à ce que le premier pouvoir, la Chambre des députés, continuent à influer sur la politique malgré des pouvoirs limités par l’état de crise. Nous avons sans cesse interrogé la politique gouvernementale par le biais de questions parlementaires et de motions.

Pendant l’état de crise, déi Lénk a constaté avec consternation que le gouvernement s’est servi de l’occasion pour passer au vote l’accord de libre-échange entre la Canada et l’Union européenne. Ce projet se heurte depuis des années à l’opposition de la société civile. Le gouvernement l’a passé en plein confinement, à un moment donc où le droit de manifester n’a pas pu être exercé pleinement. Pour déi Lénk, il s’agit d’une rupture de confiance irrémédiable.

Avec le déconfinement, déi Lénk a constaté l’incohérence de la politique gouvernementale. Les ministères esquivent leur responsabilité et délèguent l’action au ministère de la Santé. Les informations qui parvenaient aux députés sont fragmentaires et incomplètes, ce qui les empêchent de prendre des décisions importantes en toute connaissance de cause. Le déconfinement se déroule de manière désordonnée. Chaque ministère présente ses projets sans qu’il n’y ait de fil rouge véritablement. D’autres ministères, comme la Famille ou l’Intérieur brillnt par leur absence d’actions.

La politique de relance économique se base toujours sur l’offre. Aujourd’hui, ce sont les entreprises qui bénéficient d’aides sans que le pouvoir d’achat des salariés soit renforcé.  Les vieilles recettes restent donc d’actualité alors que cette pandémie a clairement montré qu’il faut un changement de système. A terme, cette approche va également renforcer la crise du logement avec des ménages à revenu modeste qui auront du mal à rembourser leur prêt ou à payer leur loyer.

Cette incohérence politique se manifeste également dans les mesures environnementales du gouvernement. La politique d’assainissement mise sur l’initiative privée avec des subventions taillées sur mesure pour les classes moyennes supérieures. déi Lénk s’engage pour que l’Etat reprenne en main la politique d’assainissement plutôt que de miser sur l’initiative privée.

La majorité a également rejeté une motion de déi Lénk qui demandait que le Fonds de compensation (Fonds des pensions) cesse d’investir dans l’énergie nucléaire. Or, le gouvernement continue à soutenir financièrement le nucléaire alors que dans ses discours officiels il fustige cette énergie et s’arroge même le droit de demander aux pays voisins de fermer des centrales nucléaires.

Communiqué par déi Lénk

Eine inkohärente Regierungspolitik!

dei Lénk zogen am Donnerstag, dem 23. Juli, ihre Bilanz des parlamentarischen Jahres 2019/2020. Die Pandemie, der Krisenzustand, der darauffolgende Notstand und dann die allmähliche Lockerung des Lockdowns waren die größten Herausforderungen dieses turbulenten Jahres. déi Lenk haben während der Krise hart gearbeitet und dafür gesorgt, dass die Abgeordnetenkammer, trotz ihrer durch die Krise begrenzten Befugnisse weiterhin Einfluss auf die Politik behielt. Wir haben die Regierungspolitik ständig durch parlamentarische Fragen und Anträge in Frage gestellt.

Im Mai waren dei Lénk bestürzt, dass die Regierung die Gelegenheit nutzte, über das Freihandelsabkommen zwischen Kanada und der Europäischen Union abzustimmen. Dieses Projekt stößt seit Jahren auf Widerstand in der Zivilgesellschaft. Die Regierung stellte ihn in einer Zeit zur Abstimmung, in der das Protestrecht nicht vollständig ausgeübt werden konnte. Für déi Lenk ist dies ein gravierender Vertrauensbruch.

Mit der Lockerung des Lockdowns bemerkten déi Lénk die Inkohärenz der Regierungspolitik. Die Ministerien entziehen sich ihrer Verantwortung und delegieren Maßnahmen an das Gesundheitsministerium. Die Informationen, die die Abgeordneten erreichen, sind fragmentarisch und unvollständig und hindern sie daran, wichtige Entscheidungen zu treffen. Die Lockerung erfolgt ungeordnet. Jedes Ministerium präsentiert seine Projekte, ohne dass es einen echten roten Faden gäbe. Andere Ministerien wie Familie und innere Angelegenheiten zeichnen sich durch mangelnde Maßnahmen aus.

Das Konjunkturprogramm basiert immer noch auf Maßnahmen auf der Angebotsseite. Heute profitieren Unternehmen von Hilfen, ohne dass die Kaufkraft der MitarbeiterInnen gestärkt wird. Die alten Rezepte bleiben daher gültig, obwohl diese Pandemie deutlich gezeigt hat, dass ein Systemwechsel erforderlich ist. Letztendlich wird dieser Ansatz auch die Immobilienkrise bei Haushalten mit niedrigem Einkommen verschärfen, die Schwierigkeiten haben werden, ihre Kredite zurückzuzahlen oder ihre Miete zu zahlen.

Diese politischen Unzulänglichkeiten zeigen sich auch in der Umweltpolitik der Regierung. Die energetische Sanierung beruht auf privater Initiative mit maßgeschneiderten Subventionen für die oberen Mittelschichten. déi Lénk setzen sich dafür ein, dass der Staat die Sanierungspolitik übernimmt, anstatt sich auf private Initiative zu verlassen.

Die Mehrheit lehnte zudem einen Antrag von déi Lénk ab, wonach der Rentenfonds keine Investitionen mehr in die Kernenergie tätigen soll. Die Regierung unterstützt Atomenergie also weiterhin finanziell, während sie in ihren offiziellen Stellungnahmen diese Energie anprangert und sich sogar das Recht einräumt, die Nachbarländer aufzufordern, Kernkraftwerke zu schließen.

 

Mitgeteilt von déi Lénk

Kee CETA am Confinement. Kee CETA tout court!

De Fräihandelsofkommes tëschent Kanada an Europa, kuerz CETA, gouf de 6.Mee zu Lëtzebuerg vun der Chamber ratifizéiert an dat ouni d’Stëmme vun déi Lénk, der Piratepartei an dem Adr an ouni déi vun der CSV, déi sech dem Vott entzunn huet.

Am Virfeld vum Vott an der Chamber, hunn déi Lénk d’Initiativ geholl eng Protestaktioun op de soziale Reseau’en ze starten, fir ze verhënneren, dass CETA wärend dem Etat de crise gestëmmt gëtt, deen d’Versammlungsfräiheet ophieft an domat den Ausdrock vu Widderstand am ëffentleche Raum quasi onméiglech mécht. Fir déi Lénk ass des Virgoensweis vun der Regierung ee Schlag an d’Gesiicht vun der Demokratie an der Zivilgesellschaft, besonnesch wann ee weess, dass 2017 zu Lëtzebuerg dausende vu Leit géint de CETA op d’Strooss gaange sinn, an honnert dausenden europawäit géint de CETA mobiliséiert waren a nach ëmmer sinn.

déi Lénk hunn de 5. Mee an der Chamber nach emol insistéiert, fir dass de Ceta vum Ordre du Jour verschwënnt, mee d’Majoritéitsparteie wollten net mat sech schwätze loossen. Den OGBL an de Mouvement écologique hunn des Protestaktioun ënnerstëtzt an och iwwer hir Reseau’en mobiliséiert. Ënnerhalb vu 24 Stonne goufen honnerte Mailen un déi eenzel Deputéiert verschéckt vu Leit aus der Zivilgesellschaft, déi een Nee zum CETA fuerderen.

Trotz Confinement, haten sech ronn 100 Leit den Dag vum Vott virum Cercle op der Place d’Armes versammelt fir nach emol physesch géint CETA ze demonstréieren.

Den David Wagner huet a senger Ried an der Chamber erkläert, firwat d’Regierung dat Fräihandelsofkommes onbedéngt wärend dem Etat de crise wollt duerchboxen a wat fir nefast Repercussioune CETA op eis Wirtschaft, Ëmwelt an Demokratie wäert hunn.

D’Ried als PDF. Den CETA erkläert op LU als PDF.

Den CETA erkläert. Firwat sinn déi Lénk géint des Zort vu Fräihandelsaccord’en?

C’est quoi déjà CETA ? Le CETA est un traité économique entre l’Union européenne et le Canada. Il s’agit d’un accord commercial “de nouvelle génération”, ce qui veut dire qu’il traite non seulement des questions commerciales à proprement dits, mais de manière très globale de tous les aspects économiques entre les deux parties : la protection des investissements avec un tribunal d’arbitrage, la libéralisation des services et des marchés publics, l’harmonisation des standards, la propriété intellectuelle, la politique de compétition, etc. Continuer la lecture


Pourquoi CETA est-il anti-démocratique? Les négociations pour CETA ont été menés à huis clos par les technocrates de la Commission européenne et du gouvernement canadien. Si les représentants des gouvernements à Bruxelles ont été informés des pourparlers, les députés des parlements nationaux ont à aucun moment eu accès à des documents de négociation. Par contre, les groupes de lobbying des multinationales ont été consultés tout au long du processus. Continuer la lecture


CETA : Le Luxembourg attaqué par Google ? Le scénario est hypothétique, mais pas du tout improbable. Suite à une mobilisation massive de la population, le Ministre de l’Économie luxembourgeois est contraint de faire marche arrière et d’abandonner le projet Google à Bissen. Une multinationale américaine comme Google n’a besoin que d’une filiale au Canada pour pouvoir utiliser le tribunal d’arbitrage qui sera introduit par l’accord CETA entre l’Union européenne et le Canada. Prétendant être victime d’un “cas d’arbitraire manifeste” selon l’article 8.10 (2) de CETA, il pourrait alors porter plainte et réclamer des dédommagements à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros… et aurait de bonnes chances de gagner. Continuer la lecture


Klimakiller CETA. Contrairement aux chapitres relatifs aux dispositions commerciales, les chapitres sur le développement durable dans CETA ne contiennent pas d’engagements contraignants et ne sont pas soumis au mécanisme de règlement des différends général de l’accord. En d’autres termes, une violation des engagements climatiques, lesquels sont d’ailleurs formulés de manière très générale, ne peut pas être sanctionnée dans le cadre de CETA. Continuer la lecture


La coopération règlementaire dans CETA. Lorsque les défenseurs de CETA sont interpellés au sujet de la coopération réglementaire , ils expliquent souvent qu’il s’agit d’harmoniser la taille des rétroviseurs de voiture. En coupant court à la discussion de cette sorte, ils cachent la véritable étendu de ce mécanisme complexe. Car ce chapitre vise pratiquement toutes les législations réglementaires et les normes, p.ex. les règles de sécurité des produits et services, les règles de protection des consommateurs, les standards environnementaux, les règlementations sociales et du travail etc.
Une harmonisation ou une convergence de ces règlementations est impossible à atteindre d’un coup lors des négociations, ce pourquoi l’UE vise une collaboration étroite dans le temps qui arrivera peu à peu à des résultats. L’impact de CETA sur les réglementations et les normes ne sera donc pas visible lors de la conclusion de celui-ci, mais sera déterminé lors des années et décennies consécutives, lorsque l’attention du public aura diminué. Continuer la lecture

CETA-Ratifizierung: Wenn die Gesellschaft sich nicht wehren darf.

Luxemburg befindet sich seit 6 Wochen im Ausnahmezustand, was unter anderem eine starke Einschränkung des Versammlungsrechts mit sich bringt. Dass das Parlament unter diesen Umständen entschieden hat, nächsten Mittwoch (6. Mai) das Freihandelsabkommen CETA mit Kanada und ein Investitionsabkommen mit Singapur zu ratifizieren, ist für déi Lénk ein Skandal.

Zweifelsohne will die Regierung von der aktuellen Situation profitieren, um die umstrittenen Abkommen ohne große Aufmerksamkeit durchzuwinken. „Während der letzten Jahre hat sich innerhalb der Zivilgesellschaft starker Widerstand gegen CETA geregt und tausende Menschen sind dagegen auf die Straße gegangen. Es ist respektlos diesen Menschen gegenüber, jetzt das Abkommen durchboxen zu wollen ohne den GegnerInnen die Möglichkeit zu geben, dagegen zu demonstrieren“, ärgert sich Sprecherin Carole Thoma. „Es ist absurd, in Zeiten, in denen die Grenzen zu unseren direkten Nachbarländern geschlossen sind, weitreichende Liberalisierungsverträge mit Nordamerika und Asien zu verabschieden.

déi Lénk stehen seit Anfang an auf der Seite von Gewerkschaften, Umweltschützern und vieler weiterer Organisationen, die sich gegen die umfangreichen Freihandelsabkommen wie CETA und TTIP wehren. Sprecher Gary Diderich erklärt: „Die neoliberale Freihandelspolitik der europäischen Union ist eine Politik der Deregulierung im Interesse großer multinationaler Unternehmen. Sie zielt darauf ab, soziale und ökologische Standards zu untergraben, die Delokalisierung der Produktion voranzutreiben und den Profit dieser Unternehmen um jeden Preis zu maximieren. Die jetzige Krise sollte eigentlich ein Umdenken einleiten, offenbar ist die Regierung dazu aber nicht bereit“.

déi Lénk rufen alle Organisationen und Personen dazu auf, sich diese Vorgehensweise von LSAP/DP/déi Gréng/CSV nicht gefallen zu lassen und im Rahmen der derzeitigen Möglichkeiten Widerstand zu leisten.

Ratification de CETA: quand la société civile ne peut pas se défendre.

L’état de crise, qui dure depuis désormais six semaines au Luxembourg, une forte restriction du droit de réunion. C’est dans ce contexte que la Chambre des députés a décidé de ratifier l’accord de libre-échange CETA avec le Canada et un accord d’investissement avec Singapour mercredi prochain (6 mai). Pour déi Lénk, c’est un scandale!

Le gouvernement souhaite sans aucun doute profiter de la situation actuelle pour évacuer deux accords internationaux hautement controversés. «Ces dernières années il y a eu une forte opposition au CETA au sein de la société civile et des milliers de personnes sont descendues dans la rue. Il est irrespectueux envers ces personnes de soumettre cet accord au vote des députés alors que les opposants n’ont pas la possibilité de manifester», s’inquiète la porte-parole déi Lénk Carole Thoma. «Il est d’ailleurs absurde d’adopter des accords de libéralisation de grande envergure avec l’Amérique du Nord et l’Asie à un moment où les frontières avec nos pays voisins sont fermées ou contrôlées.»

Depuis le début, déi Lénk s’est engagé aux côtés des syndicats, des organisations écologistes et de nombreuses autres associations qui luttent contre les accords de libre-échange tels que le CETA et le TTIP. Le porte-parole déi Lénk Gary Diderich explique: «La politique néolibérale de libre-échange de l’Union européenne est une politique de déréglementation dans l’intérêt des grandes multinationales. Elle vise à saper les normes sociales et environnementales, à  renforcer la délocalisation de la production et à maximiser à tout prix les bénéfices de ces multinationales. La crise actuelle devrait en fait amorcer une refonte, mais le gouvernement n’est apparemment pas prêt.»

déi Lénk appelle toutes les organisations et personnes à rejeter cette approche prônée par CSV/DP/LSAP/déi Gréng et à résister dans le cadre des possibilités actuelles.

Question parlementaire concernant la composition des « task forces » dans le cadre de la pandémie Covid-19.

Monsieur le Président,

Je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Monsieur le Premier Ministre, Ministre des Communications et des Médias et à Madame Ministre de la Justice. Conformément à l’article 84 du Règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir en reconnaître le caractère urgent.

Dans un entretien publié dans le « Luxemburger Wort » du 25 avril, Monsieur le Premier Ministre, interrogé sur la composition des différentes « task forces » relatives au Covid-19, affirma que la législation sur la protection des données personnelles ne lui permettait pas de les rendre publiques.

Cette affirmation est d’autant plus étonnante que la population devrait être en droit de connaître la composition des « task forces », dont le fruit des travaux la concerne dans son ensemble. Afin de pouvoir exercer son droit d’information, la presse devrait également pouvoir connaître leurs compositions respectives. Ceci vaut aussi pour les membres du pouvoir législatif, dont la dissimulation des compositions de ces « task forces » constitue une entrave à leur devoir de contrôle du pouvoir exécutif.

Partant, nous voudrions adresser les questions suivantes à Monsieur le Premier Ministre, Ministre d’Etat et Ministre des Communications ainsi qu’à Madame la Ministre de la Justice.

  • Sur quelle base légale précise Monsieur le Premier Ministre fonde-t-il son refus de communiquer la composition desdites « task forces » ?
  • Le Gouvernement n’estime-t-il pas que la dissimulation de la composition desdites « task forces » constitue une entrave grave au droit constitutionnel de contrôle du pouvoir législatif envers le pouvoir exécutif ?
  • Le Gouvernement n’estime-t-il pas que la dissimulation de la composition desdites « task forces » constitue une entrave grave au travail et à la liberté de la presse ?
  • Selon quels critères les membres de ces « task forces » ont-ils été sélectionnés ?
  • Finalement, le Gouvernement ne devrait-il pas publier immédiatement la composition desdites « task forces » ?

Avec nos salutations respectueuses,

David Wagner                                                Marc Baum

Député                                                           Député

Marc Baum – Verlängerung vum état de crise am Kontext vun der Corona/Covid19-Pandemie.

Här President,

Dat Gesetz, wat hei virläit, ass ee vun de wäitreechendste Gesetzer, déi jeemools an der Chamber gestëmmt goufen.

Et geet ganz wäit: fir eng Zäit vu bis zu maximal 3 Méint kann d’Regierung Gesetzer oder Deeler vu Gesetzer änneren oder ausser Kraaft setzen, respektiv Reglementer huelen, déi Gesetzeskraaft hunn, ouni datt den 1. Pouvoir am Land – d’Chamber – dat gutt heescht.

Jidderengem hei am Land, deem demokratesch Prinzippie wichteg sinn, leeft et kal de Réck erof bei deem Gedanken. An och mär ginn d’Schudderen aus, wann ech haut hei stinn an iwwer esou e Gesetz befanne muss.

Virun 3 Joer hate mer an der Chamber eng grouss Debatt iwwer d’Ännerung vum Verfassungsartikel 32.4. Ënnert dem Androck vun den terroristeschen Attacken zu Paräis hat d’Regierung deemools Ännerungen um bestoenden Artikel kommanditéiert, déi an der ursprénglecher Fassung ganz wäit gaange sinn.

Eréischt no laangen a kontroversen Diskussioune si lues a lues wichteg Garde-Fous agebaut ginn.

An haut muss ee soen: ee Gléck, datt et an der Zivilgesellschaft an och an de Parteie Widderstand ginn ass, soss hätte mer warscheinlech dës Garantien haut net dra stoen.

Deemools hunn ech vehement duerfir plädéiert, datt eis fräiheetlech Grondrechter net dierfen ausser Kraaft gesat ginn, als Reaktioun op Attacke vun deene faschistoïden Kräften, déi ebe grad eis fräiheetlech Grondrechter wëllen ausser Kraaft setzen. An ech mengen och haut nach ëmmer, datt dat richteg ass.

Mee wat ass eis Situatioun dann elo?

Ech mengen, et gëtt kee Mënsch hei am Land, dee net gesäit, datt mer de facto am Ausnamezoustand liewen:

eist alldeeglecht Liewen ass op eng Aart a Weis beschnidden, wéi zanter dem Enn vum 2. Weltkrich net méi. Mär hunn et mat enger Pandemie ze dinn, bei där mer net wëssen, wéi se sech weider entwéckelt. Et schéngt awer esou ze sinn, datt mer den Héichpunkt nach net hannert eis hunn.

Nieft dem medezineschen a sanitären Aspekt si mer awer och mat anere gravéierende Problemer konfrontéiert:

  • vill Länner hunn hir Grenzen zou gemaach. Verschidden Transportweeër si plazeweis ënnerbrach.
  • nach sinn d’Grenzen op fir Frontalieren, déi hei zu Lëtzebuerg fir eist Land iwwerliewenswichteg Aufgaben iwwerhuelen. Net auszemolen, wann dat net méi esou wier….

Nieft dem onbestreitbare Constat vun der Kris gëtt et awer och en zweet Element, wat eis wichteg erschéngt, nämlech d’Natur vum

Krisenzoustand :

et ass nämlech net eng Fro vu politescher Appreciatioun.

Hei geet et net drëm Gruppe vu Leit / géint aner Gruppen auszespillen,

et geet och net drëm e Generalverdacht géint déi ganz Populatioun ze etabléieren an autoritär Mesuren ze veréiwegen. Nee, et geet drëm déi ganz Bevëlkerung ze schützen an esou mann wéi méiglech Mënscheliewe riskéieren ze verléieren.

Här President,

d’Situatioun hei am Land an an eisen europäeschen Nopeschlänner ännert stënterlech.

Mär sinn a ville Froe vun eisen Noperen ofhängeg:

Kléng Decisiounen zu Berlin, Paräis oder Bréissel kënnen enorm Auswierkungen op eist Land an eis Bevëlkerung hunn.

Et ass net méi auszeschléissen, datt d’Regierung stënterlech muss wäitgoend Decisiounen huelen, fir dorobber ze reagéieren.

Decisiounen, bei ene de normale legislative Prozess net déi néideg Reaktiounsfäegkeet erweist.

Bei dësem Gesetz vergi 6 Deeg vum Dépôt bis zu senger Gültegkeet.

Aner Gesetzer bréngt  d’Chamber fäerdeg bannent 2 Wochen ze votéieren.

Als Lénk insistéiere mer duerfir, datt de legislative Wee d’Reegel bleift.

Mee an dëser Kris kann et zu Situatioune kommen, wou mer déi Zäit net hunn.

Den Etat de crise huet awer och eng Rëtsch Garde-Fous, déi wichteg sinn :

  1. dat heiten ass kéng Delegatioun de pouvoir vun der Chamber un d’Exekutiv. D’Chamber gëtt kéng Pouvoiren of, eist Parlament bleift voll funktiounsfäeg, mat all senge Prérogativen, esouwuel wat d’Kontroll vun der Regierung ugeet ewéi seng Roll als Legislateur. D’Chamber schafft weider u Gesetzer.
  2. Just déi Mesurë kënne geholl ginn, déi direkt mat Corona-Virus ze dinn hunn. D’Regierung ass net habilitéiert an anere Beräicher Gesetzer ze änneren oder ausser Kraaft ze setzen.
  3. D’Chamber huet zu all Moment d’Méiglechkeet Mesuren, déi d’Regierung hëlt ze invalidéieren andeems se vun hirem Recht Gebrauch mécht, eege Gesetzer ze maachen, déi eventuell falschen oder iwwerdriwwene Mesurë vun der Regierung, den Teppech ënnert de Féiss z’entzéien.
  4. D’Chamber kann zu all Moment dëst Gesetz zum Etat de crise nees
  5. An: all Decisioune vun der Regierung musse verhältnisméisseg sinn. A se kënnen och herno viru Geriicht ugestridden ginn.

Här President,

Wann dëst Gesetz gestëmmt gëtt, dann ass d’Chamber NET am Chômage technique. De Géigendeel muss de Fall sinn : grad elo mussen d’Deputéierten hirer Kontrollfunktioun vun der Regierung nach vill méi nokommen wéi virdrun.

Mat dësem Gesetz befanne mär hei NET iwwer den Inhalt vun den eenzelen Dispositiounen, mee just iwwer de Constat, datt d’Bedingunge vum Artikel 32.4. erfëllt sinn ,an ginn der Regierung d’Méiglëchkeet stënterlech op extrem Situatiounen ze reagéieren.

Déi Differenz ass wichteg : d’Chamber alignéiert sech mat dësem Vott NET all deene Mesuren, déi d’Regierung hëlt.

Mee se bleift kritesch. an domadder och politesch : all Partei hei an der Chamber huet d’Recht eenzel Mesuren ze kritiséieren,  ze hannerfroen an och eegen Propositiounen ze maachen.

An domadder och déi Mesuren anzefuerderen, déi feelen. An gleeft mer es, där ginn et eng jett, an dëser Noutsituatioun besonnesch am soziale Beräich. Mär als Lénk wäerten dat op jiddefalls maachen.

Här President,

Den Ausnamezoustand ass e ganz geféierlechen Zoustand vun enger Gesellschaft. E riskéiert d’Dieren wäit opzemaache fir Mëssbrauch a Willkür.

Duerfir brauche mer Kontroll, duerfir brauche mer e staarkt a kritescht Parlament. Well, Här President, et gi lo schonns Statementer, déi mech am héchstem Mooss alarméieren, an déi ech als Demokrat net akzeptéiere kann:

  1. och am Ausnamezoustand bleiwe mer e Rechtsstaat. Wann awer d’Vertriederin vum Parquet op enger Pressekonferenz ukënnegt, datt Geriichter ab elo méi haart Strofe wäerte verhänken, da krauselen sech mär d’Zéiwenneel.D’Procureure générale huet net Geriichtsurteeler ze antizipéieren.
    Si kann am beschte Fall ukënnegen, datt de Parquet ab elo Héchststrofe freet, awer si huet net de Riichter virzeschreiwe wéi si ze urteelen hunn.

    Dat ass eng grave a krass Violatioun vun der Séparation de Pouvoirs.

    Mär wäerten le moment venu dorobber zréckkommen.

  2. et geet net, datt Ministeren berechtegt Froen ofwimmelen mat ‘lo ass keng Zäit fir Fuerderungen ze stellen’. Dat geet net. Grad elo an dëser existenzieller Noutsituatioun muss d’Regierung en grousst Ouer hunn fir d’Leit dobaussen, d’Zivilgesellschaft an d’Politik.Nëmmen eng Regierung, déi ganz gutt nolauschtert ass och capabel an enger Noutsituatioun, déi richteg a proportionéiert Decisiounen ze huelen.

Dës zwou Bemierkunge wëll ech maache fir ze weisen, ewéi séier et goe kann am Ausnamezoustand.

Mat dësem Gesetz ginn mär der Exekutiv am Allgemengen an der Regierung am spezielle kee Blanc-seeing, kee Blankoscheck.

D’Chamber muss de Garant bleiwen, datt fundamental Grondrechter an eiser Gesellschaft erhale bleiwen – och an dëser Noutsituatioun.

Mär mussen alles dru setzen, datt Restriktiounen op dat beschränkt bleiwe wat néideg a sënnvoll ass;

mär musse ganz gutt oppassen, datt och no der Kris, d’Fräiheet an déi kritesch Ausenanersetzung an eiser Gesellschaft net geschwächt ginn;

a mär mussen duerfir suergen, datt kee Mënsch hei am Land vun der Regierung vergiess gëtt.

Här President,

mam Vott vun dësem Gesetz gëtt d’Verantwortung vun eisem demokratesch gewielte Parlament net méi kléng. Däers musse mer eis alleguer bewosst ginn.

Parlamentaresch Fro: Radio 100,7 & Delano.

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 83 du Règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Monsieur le Ministre des Communications et des Médias.

Depuis le jeudi 21 novembre, le groupe de presse « Maison moderne », par le biais de son magazine anglophone « Delano », s’est vu attribuer un « slot » hebdomadaire dédié à la diffusion de l’actualité luxembourgeoise en langue anglaise.

Une partie des interrogations soulevées par ces faits ont déjà fait l’objet d’une question parlementaire n° 1511 du 22 novembre 2019, à laquelle Monsieur le Ministre a répondu le 18 décembre 2019. La réponse de Monsieur le Ministre ayant été quelque peu évasive, je voudrais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre des Communication et des Médias :

  1. Comment se trouve-t-il que le Ministère des Communication et des Médias qui, en tant que ministère de tutelle de l’Etablissement de Radiodiffusion socioculturelle (ERSC), devrait veiller à la légalité des actes administratifs pris par ce dernier, ne soit au courant ni de l’existence ni du contenu du contrat – fût-ce un contrat non formalisé, voire illégal – qui lie manifestement cet établissement public au groupe de presse privé « Maison Moderne » depuis novembre 2019 ?
  2. Quelle est la base légale de l’arrangement conclu entre l’ERSC et le groupe de presse privé « Maison Moderne » ?
  3. Monsieur le Ministre a-t-il vérifié si cet arrangement est susceptible de constituer un parrainage au sens de l’article 26 de la loi du 27 juillet 1991 sur les médias électroniques, c’est-à-dire une « contribution d’une entreprise publique ou privée, n’exerçant pas d’activités de programmation télévisuelle ou de production d’oeuvres audiovisuelles, au financement d’éléments de programme télévisés, dans le but de promouvoir son nom, sa marque, son image, ses activités ou ses réalisations » ? Dans ce cas, Monsieur le Ministre peut-il m’expliquer comment cet arrangement peut-il être conforme à la législation luxembourgeoise sur le parrainage d’émissions ? Pour rappel, l’article 9, alinéa 3, du cahier des charges de la radio 100,7 dispose que « Des émissions individuelles ou régulières peuvent être parrainées dans les conditions fixées pour les programmes de télévision par l’article 28 de la loi [du 27 juillet 1991] et le règlement grand-ducal du 5 avril 2001 fixant les règles applicables en matière de publicité, de parrainage, de télé-achat et d’autopromotion dans les programmes de télévision réputés relever de la compétence du Luxembourg conformément à la directive ‘Services de médias audiovisuels’ ». Or, la loi du 27 juillet 1991 dispose expressément en son article 28, alinéa 17, que « Les journaux télévisés et les émissions d’information politique ne peuvent être parrainés ».
  4. Monsieur le Ministre estime-t-il que l’arrangement entre l’ERSC et le groupe de presse privé « Maison Moderne », qui ne semble avoir fait l’objet d’aucun appel d’offres ni de mise en concurrence, est conforme à la législation luxembourgeoise en matière de marchés publics, ainsi qu’à la réglementation européenne en matière de marchés publics ?
  5. Monsieur le Ministre n’estime-t-il pas que le fait, pour un établissement public, d’accorder un avantage à un opérateur économique choisi selon des critères peu clairs, est susceptible de constituer une aide d’État illicite susceptible d’enclencher un recours en manquement de la Commission européenne contre l’État luxembourgeois ?

Bien à vous,

David Wagner

Député

Marc Baum – Zréck an d’19. Jorhonnert ? (tribune libre).

Zanter iwwer 10 Joer gëtt an der Chamber un engem neien Text vun der Lëtzebuerger Verfassung geschafft. Dat ass och batter néideg, well déi aktuell Constitutioun kënnt a groussen Zich nach aus dem 19. Joerhonnert. A wann een se haut liest, da mierkt een, datt se eigentlech relativ wéineg mat der gesellschaftlecher an institutioneller Realitéit vun eisem Land ze dinn huet. Duerfir ware sech alleguer d’Parteien eens, deen Text eng Kéier komplett op de Leescht ze huelen. Virun 10 Joer ass dunn eng éischt Propose gemaach ginn an wärend 10 Joer ass Artikel fir Artikel an der Verfassungskommissioun diskutéiert ginn. Et sinn eng Hellewull vun Avis’en erakomm an och d’Bierger konnte Proposë maachen.

An der Chamberkommissioun ass awer ëmmer gekuckt gi fir sech op dee klengste gemeinsamen Nenner ze eenegen. Do kann een sech liicht virstellen, datt doduerch keen terribel ambitiéisen Text erauskomm ass. 

Als Lénk hunn mer dat dacks kritiséiert, an och eege Proposë gemaach. Jo, mär hunn esouguer e ganz neien Text geschriwwen, deen e Bild dovunner gëtt, wéi eng modern a fortschrëttlech Verfassung vum 21. Joerhonnert kéint ausgesinn. Eis Propos sollt parallel zum Entworf vun de Majoritéitsparteien an der CSV diskutéiert ginn.

Virun e puer Wochen huet CSV dunn gesot, si wéilt net méi op deem Text vun der Chamberkommissioun weiderschaffen. En Text, deen niewebäi gesot, vun engem CSV-Mann à la base ausgeschafft ginn ass.

Nee, CSV wëll lo zréck zum aktuellen Text, dee vun 1868 ass – zréck also an d’19. Joerhonnert, an do verschidden Ännerunge maachen. A well d’CSV eng Späerminoritéit a Verfassungsfroen huet, geet ouni si näischt. Esouwäit, esou schlecht.

Déi véier grouss Parteien – also CSV, LSAP, DP, Gréng – hunn dunn eng Zort Geheimverhandlungen ugefaangen, ausserhalb vun der Chamber – an si hunn sech op eppes gëeenegt, wat bis lo kee esou richteg verstanen huet. Kloer ass awer, datt et kee Referendum wäert ginn an domadder och kéng ëffentlech Debatt iwwer dee grondlegensten Text, iwwer dat wichtegst Gesetz vun eisem Land.

Als Lénk menge mär, datt dat net richteg ass.

Esou eppes Fundamentales wéi eng Verfassung däerf net zum Spillball vu parteipoliteschem Gemauschels ginn. Si muss och méiglechst breet an der Bevëlkerung kënnen diskutéiert ginn.

Lëtzebuerg brauch eng Constitutioun, déi op der Héicht vun der Erausfuerderunge vun eisem Land ass, well si stellt de Kader fir d’Zesummeliewen an der Gesellschaft an si definéiert déi grondleeënd Rechter a Flichte vun de Bierger.

Grad dowéinst brauche mer eng ëffentlech Debatt iwwert eng Verfassung vum 21. Joerhonnert – a kéng politique politicienne.

Question parlementaire concernant la gestion de l’Etablissement de Radiodiffusion socioculturelle.

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 83 du Règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Monsieur le Ministre des Médias et des Communications.

Dans l’édition du 29 novembre de l’hebdomadaire d’Lëtzebuerger Land, Monsieur le Ministre a accordé un long entretien dont une partie concernait l’actualité de l’Etablissement de Radiodiffusion Socioculturelle (ERSL). Monsieur le Ministre y déclare notamment : « Als Laurent Loschetter damals zum Präsident von radio 100,7 ernannt wurde, ging es darum, Probleme in der Buchführung und im Arbeitsrecht anzugehen. »

Cette déclaration fut assez étonnante car nous n’avons pas souvenir que des problèmes liés à la comptabilité ou au droit du travail furent ouvertement évoqués, notamment au sein de la Commission parlementaire des Médias.

Partant, je voudrais vous poser les questions suivantes :

  1. Les réviseurs chargés d’analyser les comptes de l’ERSL de 2013 à 2017 ont-ils fait part dans leurs rapports annuels de quelconques réserves substantielles quant à la gestion comptable de l’ERSL. Si oui, desquelles ?
  2. Selon mes renseignements, les comptes annuels accompagnés des rapports des réviseurs ont tous été adoptés par le Conseil d’administration de l’ERSL au sein duquel siègent notamment des représentants de l’Etat, dont un représentant de l’Inspection des Finances et aux réunions duquel assiste un Commissaire de Gouvernement avec voix consultative. Suivant vos affirmations, les membres du Conseil d’administration de l’ERSL auraient-ils avalisé des comptes et rapports tout en ayant connaissance d’irrégularités comptables sur la période 2013-2017 ?
  3. Finalement, si la mission de l’ancien président du Conseil d’administration que vous aviez nommé en 2017 portait sur des « problèmes » au niveau de la comptabilité et du droit du travail, Monsieur le Ministre peut-il m’éclairer plus précisément de quels problèmes il s’agissait, s’ils ont été résolus et, dans l’affirmative, de quelle manière l’ont-ils été ?

Avec mes salutations respectueuses,

David Wagner

Député

Pourquoi CETA est-il anti-démocratique?

Des négociations à huis clos

Les négociations pour CETA ont été menés à huis clos par les technocrates de la Commission européenne et du gouvernement canadien. Si les représentants des gouvernements à Bruxelles ont été informés des pourparlers, les députés des parlements nationaux ont à aucun moment eu accès à des documents de négociation. Par contre, les groupes de lobbying des multinationales ont été consultés tout au long du processus. S’il n’y a pas de chiffres correspondants pour CETA, la Commission européenne a été forcée de publier des chiffres dans le contexte des négociations pour un traité de libre-échange similaire : Entre janvier 2014 et janvier 2017, la Commission a eu 213 réunions à huis clos avec des lobbies pour négocier le JEFTA avec le Japon, dont 190 avec des lobbies des multinationales.

Graver le néolibéralisme dans le marbre

En tant que traité international, CETA se superpose aux règles nationales et européennes. Ainsi à l’avenir, le législateur national ou européen ne pourra plus prendre de décision en contradiction avec CETA. Pour cela, il faudrait soit rechercher le consentement de toutes les parties impliquées pour changer l’accord, soit le résilier dans son ensemble. Les choix politiques et économiques inscrits dans ce traité sont hautement idéologiques, puisqu’ils érigent l’ultra-libéralisme et la course effrénée aux profits comme doctrine suprême. Un gouvernement démocratiquement élu qui voudrait revenir sur ces choix serait confronté à des difficultés majeures, ce qui est d’ailleurs un des buts recherchés.

Des entreprises qui portent plainte contre des décisions démocratiques

Les fameux tribunaux d’arbitrage, également contenus dans CETA, permettent aux multinationales de porter plainte contre des décisions démocratiques qui pourraient nuire à leurs profits. Par exemple, des États ont déjà été attaqués par des fabricants de cigarettes pour avoir mis en œuvre des législations anti-tabac, sous prétexte que cela diminue les profits des entreprises. Ce mécanisme peut non seulement engendrer des pénalités exorbitantes à payer par les États aux multinationales, il modifie aussi le processus de prise de décision : les décideurs politiques n’osent plus prendre des décisions qui risquent d’agacer une multinationale, par crainte d’être poursuivi devant un tribunal d’arbitrage.

Des comités sans contrôle démocratique

CETA met en place 10 comités et sous-comités où des représentants de la Commission européenne et des autorités canadiennes s’échangent sur les relations économiques. CETA attribue à ces comités des compétences exécutives, sans qu’ils soient soumis au contrôle démocratique. Ils peuvent interpréter et modifier des dispositions de l’accord, créant par ainsi des règles légalement contraignantes, sans que le Parlement européen ou les parlements nationaux puissent intervenir (article 26).

La coopération règlementaire

Les dispositions relatifs à la coopération réglementaire (article 21) permettront aux administrations canadiennes et européennes en charge du commerce d’influencer les normes sanitaires, industrielles et environnementales bien en amont du processus législatif. Cette coopération réglementaire est particulièrement vulnérable au lobbying des multinationales, lesquelles peuvent par ce biais agir sur les réglementations avant que des élus ne soient saisies des questions afférentes. D’ailleurs, l’article 21.8 donne expressément le droit aux membres du Forum de coopération en matière réglementation de consulter les milieux d’affaires “par tout moyen [qu’ils] jugent approprié”.

Liberté pour les prisonniers politiques catalans!

Le Lundi 14 octobre, de lourdes condamnations ont été prononcées à l’encontre des leaders souverainistes catalans : des accusés condamnés à 100 ans de prison et 90 ans d’inéligibilité cumulés ! Un verdict honteux digne du franquisme… Leur « crime » ? Prôner et organiser la « sédition » vis-à-vis de l’État espagnol. Pourtant, la revendication en faveur de l’autodétermination d’un peuple et la désobéissance civile pacifique face à des injustices font partie des droits démocratiques élémentaires.

C’est la condamnation à l’issue d’un procès injuste, partiel et malhonnête. Un procès qui était une farce dès le premier instant. Ce n’est pas notre invention, des dizaines d’observateurs internationaux ont dénoncé l’attitude moqueuse du tribunal, ses tactiques abusives pour ne présenter que la version de la police, son interdiction d’utiliser le catalan et son traitement hostile envers les accusés et leurs familles.

Il s’agit d’un procès contre des personnes privées de liberté depuis deux ans. Une détention provisoire abusive et totalement injustifiée. Nous ne sommes pas les seuls à dénoncer ces abus. Ils sont également corroborés par des organismes et entités internationaux travaillant dans le domaine des droits de l’homme, tels que le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, Amnesty International, International Trial Watch, le réseau international EuroMedRights, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme et même le Conseil de l’Europe.

déi Lénk condamne cette prétendue « justice », et dénonce également le soutien complice que l’Union européenne apporte depuis le début au gouvernement de Madrid dans cette affaire.

Il n’appartient pas à déi Lénk de se prononcer sur le statut de la Catalogne. Cette décision doit être prise souverainement par les Catalans eux-mêmes. Le soulèvement des Catalans dépasse la question nationale : il fait écho à une insatisfaction profonde d’une grande partie de la population dans l’ensemble de l’Etat espagnol face aux politiques autoritaires des gouvernements successifs à Madrid.

De puissantes mobilisations sont en cours en Catalogne pour réclamer la «liberté pour les prisonniers politiques», avec une grève générale annoncée pour vendredi 18 octobre. Nous soutenons aussi l’action de protestation que l’ANC (Assemblée Nationale catalane) au Luxembourg et d’autres organisations ont organisée le samedi 19 octobre à Luxembourg Ville (Place de la Clairefontaine).

Nous exigeons la libération des prisonniers politiques catalans et l’amnistie des condamnés.

Cette lutte de la population catalane, contre la répression et les dérives autoritaires, est aussi la nôtre !

 

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